ALEXANDRE
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« Lm corps élaient représentés par leurs aigles escortés par quelques officiers et sous-ojficiers. >» Le passage suivant extrait du rapport que Berthier adressa i Napoléop , de WirbaUen Le 16 décembre 1S12 , fait bien connaitre le TéritaUe étal auquel se troHvait ré4lût ce qui restait de rariaée* « Il faut le dire, kts quatre cinquièmes de Tar^^ » mée a les pieds , les mains ou la figure gelés. Votre » majesté ne peut se faire une idée de Pétat de souffrance » et de désordre dans lequel la rigueur du froid a mis » Farmée. Obligée de faire depuis deux mois de grandes » marches , les combattans présentent auj onrd^bui à peine » une escorte ^ pour garantir le roi , les généraux et les » aigles. »
Plus loin on trouve cet autre passage :
« Tài dans ce moment de très^viv^s ip^étndes. n J'avais tout perdu excepté une calèche qui portait tous » les états 4e situation de l'armée^ V05 prdre^ originaux, » mes livres d'ordres et le gr^nd tableav du numvçmçnt. » Cette voitu^-e, conduite par des gendarmes sûrs et es- » cortée , a di;spana en sortant de Kpwqo. Depuis trois » jours je ii'çn ai pas de nouvelles. Je reste ^yec ce que » j'ai sur moi ; je cpn^çrve çncore un léger espoir qu'elle » aura pris h route dç Tilsit. J'ai eovpy^ de tpu« côtés » à sa recbercbe ; j,e ^wis cpf^t^mé de la perte d^ mes » papiers si importais» » Lsl cal^çj^e dpiit il ç^t qi^ e;s|io9 avait pris la mime route que Ney. EJUe rejoignit Bertbier à Kcenigsberg , et c'est daps les papiers qu'elle ^onte^i^aît , que j'ai puisé une partie 4e$ renseigQemeos qui m^ont
servi pour écrire Fhistoire de la mémorable expédition de Russie.
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« L' avant -- garde de Tchitchagof arriça dans Vaprès midi, et ce général lui-même^ le lendemain^ avec le reste de son corps, » Tchitchagof adressa à son souverain ,
j ag novembre • • i • «^ Ti
le , , décembre ^ ^"^ rapport que je croîs devoir citer. U était ainsi conçu :
„ . , aq novembre
« Rukom.le-: — — : ; — i«ia.
II décembre
» Depuis le — novembre , je poursuis l'ennemi sans » relâche. Pendant les premiers jours , nqtre marche a » été souvent ralentie par la destruction des ponts ; mais » quelques heures ont toujours suffi pour les rétablir^ » Nos marches ont toujours été forcées ; Tavant-garde , » qui n'a pas perdu Fennemi de vue , Ta souvent chassé » des positions où il s'était établi pour passer la nuit. » Chaque jour on lui a pris des canons et des prison- » niers. Depuis le passage de la Bérézina jusqu'à Wilna , » nous avons pris deux étendards , plusieurs généraux y » quelques milliers de prisonniers , cent cinquante bou- » ches à feu, plus de sept cents caissons et fourgons, et » une si grande quantité de voitures de bagages que la » route en est obstruée en plusieurs endroits.
» L'arrière-garde de Tennemi ayant été détruite, sa re- » traite s'opéra dans le plus affreux désordre ; les soldats » tombaient accablés de fatigue , et dans leur désespoir, ils » se rendaient prisonniers ; la perte de l'ennemi ne s'é- » lève pas à moins de trente mille hommes ; la route est
» couverte de morts , de blessés , de gelés et de mourans. » Le châtiment atteint si promptement ces misérables , » qu^ils périssent dans les flammes des maisons mêmes » où ils mettent le feu pour se chauffer , et qu^on les » trouve gelés dans celles doiit ils ont détruit les portes » et les fenêtres. L'ennemi n'a rien pu emporter de » Wilna; nous y avons trouvé beaucoup* d'artillerie et » d'immenses magasins. Parmi le grand nombre de mala- » des et de blessés abandonnés , se trouvent plusieurs gé- » néraux. Le général Tehaplitz s'est particulièrement dis- » tingué par son zèle infatigable et la rapidité avec la- » quelle il a poursuivi l'ennemi. Un aide de camp, chargé » par le maréchal Davout d'attendre l'arrière-garde , afin » de prendre des renseignemens sur la force du corps » russe qui poursuivait l'armée française, a ét^é pris à » Oszmiana. Ce jeune honime a été fort étonné de voir » arriver l'arrière-garde russe au lieu de l'arrière-garde » française , qui n'existait plus. Les prisonniers s'accor- » dent à dire que Napoléon ne peut plus dissimuler ce » que sa position a de critique , et qu'il craint son ar- » mée , qui commence à murmurer. Beaucoup d'hommes » de sa garde ont été pris dans les derniers jours ; il m'est » arrivé plusieurs fois de m' établir dans les logemens » qu'ils venaient de quitter ; d'autres fois Napoléon ne » part qu'au moment où notre avant-garde commence â » tirailler avec son arrière-garde. »
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« La défection d'Yorck était donc louabk et naturelle. » Pour achever de faire connaître cet événement , je vais
donner la copie de la convention conclue etttre Yorck et Wittgenstein, celle d^atte lettre de M acdanaM à Baclielu; enfin la copie de la lettre que Massenbacfa écrivit à Macdonald après Savoir abandonné , et qui loi firt remise iqaelqttes heures après c(ue celle dTforck lui fat parvenue.
Convention conclue entre Yorck et Wittgenstein,
« Ce jourd^huî, les soussignés, savoir, ïe commanj> dant en chef du corps auxiliaire prussien , lieutenant » général d' Yorck, d'un côté , et le quartier mattre gé- » néral de Farmée impériale russe, sôus les ordres du » comte Witlgenstein, général major de Diebistsch, de » Fautre, après mûre délibération, ont passé la conven- » tioa qui suit :
» Art. I". Le corps prussien occupera, dans Fînté- » rieur du territoire prussien , la ligne le long de la fron- » tière, depuis Memel et Nimmersat, jusqu'à la route « de Wainuty à Tilsit; depuis Tilsit, la route qui passe » par Schilupîschken et Melauken , jusqu'à Labiau , y » compris les villes qu'elle touche , déterminera l'éten- » due du pays que doit occuper le susdit corps pfûs- » sieiï. Ce territoire sera borné de l'autre côté par le >» Kurisch Ha(T, de maïiière que toute cette étendue » sera considérée comme parfaitement neutre , tant que » les troupes prussiennes l'occuperont.
» Il est bien entendu que les troupes russes pourront » aller et venir sur les grandes routes précitées ; mais » elles ne pourront prendre leurs quartiers dans les » villes de cet arrondissement.
» Art. 2. Les troupes prussiennes resteront en par-
» faite netit^lit^ dan^ rarrondissement désigné art. i , i) )usqxfii Patfîvée des ordres de sa majesté le roi de » Pnisse; mais elles s^ engagent, daos le cas où sa dite » majesté letii* ofdotiiïefait ^ rejoindre les troupes îm- » périàles françaises , de ne pas combattre contre les » armées russes pendant Tespace de deux mois, à dater >> du présent jottr.
M Art. 3. Dans le cas où sa majesté te roi de Prusse, '> ou sa majesté Tempereur Ae toutes les Rnssies , refuse- » raient de ratifier la présente convention , le corps prus- » sien sera libre de se porter là où les ordres de son roi » rappelleront.
» Art, 4- On rendra au corps prussien tous les trat- « neurs qu'on trouvera sur la route de Mitau, et éga- » lement tout ce qui fait partie du matériel de l'armée. » Qaant à la branche des approvisionnemens et du train » dudit corps , tout ce qui la compose pourra traver- » ser sa*ls obstacle tes armée» fasses pottr rejoindre de * Kœnigsberg , ou de plus loin , le corps d^afrmée prus- » sien.
>» Art. 5. Dans te c«s où les ordres du lieuteiirant gé- » .Wral Yorck potrrraieirt ettcore atteindre le lieutenant » général Masèenbàch, les troupes qui se trouvent i> sam le éomtnaudement de ce dernier , seront com- » prisée dans la présente convention.
V Art. 6. Tous les prisonniers que pourraient faire » les troupes russes , sous les ordi'es du gé*^ral major >* de Diebitsch , Sur les troripes du général Massetibach, » seront également compris dans cette ronvcittîon,
» Art. 7. Le corps prussien conservera la faculté de »* concerter tout ce qui est relatif à son approvision-
» nement avec les régences provinciales ^ la Prusse , » le cas non excepté où ces provinces seraient occupées » par les troupes russes.
» La convention précitée a été expédiée en double, » et munie de la signature et du sceau particulier des >> soussignés.
» Fait au moulin de Poschemu ( près Taurogen) , le » '- décembre 1812.
» »$f^'DI£BITSCH, général major au service » de Russie, et YORCK, lieutenant général au » service de Prusse. »
Le maréchal Macdonald au général Bachelu,
« Tilsît , le 3o décembre 1812.
» Mon cher général, a Je n^ai rien à objecter à vos réflexions , que je fais M de mon côté ; depuis trois jours la douleur m^accable ; » sortir d^une position si périlleuse , pour y retomber j* immédiatement, est un coup affreux; cependant je ne i> puis me décider à abandonner ce corps de Prussiimi ; « il est impossible qu'il soit pris ; Fennemi en aurait fait >» sonner les trompettes par toutes les bouches. Quelw qu'un revenu de Mordlen aujourd'hui n'en a rien en- » tendu. Un émissaire de Goadjuthen a dit avoir entendu » que le général d'Yorck se serait dirigé de Chelet à M Paghermont. Aucun de nos nombreux messagers ne M retourne , malgré l'appât du gain ; il faut qu'ils soient » pris. Cette conduite du général d'Yorck est inexpli- » cable ; il était le a4. à Kelm , et avait des ordres pour
» venir lejkS à Nîmoksty et Koltmîany. Un contre-ordre » le rappelait sur ce dernier point pour la même date ; M le jour suivant à Poghermont, où il devait recevoir ^ » nouveaux ordres, mais non les attendre ; il a dâ s^a- A> percevoir que les nombreux partis rompaient toute M conununication. Il y a "pins ; il ne peut ignorer ^ uç »» nous sommes à Tilsit; la nouvelle en est générale- » ment répandue, et le but était de s'y rendre. En se^» » cond lieu y Je dégel est un avertissement su0]sant. n Attendait-il les ordres qui lui étaient annoncés? G est »> ce que Ton ne peut imaginer. Il était à notre suite ^ » sur nos traces , le chemin était frayé , et il n'a pas suivi j » Je me perds en conjectures. S'en aller, que diral'em- » pereur, la France, l'armée, la Prusse, l'Europe enfin? M Ne serait-ce pas une tache ineffaçable sur le dixième » corps que l'abandon volontaire, et sans y être con- » traint autrement que par la prudence , d'une partie de M ses troupes? Oh! non, quels que soient les événe- » mens , je me résigne et me dévoue volontiers comme » victime , pourvu que je sois la seule ! Je suis en com- » munication avec le quartier général h -Kœnigsberg. On .*► fait filer quelques troupes à Tapîau, la division Heu- ' m- delet qui y arrive successivement pour remplacer la » garde; mais je crois que j'aurai beaucoup'^de peine à « obtenir que ces troupes soient portées à Insterburg. » Le rideau de cavalerie de l'ennemi cache certaine- » ment un mouvement de troupes. Vous avez reçu l'or- » dre de vous retirer. J'ai prévenu vos désirs. Demain M je prendrai un parti définitif. Si vous n'êtes point in- » quiété , vous viendrez me voir un instant. Je vous il. 39
45o NOTES DU LIVRE IV.
» donne le bonsoir, et vous souhaite un sommeil que ma M triste situation me refuse depuis long-tems.
» Sîffw ALEXANDRE. «
«c Pàsi-scripium. J'ai pris des mesures pour déjouer » les desseins de Tennemi , s^il était assez osé pour tenter » un hourra sur la ville. »
Le général Massenbach au maréchal Macionald.
« Tilsît, le 3i décembre iSia.
» Monseigneur,
» La lettre du général dTorck aura déjà prévenu votre » excellence que ma dernière démarche m'est prescrite, » et que je n'en pourrais changer rien , parce que les me- » sures de prévoyance que votre excellence fit prendre » cette nuit me parurent suspectes de vouloir peut-être » me retenir par force , ou désarmer mes troupes dans » le cas présent.
» Il me fallut prendre ce parti , dont je me suis servi M pour joindre mes troupes , à la convention que le gé-- » néral conmandant a signée , et dont il me donne Favb » et Tinstruction ce matin.
» Votre excellence pardonne que je ne suis venu moiw même pour l'avertir du procédé, c'était pour m'épar- M gncT nne sensation très-pénible à mon cœur, parce » que les sentimens de respect et d^estime pour la per- » sonne de votre excellence , que je conserverai jusqu'à
NOTES DU LIVRE IV. 45i
•> la fin de mes jours , m'auraient emptehé de faire mon » devoir.
» Je connais le cœm' de votre excellence ; elle ne per- » mettra pas que les pauvres habitans de Tilsit , qui ont » déjà tant souffert pendant cette malheureuse guerre , <» ne soient encore rendu» plus malheureux par les trou- » pes <pî sont dans ce moment sous les ordres de votre » excellence.
» Daignez recevoir Fassurance de ma pure estime et » la plus hante considération.
» Le lieutenant général y signé MASSENBACH. »
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» Sehn toutes Us apparences k roi de Prusse était de bonne foL » Le comte de Saint-Marsan et Augereau , qui commandait les troupes françaises en Prusse, étaient persuadés que le roi de Prusse était de bonne foi ; les lettres suivantes ne laissent aucun dopte à cet égard.
Le comte de Saint-Marsan au prince de Neufchâtel et de IVagranu
» Monseigneur,
j» Le roi vient d'envoyer M. de Hardemberg me com- » muniquer ses déterminations. Les voici : 5a majesté ^ fera partir demain , aa plus tard à midi , un de ses « aides de camp, le lieutenant colonel Natzmer, pour » se rendre auprès de sa majesté le roi de Naples* Cet
» officier portera la Domination du général Kleist comme » lieutenant général commandant le contingent ; il fK>r- » tera aossi le désaveu formel de la convention signée » par le général d^ Yorck ; Tordre au général Kleist de » faire arrêter cet officier général , s^ii y a moyen , et de » le faire conduire à Berlin ; enfin^ Finjonction de dis- » poser du contingent, selon que sa majesté le roi de » Naples r ordonnera, et d^exécuter en tout les ordres » de sa majesté sicilienne , qui sera priée de faire âc- » compagner M. de Natzmer , pour qu^il puisse remplir » la commission dont il est chargé, et aussi de faire » mettre à Tordre du jour de Tannée française les réso- » lutions du roi : eUes le seront également à Berlin , à » Postdam , en Silésie , et on les insérera dans les ga- » zettes. Le prince Hatzfeld reçoit ordre de se rendre à » Paris. Il portera à sa majesté Tempereur Texpression » des sentimens du roi , de son attachement k la cause » de sa majesté , et de son indignation de ce qui vient » de se passer. Le roi s^ occupera incessamment de réunir » un autre contingent; mais, sur cet objet, il met en » avant T extrême détresse de ses finances, et demande » quelque à-compte sur les avances faites jusquMci.
» Jusqu^à ce moment le général d'Yorck n'a point » rendu compte au roi de ce qu'il a fait. Le comte Eukel, » aide de camp du roi , qui a quitté ce général le 27 , » étant arrivé ici avant hier, a seulement rapporté que » le général d'Yorck croyait devoir se tnouver 4ans Je » cas de ne pas percer ^t de capituler. On n'apprendra » cette nouvelle à Berlin qu'en apprenant aussi les me~ » sures adoptées par le roi ; ce qui neutralisera , je Tes- » père ^ l'effet que pourra produire un pareil scandale.
y* Le roi et son ministre paraisseBt de la meilleure » foi. Sa majesté a para très-inqaiète et très-affectée du » danger que court M. le duc de Tarente. Si le corps est » rentré en Prusse, le roi ne désespère point que le gé- » n^ral Kleist ne le ramène aux ordres de sa majesté le » roi de Naples ; mais il me parait difficile que Fennemi » et le général d'Yorck s'exposent à cette chance ; ils ne » laisseront venir ce corps en Prusse qu'autant que le » roi aurait approuvé la convention.
» Je réexpédie de suite M. Boileau avec ces notions; » M. de Natzmer le suivra à quinze ou dix-huit heures » de distance.
» JTai Fhonneur d'être , avec une respectueuse con- » sidération , monseigneur, de votre altesse sérénissime ,. » le très-humble et très-obéissant serviteur ,