LIVRE III
valait ses généraux que sa communication avec Smolensk allait cesser momentanément , mais serait rétablie incessamment, d'abord par Znamenskoe ( où il comptait arriver du aS au 27 ), Juknow et Wiazma , et ensuite par lelnia et Smolensk. Ces ordres expédiés , il transporta son quartier général à Borowsk, et fit pousser sur la gauche de la route des reconnaissances , qui ne rencontrèrent que des Kosaques.
Nous avons vu que Kutusof , après le combat de Winkowo , s'était contenté de faire suivre Murât par une avant-garde , qui s'arrêta sur les bords de la Motscha , et qu'il était revenu occuper, avec le reste de son armée, le camp retranché de Tarutino. Il fut bientôt instruit que Napoléon avait quitté Moskou pour pren^ dre la vieille route de Kaluga , et dès lors il ne douta plus que son intention ne fût de venir l'attaquer. Le 23 au matin , il était encoYe dans une ignorance tout-à-fait extraordinaire des mouvemens de son adversaire , lorsqu'on lui fit le rapport que , le 22 , un corps français de six à sept mille hommes s'était dirigé sur Wéréia (o); il fit aussitôt partir Doctorof , avec son corps, pour Borowdc. Ce général ap-
(a) Ce corps était celui de Poniatowski .
go EXPÉDITION DE RUSSIE,
prit bientôt que cette ville venait de tomber au pouvoir des Français , et que leur avant-garde marchait sur Kaluga. Il en instruisit Kutusof , qui lui ordonna de se porter , à marches forcées , sur Malojaroslawetz. Un rapport de Miloradowitz avait, dans le même tems , fait connaître au général russe que Ney s'était retiré sur Fominskoé ; qu'il n'y avait plus de troupes françaises sur la vieille route de Kaluga ; enfin que Moskou était évacué. II acquit dès lors la conviction que Napoléon se dirigeait sur Kaluga par la nouvelle route , et , levant aussitôt son camp , il se porta en toute hâte sur Malojaroslawetz , par les deux chemins de traverse, dont l'un passe à Spaskoe et l'autre à Fédérowskoe. Il était trois heures de l'après-midi lorsqu'il commença ce mouvement : son armée , qui avait encore été augmentée , depuis le combat de Winkow^o , par l'arrivée de nouveaux renforts, s'élevait à cent dix mille combattans.
La petite ville de Malojaroslawetz était bâtie sur le penchant d'une colline assez escarpée , •qui borde , sur la rive droite y le vallon dans lequel coule la Luja. Sur la rive gauche , le terrain s'élève insensiblement en s'éloignant du vallon. La rivière formait un rentrant vis-