‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 181 sur 184 · DE SAINT-MARSAN · texte numérisé non relu

DE SAINT-MARSAN

Le maréchal Augereau au prince de Neufchâtel. et de. Wagram^ •

«Berlin y le la janvier i8i3.

» Monseigneur ,

» iTai reçu la lettre anonyme que votre altesse m'a » fait l'honneur de m' envoyer avec sa lettre du 7 cou- » rant, venant du prince d'Ecmulh. Je fais fort peu de » cas des lettres de ce genre- J'avais déjà écrit depuis » plusieurs jours à tous tes généraux gouvemeurf» et com- » mandans des places de se tenir sur leurs gardes, et de » me faire des rapports sur tout ce qui pourrait surve- » nir de nouveau..

» Je puis assurer votre altesse que le roi et son pre-

z^54 NOTES DU LIVRE IV.

M mîer ministre ne sont pour rien dans la capiudatîon ^ du général d'Yorck ; elle en sera convaincue par les » démarches que sa majesté vient de faire aiqntès do » roi dé Naples. «Tai la plœ grande confiance dans le » dévouement que porte le roi de Pnuse à sa majesté I» Tempereur, mais il faudrait aussi que Ton eût un peu » plus de confiance en lui ; car, si Ton écoute toutes les * dénonciations , il est des hommes pour qm il est un » besoin d^ intriguer, de brouiller, et de jdénoncer tout » ce qui existe entre ciel et terre; alors «i l'on y ajoute » foi , je ne pourrai pas plus répondre de ht tranquillité » de la Prusse que du reste de T Allemagne. Ct pays-ci » n'est maintenu que parle calme de son souverain ,. « qui est par£aiitement secondé par son premier minis-^ » tre. Le reste ne voudrait voir que désôiAne ; il faut la » prudence et la sagesse d'un tel roi pour avoir main— ^ tenu l'ordre jusqu'à ce jour.

» Agréez ^ ùaon prince y l'hommage de mon profond ^ respect,

» Le maréchal d'empire ^

* Signé AUGEREAU , duc de Casttglione. »

SUITE OE» UTTSES D£ NAPOliOlV £T DE ESRTBIBB; que f*ai cru devoir citer. '

Le prince de tfeufchâtel et de Ifagram au nce-roi d'ïialie^

• Sfaroi-Bdrîaiow, Te ^B^ novembre 1813 , Ir quatre heures du matin*

Monseigneur , dans ce moment nous jetons des pont» sur là Béréiinà, à' S'tudianka>, et immédiatement on va

effectuer le passage de vive force, rennemi étant de r autre côté. Si le passage réussit, il faut vous tenir prêt à nous suivre, aiusi que le prince d'Eckmulh, auquel TOtre altesse voudra bien faire passer la lettre ci-jointe- L'empereur pense que vous êtes à la poste.

Signé ALEXANDRE.

Le prince de Neufchdtei et de JVagram au duc de BeUune^

Ztamvrki , le a8 novembre rSia , à sept heures du soir.

Aussitôt que le feu a eu fini, vous aurez sûrement achevé de faire passer le pont à votre artillerie , afin de pouvoir déblayer le village de Studianka ; vous ferez mettre le feu à toutes les voitures que vous^ ne jugerez pas dans le cas de pouvoir passer, afin que votre arrièregarde puisse , à cinq heures du matin , évacuer la rive gauche, c'est-à-dire le village de Studianka* Yous ferez en même tems brûler ou rompre les deux ponts par votre arrière-garde , et les pontonniers du général Eblé. Vous sentez , monsieur le duc , combien il est important que les ponts soient bien détruits; il y a, au village, des chevalets que l'on avait préparés p<Mir un troisième pont ; il faut brider tout cela.

On dit qu'il y à des cadavres d'hommes et de chevaux étouffés à l'entrée des ponts ; il faut les faire jeter à l'eau , sfin que ces marques de désordre ne soient pas eonnues de l'ennemi.] Au retour de Faîde de camp que vous devez envoyer à l'empereur , on vous fera connaitre l'heure ^ laquelle le duc d'Elchingen , qui doit faire la retraite , commencera son mouvement. Faites donc passer l'artil-

lerire depréférenjce à touie autre voiture , et qu'elle passe cette nuit le marais, et enfin faites brûler tout ce ^ne passera pas les ponts.

. Mettez de fortes gardes aux ponts pour en être canstamment matire , et que votre artillerie et votre corps passent en ordre,. de manière à ce que les ponts ne se rompent point. L'empereur pense que le général Latour-Maubourg aura déjà passé. S'il y a des voiture» abandonnées dans le marais, votre arrière-garde devra les faire brûler.

Signé ALEXANDRE,

Le prince de Neufchdtelet de IVagram au duc de Tarenle.

. Antonowo, ïe 1 4 décembre 18^2. .

Monsieur le duc de Tarente ^ le roi me chaige de vous faire connaître confidentiellement l'état véritable de l'armée. Le froid, excessif, et les fatigues extrêmes qu'elle a eu à supporter, l'ont mise dans un tel état 4e désoigsmi^ sation et d'affaiblissement par la perte presque totale de nos chevaux, qu'il lui est impossible de prendre et tenir une position quelconque, et que le roi est ré^ duit à pn ramener les débris dans les places^ de la Vi^ tule et à Dantzig- Cependant, à moins d'y être forcé par les n^ouvemens de i' ennemi , sa majesté a le projet de ne pas dépasser lïuj^ljjmen et Insterburg ayant d'avoir appris votre arrivée â Tibit; mais dans le cas contraire , vous sçniez , monsieur le maréchal , la nécessité d'arriver projnptement sur la ligne de la Prégel, sur le point de VeWau, parce que, de ce point, vous coutnrçz Kœnigsberg, et vpus serez à même, suivant les

circonstances , d^arriver avant Fennemi sur Elblng, Marienbnrg. Au reste , le roi s'en rapporte à votre expérience et à vos talens. Sa majesté vous recommande de nouveau de correspondre plus souvent avec nous. N'oubliez pas , en opérant vos mouvemens , de reployer toutes les troupes qui pourraient se trouver encore placées sur le Niémen.

Signé ALEXANDRK

Le prince de Neufchâtelet de Wagram au prince de Sch<varêzenberg.

Stallupohnen, le 17 décembre 181 a.

Monsieur le prince de Schwartzenberg, j'ai reçu votre lettre du i4 9 et je Fai mise sous les yeux du roi. Sa majesté approuve entièrement la résolution que vous nuH nifestez de manœuvrer sur Grodno et Bialystok , et de couvrir et défendre Yanovie. Ces dispositions sont parfaitement d'accord avec les instructions que je vous ai adressées. L'armée va se rapprocher de la Vistule, afin de se reposer des grandes fatigues qu'elle a dû éprouver par de longues marches, par un froid excessif, et par les nombreux combats qu'elle a eu à livrer. Le duc de Tarente va se rapprocher du Niémen , et couvrira la partie du Nord du grand duché et les états prussiens. L'ennemi n'a montré en deçà du Niémen que quelques Kosaques. L'armée russe doit encore avoir plus besoin que nous de prendre ses quartiers d'hiver, et tout annonce qu'elle emploiera le reste de l'hiver à se refaire et à se réorganiser. TViut le cinquième corps va se réunir à Var-

soTÎe ; et le prince Ponîatowskî y est déjà arrive pour recevoir vingt-quatre mille conscrits qui y sont réunis, et pour y réorganiser son artillerie. Le grand duché parait disposé à faire les plus grands efforts et les plus grands sacrifices pour sa défense.

Recevez^ etc.

Signé ALEXANDRE.

Napoléon au major-général.

Paris, le i8 décembre i8ia.

Mon cousin, Je vois avec peine que vous ne vous soyez pas arrêté à Wilna sept à huit jours , afin de profiter des dfets d'hahilleinent, de rallier un peu Tarmée. J'espère que vous aurez pris position sur la Prégel. Nulle paf^il n^est possible d^avoir autant de ressources que sur cette ligne et à Kœùigsbeiig. J'espère que les généraux Schwartzenberg et Reynier auront couvert Varsovie. La Prusse se prépare h efivoyer des renforts pour couvrir son territoire.

Sur ce , etc.

Signé l^KVOlÉXm.

Circulaire adressée par Berthier. aux gpnéraax Eugène^ Daçouty Augereauy etc.

Kœnîgsbergy le i«r |anrier i8i3.

Le roi me charge de vous prévenir 'confidentiellemenf que le duc de Tarente, après avoir attendu plusiears

jours à Tilsit le général d'Yorck , formant son arrièregarde h on jour de marche , en a reçu hier une lettre par laquelle ce général lui mande que sa position lui faisant craindre d'être entamé sur ses flancii et sur ses derrières, il a cru devoir faire une capitulation avec les Russes , par laquelle lui et son corps restent neutres dans la partie de la Prusse que nous avons évacuée à la rive droite du Niémen. Est-ce le général Yorck qui a trahi son souverain dans cette circonstance ? Vous sentirez combien il est essentiel d^étre sur ses gardes. Le duc de Tarente se trouve réduit à cinq mille hommes , sans cavalerie. Il parait que le roi ne peut faire autrement que de se reployer sur la Vîstule.

Le prince de Neufchâtel et de ÎVagram à sa majesté l'empereur et roi,

Posen , le i6 janvier i8i3.

Sire,

Un aide de camp du roi m^a at>porté à midi une lettre de sa majesté , dont la copie est ci-jointe. Jai engagé le roi à conserver le commandement de Farmée. Il m'a répondu qu'il était inviolablement décidé. Je lui ai observé qu'il ne pouvait pas partir que le vice-4*oi ne fttt arrivé , puisqu'il devait être ici dans la soirée.

Malgré les instances du vice-roi , sa majesté a persisté à quitter le conunandement : le vice-roi ne voulait pas l'accepter; mais enfin les voitures du roi étant prêtes, j'ai décidé le vice-roi à prendre provisoirement le comr mandement; je l'ai assuré de mon zèle, malgré Tétat

46o NOTES DU LIVRE IV.

souffrant dans lequel je suis. Votre majesté sentira combien il est important qu^elIe organise sa grande armée ^ qu'elle nomme par décret son lieutenant générât Je ne me permets aucune réflexion sur la conduite du roi. Je me mets sous les ordres du yice-roi.

Je présente à votre majesté Thommage de mon profond respect.

Le prince de Neufchâiel^ major-général »

Signé ALEXANDRE.

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