Histoire de l'expédition de Russie
Malgré Fespoir que nourrissait Napoléon, il se prépara à commencer sa retraite si la négociation entamée n'avait pas le résultat qu'il en attendait. D'abord, il forma le projet de se retirer directement sur Smolensk, après avoir détruit toutes les ressources qui se trouvaienti encore dans Moskou a* aux environs ; la crainte de ne pouvoir nourrir son armée sur une route dévastée le fit renoncer à ce projet. Il se décida ensuite à se retirer sur Witepsk avec la majeure partie de ses forces, en passant par "Woloklamsk, Zubtzow et Biéloi; le reste de l'armée aurait effectué sa retraite sur Smolensk. Pouvant dérober plusieurs marches à son adversaire , et trouver des vivres sur une route nouvelle , il est probable que la partie de son armée qui l'aurait suivi n'aurait souffert que des fatigues, 11* I
occasionées par la rapidité des /marches, la continuité des bivouacs et la rigueur de la saison. Wintzingerode , qui se trouvait de ce côté , aurail été surpris, et n'ayant point d'infanterie (a)^ n'aurait pu que harceler l'armée avec sa cavalerie. Tous les ordres de mouvement furent écrits , et Murât reçut l'ordre de faire reconnaître le débouché qui pouvait le conduire sur Mojaïsk. « Il est bien important, lui » mandait Napoléon, de procurer à vDs trou- » pes pour plusieurs jours de vivres. Il y a à » Moskou mille quintaux de farine, et beau- » coup d'eau-de-vie à votre disposition ; ordon- » nez que toutes les .voitures dont vous pour- » rez disposer viennent prendre ces provi- » sions (6). » -^
Napoléon abandonna bientôt le plan de retraite sur Witepsk, et se décida à se porter sur Kaluga, pour se retirer de là sur Smolensk. Il
{a) n aykît eu d'abord trois mille recrues d'infanterie ; mais ils rejbignirent Farmëe de Kutusof.
{b) La lettre dans laquelle Napoléon donnait ces ordres à Murât est du i4 à c^xkeures du soir. Ce qui ëtait relatif aux vivres était inexécutable , parce que Murât n'avait pas à sa disposition une assez grande quantité de voitures pour ce genre 4l6 service ; aussi , quoiqu'il eût déjà fait venir quelques petits convois de vivres de Moskou , une partie de ses troupes n'en étaient pas moins réduites à manger du cheval.