‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 147 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

devait conclure que Napoléon prenait ses quartiers d'hiver derrière le Dnieper et la Dwina , ainsi qu'il Tavait projeté. Maiis bientôt, des bruits alarmans , qu'accréditait son silence , se répandirent en France ; la vérité devait finir par percer , au moins en partie; et il avait intérêt à faire connaître lui-même, les événemens , afin de les présenter sous le jpur le moins défavorable. Il ne -lui. fut pas possible de publier ^e bulletin avant le passage de la Bérézii^a, parce que la communication était interceptée ; il voulait , d'ailleurs , auparavant 6ortir de la situation critique où il se trouvait. Depuis, il ne l'avait pas encore fait, parce qu'il nouxT^is^dit le dçsi^in d^ retourner à Pari^ '4ès que la rçpte serait lib^e, et voulait y arriver ^ssitdt que la nouvelle des dé$2i3tre&.4ç spn armept . . "

I^. vingt*-neuvième bulletin (8) , daté.de. Ma*lodeczno , le 3 décembre , rend compte des opérations depuis le départ de Smolensk. Quoiqu'il ne fît connaître qu'une bien, faible partie de Ij^ vérité, l'on était dans une t6Ue erreur, relativement à la situation dé l'irmée, qu'il produisit un effet difficile à décrire. Nàp^oléon y attribue principalement les désastres de son

armëe au froid (ja). Ce bulletin contient le passage suivant : « Les hommes que la nature n^a » pas trempés assez fortement pour être an » dessus de toutes les chances du sort et de la » fortune, perdirent leur gaîtë, leur bonne » humeur, et ne rêvèrent que catastrophes; » ceux qu'elle a créés supérieurs' à tout , con- » servèrent leur gaîté et leurs manières ordi«- » naires, et virent une gloire nouvelle dans A des difficultés différentes à surmonter. * Aucun reproche ne pouvait être plus injuste et plus odieux (6) ; pouvait-on rêver une catastrophe plus épouvantable que celle dont on était les témoins et les victimes? et les maux qui accablèrent l'armée ne surpassaient-ils passu ceux que les forces humaines peuvent sup^porter? Tant que Ton eut la force d€! porter ses armes, ne combattit-on pas avec une rare va*- ■léur? Vous le saveîs, champs de Klrasnoi, et '1 ^ ' 1 . . .■•:,;•

• (a) J*ai fait voir que jusqu'alors le froid n!avait été qu'une cause secondaire des désastres de Tannée.

ib) Ce reproche était surtout odieux de la part de Napoléon , qui snvatt combien il éuit injuste y et qui n*aiFait jâinais ^rtagé les souffrsinces de^eg |roupes , puisqu'il éf^i^cpu^rt de fourrures, avait une bonne voiture, couchait dans vn lit et buvait chaque jour du vin de Bordeaux , comme g*il eût été à Paris. * '

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