‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 148 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

vous, rives désolées de la Bérézina! Les guerriers qui avaient combattu à Malojaroslawetz n'étaient-ils pas la plupart morts de misère , pu près de succomber à l'excès de leurs maux , lorsqu'on combattit à Krasnoi, et ceux qui avaient combattu dans ce dernier endroit n'éprouvèrent-ils pas depuis le même sort? les maux affreux qui accablèrtnt l'armée ne produisirent-ils pas les mêmes effets sur les troupes de toutes les nations qui la composaient? que si la garde résista plus long-tems , ce fut parce qu'elle reçut des vivres , et ne fit jamais l'arrière-garde. Enfin des hommes qui avaient vu tant de combats , qu^aucun danger ne pouvait émouvoir, ne succombèrent-ils pas comme ceux qui débutaient dans la carrière? Le vingtneuvième bulletin se terminait par cette phrase, qui semblait insulter à la douleur publique : » La santé de sa majesté n'a jamais été meil- » leure (a). »

Napoléon quitta Malodeczno, le 4 décembre , à neuf heures du matin, et transporta son quartier général à Bénitza. Loison devait arriver le lendemain à Oszmiana , et il y avait gar-

(a) Une semblable phrase se trouvait à la fin du vÎBgt-huî-^ tlème bulletin , mais ne se trouvait dans aucun de ceux qui avaient été public précédemment.

354 EXPÉDITION DE RUSMEnison à Smorgoni et à Miedniki. La commtt^ nication ainsi assurée, Napoléon se décida à quitter Farmée , et commença dans le secret les préparatifs de son départ. Le 5 novembre , à huit heures du matin., il partit pour Smorgoni , où il arriva à une heure de Taprès midi ; il avait fait la route en voiture. Après avoir achevé les préparatifs de son départ , il réunit en conseil les généraux Murât, Eugène, Berthier , Ney , Davont , Lefèvre , Mortier et Bessières, leur fit connaître qu^il quittait Farmée pour se rendre à Paris, où sa présence devenait nécessaire , remit le commandement à Murât , et partit aussitôt après , à sept heures du soir , avec sa voiture ordinaire et un traîneau. Il était accompagné seulement des généraux Caulincourt, Duroc et Mouton (o); le premier était dans sa voiture, les deux autres dans le traîneau; sur le siège de sa voiture étaient son mameluck et un capitaine (ô) des lanciers polonais de sa garde qui devait lui

(fl) Le général de division Caulincourt^ duc de Vicence^ était grand écuyer. Le général de division Duroc , duc de Frioul , était grand maréchal du Palais. Le général de division Mouton , comte de Lobeau , était aide de camp de Napoléon.

(*) Ce capitaine s'appelait Wasowicz.

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