‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 58 sur 174 · LIVRE L i · texte numérisé non relu

LIVRE L i

▼out prit position sur le bord du ravin , avec deux régimens d'infanterie et Fartillerie des di'- TÎsions ; le voisinage du Dnieper le tranquillisait sur sa gauche ; sa droite , au contraire , pouvait être tournée , et la supériorité des forces de Tennemi le lui faisaient craindre : il plaça donc trois régimens en échelons aux points où des routes de traverse venaient aboutir, deux le long du bois , le troisième devant Mohilow. La cavalerie était en réserve à droite de la route. La journée du a2 fut employée , jusque bien avant d^p» la nuit y à barricader le pont de Saltaitka , et à créneler les maisons qui TavoisinenL A peu de distance , sur la droite , était un autre pont près d W moulin ; on le détruisit , et on crénela aussi les maisons environnantes.

Cependant Bagration s'avançait , mais avec des intentions bien différentes de celles que lui saj^>osait Davout ; il avait espéré devancer les français à Mohilow. Aussitôt qu'il fut instruit de la marche de Davout, il fit travailler à la construction d'un pont à Staroi-Bychovr , pour y passer le Dnieper , et continua néanmoins son mouvement offensif, afin de masquer cette c^ration. Ce général , à peine échappé à d'extrêmes dangers , devait craindre de trouver réunis tous les corps qui l'avaient poursuivi ; et

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quand même il aurait été instruit de sa supépio^ rite momentanée y pouvant la perdre d'un instant à l'autre , il y aurait eu beaucoup de témérité de sa part à tenter de s'emparer de Mohilow pour y effectuer son passage.

Le 23 , à sept heures du matin , il arriva devant Saltaitka , et le combat s'engagea aussitôt ; puis étendant sa gauche jusqu'au delà du moulin , il fit attaquer ce poste par de l'infanterie et s'en empara. Davout, ayant acquis la certitude que l'ennemi ne cherchait point à le tourner , envoie l'ordre à deux des régimens qui étaient en échelons de venir le joindre , et , avec deux bataillons de celui qui arriva le premier , il reprit l'offensive et força les Russes à repasser le ravin : dans le même tems il les faisait attaquer en avant de Saltaitka , où l'on fut obligé de se replier après avoir obtenu quelque succès. Le combat se prolongea jusqu'à six heures du soir; les Français n'eurent que trois régimens d'engagés; celui qui était devant Mohilow conserva sa position ; l'un des deux auxquels on avait envoyé l'ordre de rejoindre n'arriva qu'après le combat.

Les Russes essuyèrent une perte plus forte que l'importance de ce combat ne devait le fairfe présumer , parce qu'ils exposèrent maladroite^-

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