LIVRE III. i
Le 7 , il passa le Dnieper , et 4lbblit son quartier général dans un petite château situé dans les terres, à une lieue de Slobppewa : toute Farmée continuait à suivre la route de Smolensk , et dans Tordre que j^ai indiqué , à Texception d^Ëugène , qui quitta cette route à Dorogobuj, pour se rendre à Smolensk par Dukhowszina; ce même jour, Baraguay-d'Hilliers se reploya de lelnia sur Smolensk.
Cependant la rapide désorganisation de Far-* mée semblait n^être que le prélude de son entière destraction ; la neige avait continué à tomber le 5 en petite quantité ; le 6 , chassée par un vent du nord , elle tomba abondamment, et recouvrit bientôt la terre d^une couche épaisse qui ne présentait plus àTceil attristé qu^une immense plaine d^un blanc éclaU^t. La route, foulée par les chevaux et les voitures , devint alors aussi dure et aussi gU^ante que du verglas. A cette latitude , cet état de choses subsiste à peu près cinq mois: les Russes son4; toc^ jours préparés à ce changeaient; leurs^ cbevauiL sont d^avance ferrés à glace; ils metté|rtk sur traîneaux leurs voilures de tran^ort^ ainsi que^ le canon des parcs ; et les Kosaques ont alors des pièces légères sur affats-traîaeaiux. Dans Tarmée française , au contraire , on ne s*y était
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point pré^ré ; les chevaux , n'ayant point été ferrés à glace ^ glissaient au moindre mouvement , s'épuisaient en efforts impuissans , et s'abattaient à chaque instant. L'on perdit tout à coup la plus grande partie de ce qui restait de cavalerie, et l'on fut contraint d'abandonner beaucoup d'artillerie et de bagages. L'on vit alors des objets précieux, provenant du pillage de Moskou, dispersés sur la route; ils ne tentaient plus la cupidité ; l'on ne songeait qu'à se procurer des alimens.
Un petit nombre de régimens avaient conservé quelques bestiaux en les faisant paître ; il devint impossible de les nourrir plus longtems. L'armée , marchant sans relâche , ne recevant de distributions de vivres nulle part (a) , se trouva réduite , pour toute nourriture , à la chair des chevaux ; le soldat dépeçait à l'instant ceux que l'on était contraint d'abandonner. Le froid, plus rigoureux , vint se joindre à tant de maux; il n'était pas excessif , mais cependant insupportable pour des malheureux affamés ou mal jl^rris , et trop peu vêtus pour un climat si rigoureux. Chacun se couvrait de ce qu'il
(a) n faut en excepter la garde, qui avait reçu de la farine k Gjat , à Wiazma et à Dorogobuj .