LIVRE I
dirigea d^abord sur Mayence > etdelàsur Dresde ponr s'y concerter avec l'empereur d'Autriche ^ le roi de Prusse et plusieurs autres souverains qui s'y reunirent ; au bout de dix jours il quitta cette ville, traversa l'Oder à Glogau, passa k Posen, et arriva le 3 juin à Thom , où il resta deux joinrs. Après avoir ordonne aux di£Fér6ns corps qui composaient l'armée de se porter vers la frontière de Russie par des routes qu'il leur désigna, il se rendit à Dantzig, ville dont il ayait fait augmenter les fortifications , et qui lui servait de principal dépôt pour l'expédition qu^il allait entreprendre ; il y inspecta tout avec son activité ordinaire , et au bout de quatre jours , il partit pour Kœnigsberg, où il établit son quartier général le 12 juin {à).
La conduite que la Russie avait tenue depuis le traite de Tilsit montrait clairement que cette puissance redoutait la guerre avec la France ; elle se permit pourtant des remontrances relativement à l'occupation du duché d'Oldembourgi; mais tout porte à croire que les discussions qui s'étaient élevées à ce sujet n'auraient pas amené
(a) Napoléon arriva à Mayence le i a mai , et en repartit le 1 3 f à Dresde le 17 , et en repartit le a8 ; à Posen le 3i mai , et en repartît le i*' juin ; à Thom le 3 juin , et en repartit le 6 ; à Dantadg le 7 , et en repartit lé 1 9.
une rupture si Napoléon n'eût exigé qu'elle défendît l'introduction du sucre et du café. Ce» denrées , devenues en quelque sorte de première nécessité , pénétraient en Russie par la voie des neutres ; les autres marchandises anglaises étaient sévèrement prohibées. Napoléon introduisait en France les mêmes denrées en accor-^ dant des licences , et se procurait par ce moyen des bénéfices énormes ; ainsi il exigeait que les Russes renonçassent à un commerce qu'il faisait lui-même. Non-seulement ils refusèrent de le satisfaire, mais ils exigèrent que les troupes françaises évacuassent la Prusse ; on ne pouvait penser que la Russie voulût subir des lois si dures , et l'on connaissait l'opiniâtreté de Napoléon : la guerre paraissait donc inévitablci Il avait à la vérité envoyé le général Narbonne à Wilna , près de l'emjfereur Alexandre , qui , dans l'incertitude des événemens , s'était fixé depuis quelque tems dans cette ville ; mais ne changeant rien à ses demandes et ne voulant point satisfaire à celles des Russes, il n'avait évidemment d'autre motif que de les tromper en leur laissant quelqu'espoir d'accommodement : c'était dans le même but qu'il retenait à Paris l'ambassadeur de Russie, qui avait déjà demandé plusieurs fois ses passeports.