LIVRE IV
Murât réunit au commandement de ce général la division Heudelet, la brigade Cavaignac (de cavalerie) , qui venait d'arriver, et le chargea de faire, avec ces troupes, Farrière-garde de l'armée.
Aussitôt que le roi de Prusse fut instruit de la conduite du général d'Yorck, il ordonna que le lieutenant général de Kleist (à)\e remplacerait dans le commandement du corps prussien , et le ferait arrêter et conduire à Berlin, pour y être mis en jugement. Il envoya le lieutenant colonel de Natzmer, son aide de camp, près de Murât, pour lui exprimer son improbation, relativement à la convention qui venait d'être conclue , et le furier de donner à cet officier l'appui nécessaire, pour qu'il put faire mettre à exécution ses ordres, relativement au général Yorck.' Monsieur de Natzmer ne put remplir sa mission , puisqu'il aurait fallu pa3ser au travers de la ligne des Russes, pour parvenir jusqu'à Yorck. Aussi ce général n'apprit-il les mesures prises contre lui que par les gazettes prussiennes , mais il n'en tint aucun compte. Les gazet-* tes, disait-il avec raison, ne sont point investies du droit de porter les ordres du souverain aux militaires.
(a) De Kleist n'était que général mapr ; il fut nommé lieutMiant général.
Dans le même tems que le roi de Prusse envoyaitM.deNatzmer près de Murât, il envoyait à Paris le prince de Hatzfeld, pour faire connaître à Napoléon les mesures qu'il venait de prendre, etlui porter l'expression de son attachement à sa cause , et de son indignation de la conduite d'Yorck. Selon toutes les apparences, le roi de Prusse était de bonne foi (17), c'est-à-dire que ne çroyantpoint. encore pouvoir secouer le joug de Napoléon , la conduite d'Yorck lui semblait contraire à ses intérêts ; au moins c'est ce que l'on doit conclure des événemens subséquens.
Jusqu'au moment.de la défection d'Yorck , Murât avait espéré pouvoir tenir derrière la Pregel (a); cet événement désastreux le força à
(a) Murât , sans la défection d'Yorck , aurait pu réunir der« rière la Pregel , à l'époque du 5 janyier ,
Le corps de Macdonald 26,000 hommes.
La division Heudelet 8,000 (a).
La division Detrés , qu'on pouvait faire venir de Dant2dg 6,000
La. division Marchand j auparavant Loi- ^on. . . . . 52,4oo (b).
La brigade Gavaignac 1,600
Total 44,000 hommes.
Indépendamment de ces quarante-quatre mille hommes,
(a) La division Heudelet nVtant composée que de recrues, fat bientôt rcduiie k huit mille combattais (^) On avait donné des armes à ce qui restait de soldats talidcs de la division