LIVRE L
Avant que de passer plus loin, je vais entrer dans <)uelques détails sur la composition de Tarmée et sur Fesprit qui animait les militaires des différentes nations qui la composaient.
Si ron en excepte le corps autrichien et le corps polonais , tous étaient commandés par des généraux français, en sorte que Tobéissance aux ordres de Napoléon était aussi entière et aussi prompte que s^ils n^eussent été composés que de Français.
L'infanterie était généralement bonne et bien exercée ; on pouvait faire le même éloge des dragons, des cuirassiers français, et de la plupart des régimens de cavalerie allemande et polonaise ; le reste de la cavalerie avait beaucoup de jeunes gens et de jeunes chevaux. Une grande partie de l'artillerie (i) était faiblement attelée ; on l'avait augmentée dans une telle proportion qu'on n'aurait pu l'employer (2) toute un jour de bataille. L'armée avait six équipages de ponts , des convois d'outils et autres matériaux nécessaires au corps du génie , et derrière elle des Qonvois de munitions et un équipage de siège qu'on dirigeait de Dantzig sur Riga. De nombreux employés (3) des vivres lui étaient attachés, et elle était suivie par un grand nombre d*ouvriers de toute espèce et de tout âge. Les bou-
3o EXPÉDITION DE RUSSIE.
langers, les maçons étaient d'une xrtilité indôn* testable ; mais tpiel parti Napoléon voulait-il tirer de ceux qui exerçaient d^autres professions? Cette quantité de^ bagages , ce grand nombre d'ouvriers de toute espèce, semblaient destinés à fonder des colonies dans ées pays lointains et ^Qués de ressources.
Pour porter la guerre avec uneaxi^e énorme à de si grandes distances et dsms des pays peu peuplés qui ne pouvaient subvenir à ses besoins, on la faisait suivre par de nombreux convois de vivresetd'équipagesmiIitai]:£s(4)«Les routes qui conduisaient à l'armée en étaient encombrées ; la Vistule, le Frisch-Haff , la Prégel et le canal qui fait communiquer cette rivière avec le Niémen , étaient couverts, de bateaux chargés de viinresi. Chaque colonel avait en arrière de son régiment, à plus ou moins de distance, un dépôt d'habiUesQient quelquefois suffisant pour rhabiller à. neuf» Les équipais particuliers , v^tablç fléau y parce qu'ils marchent avec la troupe , n'^iv^ent jamais été aussi nombreux ; cel^teD$tit aux provisions de vivres que la crainte d'en n^suiquer avait fait faire^ aiï hixe (5) qui s'ét^t mtrodiiit dans Famnée avec les succès , h ce^ lui deNapoléon <pie Pon imdtait Ses équipages , réduits dans les précédente& goetres an strict