LIVRE III
qui s'élevait encore à quatre mille six centshommes, était dans le plus mauvais état. G'é-^
18 octobre. Les situations de la garde impëriale, du cinquième corps et du huitième corps, sont données à des époques si rapprochées du 18 octobre, qu'elles peuvent être considérées comme exactes. Celles du premier , du troisième et du quatrième corps étant du 10 octobre , doivent différer en ce que Tinfanterie devait s'être accrue par l'arrivée de quelques détachemens et la guérison de quelques blessés ou malades ; mais elle avait dû perdre quelques hommes à la maraude , et la deuxième division du premier corps avait essuyé des pertes au combat de Winkowo ; ainsi la différence entre la force de l'infanterie de ces corps le 10 et le 18 octobre, doit être trèsfaible. Quant à la cavalerie de ces trois corps , dont une partie aurait combattu à W^inkowo , j'évalue sa diminution à miUe hommes ; ainsi la force de l'armée française , en combattans ^ lors du départ de Moskou , était la suivante :
Infanterie - 89,64o
Cavalerie i4,3i4
Total des combattans io3,954
Pour avoir la force totale de l'armée de Moskou , il faut ajouter les troupes de la gendarmerie, du grand quartier général , des grands parcs d'artillerie , celles du génie , des équipages militaires , des ambulances , etc. , etc. , que j'évaluerai approximativement à 12,000"'
Total des troupes 11 5,^54
Si l'on voulait avoir le nombre d'hommes (militaires oii^ non) qui composaient l'armée de Moskou, il faudrait ajouter la suite de Napoléon et des généraux , les administrateurs , les-^ employés, les cantiniers , les domestiques, les boulangers, lesmaçons , etc. , etc.
8o EXPÉDITION DE RUSSIE.
tait donc en quelque sorte uniquement sur son infanterie que reposaient les espérances de Napoléon. Dans la situation critique où il se trouvait, il aurait dû chercher à rendre son armée plus mobile , afin de pouvoir exécuter des marches rapides. Elle était au contraire dans l'impossibilité de se mouvoir autrement qu'avec une extrême lenteur. On s'aperçoit que je veux parler de cette énorme quantité de voitures qui entravaient sa marche : leur nombre , qu'il aurait été si nécessaire de diminuer , s'était augmenté encore. On remarquait surtout un très-grand nombre de voitures de luxe (a) ; les cantinières , au lieu de vivres , transportaient des effets pillés ; il s'en était introduit partout ; . dans les équipages particuliers , sur les voitures de vivres , même sur celles de l'artillerie et des ambulances ; le cavalier en chargeait son cheval ; le fantassin , victime de son avidité , ployait sous le poids de son sac ; deux nouveaux convois , celui des trophées et celui du trésor (i), suivaient l'armée; enfin, quoique Napoléon eût annoncé t
(a) Beaucoup de généraux qui s'étaient jusqu'alors contentés d'une seule voiture , en emmenaient plusieurs , tandis qu'un grand nombre d'officiers , qui n'en avaient point encore «u , avaient chacun la leur.