LIVRE IIL i4f
Mîkalewka ; Napoléon y apprît la jonction des deuxième et neuvième corps, le combat de Czaszniqui et la retraite de Victor sur Senno. Il se décida enfin à instruire , au moins en partie , ce général de la situation ou il se trouvait ; il adressa, dans ce but, la lettre suivante à Berthier :
Napoléon au major-généraL
« Mîkalewka, le 7 novembre 1812.
» Mon cousin , écrivez au duc de Bellune la » lettre suivante : J'ai mis votre lettre du 2 » sous les yeux de ^e^lpereur. Sa majesté or- » donne que vous réunissiez vos six divisions , » et que vous abordiez sans délai l'ennemi ^ et » le poussiez au delà de la Dwina; que vous » repreniez Polotzk (a). Ce mouvement est des » plus importans : dans peu de jours , vos der- » rières peuvent être inondés de Kosaques. » L'armée et l'empereur seront demain à Smo- » lensk , mais bien fatigués par une marche » de cent vingt lieues sans s'arrêter. Prenez » Toffensive , le salut des armées en dépend ; » tout jour de retard est une calamité. La car
(a) Le reste de la lettre était en chiffres.
tli% EXPÉDITION DE RUSSIE.
» Valérie de l'armée est à pied \ le froid â faîf » mourir tous les chevaux {a). Marchez, c'est » Tordre de l'empereur et celui de la néces- » site.
» Envoyez cette lettre au général Ghafpen- » tier (d) par l'estafette qui va partir dans tme » heure , qui l'enverra par un officier au duc » de Bellune.
» Sur ce , je prie , etc. »
Signé NAPOLÉON.
Avant que de quitter Mikalewka , Napoléon apprit la tentative dû général Malet , si extraordinaire par un commencement de réussite , et si promptemenf réprimée. Cette nouvelle alarmante , les maux qui accablaient son armée de Mostou, les revers de ses lieutenans , un avenir effrayant , le spectacle continuel de ces morts et mourans, victimes de son aveuglement , rien ne semblait' Témouvoir ; il possédait au pîus haut degré cette insensibilité sans laquelle on ne saurait être conquérant.
{a) li6j| cli^vau» supportait très-bieA Ites froids l«s plus ri-« goureux quand ils sont bien nourris. Ce n'était pas- le fi-oid qui les avait fait mourir, mais la faim et la continuité des marches et des' bivouacs.
il) Le général de division comte Charpentier était gouvcr- &«ur de Smolensk.