LIVRE IV. 36r
Fardlleiie et un grand nombre de militaires, restés la plupart dans les villages situés sur la route. Le soldat russe , aussitôt arrivé , les jetait hors des maisons pour s'y loger, et ils pé-* rissaient bientôt; quelquefois ils suivaient la colonne russe jusqu^à ce qu'il plût à un Kosaque de hâter Finstant de leur mort, en les dépouillant de leurs vétemens. Si quelque officier y mu par un sentiment d'humanité , voulait interposer, son autorité , le soldat russe , ordinairement si soumis, se contentait de s'écrier « Moskou! Moskou! » faisant allusion à l'incendie de cette capitale , qu'il attribuait aux Français. On doit convenir aussi que la destruction des murailles du Kremlin et de Smolensk, l'incendie du palais des Tzars et de tout ce qu'on avait pu atteindre depuis le départ de Moskou jusqu'à Smolensk, le massacre des prisonniers russes qui ne pouvaient suivre , étaient bien capables de le confirmer dans sa persuasion , et de le rendre impitoyable à Tégard des prisonniers français. Le nombre en était d'ailleurs si grand , que les Russes ne se donnaient pas même la peine de les recueillir ; et quand même ils auraient pu leur donner des alimens » tous étaient dans un état de santé qui réclamait d'autres secours encore.
Napoléon avait laissé les instructions suivantes pour guider Murât dans la conduite des opérations militaires.
Napoléon au major^général.
« Bénitza , le 5 décembre 1811.
» Mon cousin, deux ou trois jours après mon » départ, on mettra le décret ci-joint à Tordre 3» de l'armée {a) ; on fera courir le bruit que je me » suis porté sur Varsovie , le corps autrichien » et le septième corps. Cinq à «ix jours après,
* suivant les circonstances, le roi de Naples » fera un ordre du jour , pour faire connaître » à Tannée qu'ayant dû me porter à Paris, » je lui ai confié le commandement ; qu'il es- » père qu'officiers , généraux et soldats lui ac- » corderont la coniîance qu'il mérite par son » dévouement et ses services, etc., etc.; qu'il » s'empressera de faire connaître à Tempe- » reur, à son retour , les officiers qui, dans X» cette çircpa^tance^ l'auront le mieux se-
* condç, - ^ : :
(a) Lé décret àont il est question ëtait la nomination de Murât. On ne put le mettre à Tordre de l'armée , puisque ce qui en existait encore marchât à la débandade.