LIVRE III. i8i
compléta à cinquante le nombre des cartouches' que chaque soldat devait porter, et Ton distribua des moulins portatifs qui étaient à Smolensk.
L'armée , le lendemain du Jour où Napoléon arriva à Smolensk (lo novembre), occupa les positions suivantes : la vieille garde était dans Smolensk , la jeune garde occupait les faubourgs; la cavalerie, montée et démontée, les villages entre la route de Krasnoi et le Dnieper , à la hauteur de Wilkowitski; Junot était à deux lieues de Smolensk, sur la route d'Ielnia; Zayonscheck , à trois lieues sur celle de Mstis- !àw ; Eugène traversait le Wop ; Ney défendait le passage du Dnieper à Slob^inewa; Davout était à Tsughinowo, en mesure de le soutenir sHl était nécessaire. Napoléon , convaincu enfin qji'ilne pouvait se maintenir à Smolensk, était dansTintention de repartir le ii novembre avec sa garde; mais le retard qu'avait éprouvé Eugène, et le tems qu'exigeaient des distributions régulières rengagèrent à différer son départ. Indépendamment des vivres trouvés dans les magasins de Smolensk , quinze cents bœufs étaient cantonnés dans des villages près de Krasnoi , et plusieurs troupeaux de bœufs et convois de vivres arrivaient par la route de
r82 EXPÉDITION DE RUSSIE.
Mstislaw. Tout devint la {Nreie des nombreux partisans qui précédaient Tarmée russe; un seul convoi de deux cents bœufs » déjà parvenus prèsde Smolensk , fut pillé par les premières troupes de Tarmée de Moskou qui le rencontrèrent.
Quoique tout annonçât que Kutusof se dirigeait sur Fun des points de la route de Smolensk à Orzsa ^ ligne de retraite la plus directe de l'armée , et la seule en même tems sur laquelle il y eut des magasins, Napoléon , se refusant à l'évidence, se persuadait que le générai russe était encore éloigné de plusieurs marches (a). Aussi, malgré la perte de Witepsk et toutes ks no^veHes alarmantes qui arrivaient de la J4thi^stme\ qaoi/iip^ji se vît contraint d'abandojtiner Smolensk ; quoique la désprgani- ^ion de son armée fît des progrès effrayans ,
(a) Berthier, dans une lettre datée du ii novembre , et que^ Napoléon lui faisait écrire i Davout, lui dit que Farmëe a un eorps d'obseryatioii en^oemi aur soja flanc franche. Ce cocps d'observfrtion ét^it Vanpée russe tout entière. Dans une autre lettre du 1 52 au même général , on trouve ce passage : « II est » bien important, prince, que l'on maraude et fourrage régu- » iièrement, et ainsi que cela doit se faire devant Tennemi. lie » pays est infesté de mauvais |CosA<}UQ3 et de paysans armés » qui ne font la guerre qv'aux maraudeurs. » La suite des opérations prouvera d'ailleurs que Napoléon ne crut à Tarri- ▼ée âe Palmée ruîifee 'uWr sa *Iîgnc èe retraite , que qucfnd il la vitde3esy«ux.