LIVRE IV. 3Î
fussent clispersés sur le sol russe , elle e;xistait encore dans, Fimagination des potentats, dç l'Europe, Ce fut ce qui sauya Napoléon, car tout porte à ,craire que , si la yérité leût ,été connue , la société secrète du Tugenbund (â) , dont le but était de secouer son joug , serait parvenue à soulever contre Iqji T Allemagne entière , alors 4égamie de troupes , et à lui fermer ainsi le jretour en France,
Maret contribua puissamioeiit à caçl^r les revers de Napoléon , et, sous ce rapport, lui fut très-utile; ce ministre avait reçu de vives alarmes , relativement à Wilna y quand Wittgenstein pénétra en lithuanie -, elles augmentèrent lorsque Tctitchagof s'empara de Minsk (a); mais ce' général s^étant dirigé sur Borisow , Maret eut 4 s'occup^er du salut même de Napoléon. Il parvint à tromper 1^ agens diplomatiques, réunis à Wilna , et pa^ suite leurs cabinets,. autant par ses discours que psçr Féclat de.sa Représentation. Chaqup revers éta^t converti en succès, et devenait leniotif d'une
(ù) he& Graîates de Mèiret éUiênt fô&fkles ^ ca^ sîl'chliç&ft^ igof , au lieu de se diriger sur Borisow, se fût dirigé sur Wilna , il s'en serait indubitablement empara. Tchitchagof^ en {prenant cette direction , aurait probablement fait plus de mal en-* core à Napoléon qu'en, se portant sur la Bërdzina . puiscpi'il nje parvint point à en émpêclier le passage.
34o EXPÉDITION DE RUSSIE,
fête nouvelle. Le combat de la Bérézina , glorieux à la yérité , mais si funeste en même tems, fut présenté comme ayant été trè^avantageux. On a tu Terreur singulière dans laquelle Maret fit tomber Schwartzenberg. C'était sans doute une très-grande faute sous le point de Tue militaire que de tromper ainsi des commandans de corps d'armée, mais ce n'était qu'en leur cachant toute l'étendue de ses pertes que Napoléon pouvait espérer de revoir la France.
La première brigade de la division Loison était arrivée àWilnà le 21 novembre, et le aS toute cette division y avait été réunie ; Wilna contenait en outre environ sept mille hommes de troupes qui rejoignaient , ef beaucoup de blessés , de malades , d'administrateurs et d'employés; leur nombre s'accrut encore par l'arrivée de tout ce qui avait pu fuir de Minsk. Aussitôt que Maret eut appris le passage de la Bérézina , il envoya au devant de l'armée la division Loisôn et deux régimens de cavalerie napolitaine (a) ; ces troupes s'avancèrent jus-
{a) Ces rëgîmens étaient le rëgiment des gardes d'honneur napolitains , et celui des hussards de la garde royale napolitaine. La division d'infanterie napolitaine (33®) ëtait restée à Daotzig.