‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 112 sur 184 · LIVRE IV. 28S · texte numérisé non relu

LIVRE IV. 28S

effeclué , fit réitérer à toute Tarmée l'ordre de brûler les voitures inutiles , et défendit qu'aucun officier du grade de colonel et au dessous, pût en avoir plus d'une. Il ordonna aux généraux Zayonscheck, Junot et Claparède de faire brûler la moitié des carrosses , fourgons et petites voitures de toute espèce de leurs corps , et d'en donner les chevaux à l'artillerie de la garde. Chacun de ces généraux devait réunir toutes les voitures de son corps pour procéder à cette opération ; un officier d'état major et cinquante gendarmes devaient y assister (a). Enfin Napoléon autorisa les officiers d'artillerie à s'emparer de tous les chevaux qui se trouveraient sous leur main , même des siens , plutôt que d'abandonner une seule voiture d'artillerie. Ces dispositions reçurent un commencement d'exécution : Napoléon lui-même diminua ce qui lui restait de bagages ; des généraux de sa garde en firent autant , quelques chevaux furent donnés à l'artillerie.

La garnison de Mohilow , composée de troupes polonaises, et forte d'environ douze

là) Le même ordre ne fut point donné relativement aux corps d'Eugène , de Ney et de Davout ; les deux premiers avaient perdu toute leur artillerie et tous leurs bagages ; le dernier n'en avait conservé que très-peu.

cents hommes , ayant rejoint Tarmée à Bobr, Napoléon la mit sous les ordres de Ney ; il y mit également Zayonscheck, qui avait conserve plus de la moitié de son artillerie , mais dont le corps ne comptait plus qu'environ cinq cents hommes. A'^ec ces troupes réunies, Ney reçut l'ordre de prendre position A Bobr, afin de pouvoir soutenir Davout et Eugène, cpii devaient se retirer lentement jusqu^à ce qu'on eût assuré le passage ^ la Bérézina. Quoique la cavalerie de Farmée fût réduite a quelques centaines de cavaliers, un assez grand nombre d'officiers étaient encore montés. Ils marchaient isolément ; on les réunit , et l'on en forma deux compagnies dont le commande** ment fut donne auK généraux Gronehy et Sér bastiani; des généraux de brigade y occupaient les emplois de U^mtenans , des colonels ceux de sous-lieutenans , et ainsi de suite* Napoléon » prompt à .se persuader ce qu'il désirait, sem« blait convaincu qu'Oudinot aurait, dans la journée même , établi les ponts sur la Bérérina , et assuné le passage ; cela n'était pourtant point probable , puisque ce général était trop faible pour forcer le passage si Tchîtchagof s'oj^osait à l'établissement des ponts ^ et que les moyens qu'on venait de metta^e à sa disposition.

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