LIVRE I. i4i
ment des colonnes serrées au feu de l^artillerie ; c^est ime faute qu^ils ont souvent à se reprocher. Bagration rétrograda jusqu'à Staroi-Bichow , où il passa le Dnieper ; puis , laissant Mohilow et Orsza sur la gauche , il se dirigea , par Mstislaw, sur Smolensk , où il arriva le 3 août. Davoutne le poursuivit point ; il revint à Mohilow, où il s'arrêta quelque jours» Le 28 , il quitta cette ville pour se rapprocher de Napoléon , en remontant le Dnieper par sa rive droite ; il passa à Szklo w , à Orsza , et s'avança jusque vis-à-vis de Dubrewna (2 août) ; il y jeta des ponts, et ayant passé sur la rive gauche du fleuve , fixa son quartier général dai^s cette petite ville , et cantonna son corps dans les environs.
Poniatowski était arrivé à Mohilow le jour du départ de Davout ; il cantonna ses troupes dans cette ville et dans les environs.
Tharreau arriva à Orsza le 4 ^oût , il y fixa son quartier général , et étendit ses canto&nemens sur la rive gauche du Dnieper ; il y fut joint par Junot (a) , qui vint y prendre le com* mandement du huitième corps.
Latour-Maubourg n'atteignit Mohilow que
(a) Le général de division Junot , duc d'Abrantès , avait été attaché depuis le commencement de la campagne à Fétat-major de Napoléon.
i44 EXPÉDITION DE RUSSIE.
Bialistock et Varsovie. Il se trouvait ainsi entre l'armée de Schwartzenberg et le grand-duché de Varsovie , alors entièrement dégarni de troupes. Sa présence frappa de terreur et les habitans de la rive droite de la Vistule , et surtout ceux de Varsovie , où la haine contre les Russes s'était manifestée avec le plus de violence , où le souvenir de leurs vengeances était encore récent. La certitude du succès qui jusque là avait rempli les esprits fit place au doute. Dès lors , le zèle s'affaiblit dans le grand-duché et les provinces conquises ; dans celles qu'occupaient encore les Russes , on se montra plus , disposé que jamais à attendre l'événement. Ainsi ce mouvement offensif , peu important en luimême , parce qu'on s'y opposa bientôt , le devint beaucoup par ses conséquences. Loison , qui commandait à Kœnigsberg , croyant les Russes déjà maîtres de Bialistock , se dirigea avec dix mille hommes sur Rastenburg , pour porter du secours aux généraux Schwartzenberg et Reynier, et ne retourna à Kœnigsberg que lorsqu'il se fut assuré de la retraite des Russes (û).
{a) Loison , à son retour à Kœnigsberg , ëcrivit à Berthicr la lettre suivante : « Les rapports de MM. les généraux Wedel c^ » Ferrières ^ ainsi que des commandans de place sur la fron-