‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 10 sur 184 · LIVRE IL ïf · texte numérisé non relu

LIVRE IL ïf

breux pour s'en emparer (a) ; Wintzingerode aurait secondé cette opération. Par suite décès dispositions, Mojaïsk serait tombé au pouvoir de Kutusof le 21 ou le 22 septembre. L'ar* mée de ce général s'élevait alors à soixantedix mille hommes ; celle de Napoléon à quatre-vingt-dix mille (b) , sans y comprendre plus

(a) Le corps de Junot , qui occupait Mojaïsk , était d'environ mille hommes.

{b) Voici quelle était la situation de Tarmée à Tëpoque du ao septembre ; elle est extraite d'un rapport adressé le 38 septembre par Berthier à Napoléon :

hommM.

L'infanterie de la vieille garde, d'après une feuille

d'appel du ao septembre 4,83i

Les 1", 3* et 6* divisions du i*' corps , idem 1 5,821

Le 3* corps d'armée , non compris la cavalerie légère , idem 6,a43

Le 5*" corps d'année, ùism 6,993

Le 1" corps des réserves de cavalerie, idem 3,791

Le 9* idem et la cavalerie légère du 3« corps, idem. 4,363

Le 4* <We/n des réserves de cavalerie, idem i,77>'>

Total 40,577

Les autres feuilles d'appd. au 30 septembre n'étant pas. parvenues , on y a suppléé en prenant les présens sous les an* mes , suivant les états de situation ou par des évaluations approximatives.

savoir:

Ikonnti.

Le corps de Mortier, état du 96 8eptemiNre> • « . . 9,87.5

La cavalerie de la garde , environ « . . . . 4,ooo

Le 4* corps d'armée, état du 39 septembce. ..... 97,336.

de vingt mille blessés ou malades (a); mais les^

chevaux de sa cavalerie étaient tellement épuî-

bonmes.

D'tuttrepart 4i,2oi

La 4« division du i^' corps ^ état du ao septembre. 4,997 La a" division du ï" corps et la cavalerie légère de

ce corps , environ 6,000

Le 3* corps des réserves de cavalerie y environ. . . 3,ooo

;Total . 55,198

D'autre part 40,577

Total général 95,775

Ainsi , Tarmée qui était sous les ordres immédiats de Napo--^ léon , s'élevait encore à quatre-vingt quinze mille sept cent soixante-quinze hommes présens sous les armes , dont environ dix-«ept mille de cavalerie ;.mais si Ton fait attention qae< l'état que nous venons de donner comprend indubitablement un grand nombre de blessés et de malades, qui étaient restés avec leurs régimens , on en concluera que le nombre des com-^ battans, à l'époque du 20 septembre, ne devait pas s'élever à plus de quatre-vingt-dix mille. Par cette même raison , j'ai porté à vingt mille le nombre des blessés et malades , quoiqu'il n'y en eût alors qu'environ quinze mille, dans les hôpitaux de Moskou.

L'on se souvient que l'armée avait été renforcée depuis la bataille de la Moskwa par la division Pino, du quatrième corps , et par la division Laborde , de la jeune garde. Il était aussi arrivé quelques régimens de marche.

L'on a pu remarquer que le corps de Junot et les blessés et malades qui étaient à Mojaïsk, ou plus en arrière ^ ne sont pas compris dans l'évaluation oi-dessus.

(a) Lorsque le repos et les excès succèdent aux fatigues et aux privations, il en résulte un grand nombre de maladies.

tITRE II: zi

ses qu'elle ne pouvait plus tenir tête à celle des Russes. L'armée, d'ailleurs, n'était point encore rétablie de ses fatigues ; elle n'avait de munitions que pour une seule bataille ; sa marche était embarrassée par six cent sept bouches à feu , et deux mille quatre cent cinquante-cinq voitures d'artillerie (a) qu'elle tramait à sa suite, et par plus de cinq mille voitures de bagages, d'équipages militaires , de vivres et de luxe. C'est dans cet état de choses que Napoléon , coupé de ses communications , entouré par la cavalerie ennemie , aurait été obligé de quitter brusquement Moskou^ Il aurait pu se porter sur Borowsk, ou sur Mojaïsk, ou se retirer sur Witepsk par Woloklamsk , Zubtzovr et Biéloi. Dans le premier cas , il aurait

(a) J'ai ëraluë approxitnatiTement la force de la. partie du parc général qui était à Moskou ,, n'ayant pu me la procurer exactement, à deux bouches à feu et trois cents ..voitures. L'état des bouches à feu de l'armée dé Moskou, le 7 octobre, était le suivant :

l^èces de 13 58

Itiemàe6 a64

Ide/nàii^ Sa lerries par rartill. de la jean* gajrdft.

Tdâmded laa Mnriu par rartîlltrit risimentalr».

Obusiers de 6 pouc. 4 lig. 10 Tdemàe 5 pouc. 6 lig. . . 119

Total. 60$

eu en tête Farmëe ru^e, et sur son flanc droit un corps qui occupait sa seule communication directe- Dans le second cas , il aurait trouvé toute Tarmée russe réunie à Mojaïsk , puisque Borowsk est moitié moins éloigpé de cette ville que Moskou. Kutusof aurait fait rétrograder un corps , parla grande route , jusqu'à Wiazma y et se serait dirigé sur cette ville avec son infanterie , par des chemins de traverse qui se trouvent de chaque côté de la route ; toute sa cavalerie aurait été employée à iiarceler Napoléon, et à empêcher ses troupes de s'écarter de la grande route , afin de les affamer.

Dans le troisième cas , Napoléon pouvait gagner une^ deuicQu trois marches» sur Kutusof^ selon l'époque à laquelle ce général aurait été instruit, et la promptitude avec laquelle il aurait pris sa résolution. Ce dernier parti était le seul qui offrît des chances de salut ; mais il aurait fallu marcher avec une grande rapidité ; ce qui aurait exigé le sacrifice d'une partie des voitures et peut-être d'une partie de l'artillerie.

Si Kutusof devait se diriger sur Borowsk pour y prendre position immédiaténuent après avoir abandonné Moskou , ille. deyait, à plus forte raison , lorsqu'il eut atteint Krasnopa-

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