DU LIVRE TROISIÈME
(l) PAi&E 80.
« JJjBUX noweaiav convois ^ cebd des ittopbéas et celui du trésor^ suivaient l'armée, » Le convoi du trésor^ indépendamment 4e Fargent monnoyé , contenait aussi quel* ques lingots d'or et d'argent que Ton sVtait procurés en extrayant ces matières des ob,)ets qui en contenaient , et qui 6e trouvaient en grand nombre dans les ^Uses du KrenJin* Une commission avait été nommée peu après Farrivée à Moskou pour en faire la recherche ; tant que Ton avait marché en avant, le convoi du trésor était resté plusieurs journées en arrière.
Le convoi des trophées contenait des drapeaux turcs et antres que Napoléon avait fait enlever dans les églises du Kremlin, et cette grande croix de cuivre doré qui n^avait d'autre mérite que d'être un objet de vénération pour les Russes.
(2) Page io5.
« Il fallait laisser au Kremlin toute l'artillerie régimentaire , et même celle des batteries de réserve* >» Le général Laribobsière , qui commandait Tartillerie de l'armée, et qui, ayant été autrefois le Camarade de Napoléon au régiment de La Fère , avait conservé le droit de lui parler avec quelque franchise, lui proposa d'abandonner une
partie de Tartillerie ; mais Napoléon fut coarroucé de cette proposition ; il s^ indignait à la seule pensée d^abandonner de Tartillerie aux Russes , comme s^il eût suffi de sa volonté pour maîtriser les événemens.
(3) Page 109,
« Pour lequel des recrues russes calaient des itérons. » Le courage du soldat russe n^est pas impétueux comme celui du soldat français; cVst, si je puis m^ exprimer ainsi , un courage de résignation, et celui des recrues est peut-être supérieur à celui des anciens soldats , mais ces derniers sont préférables , parce qu^ils savent mieux leur métier. Il faut beaucoup de tems pour former le soldat russe ; aussi les recrues arrivées nouvellement dans Farmée de Kutusof étaient-elles encore très-maladroites.
(4) Page i3o.
« D'abandonner une partie de l' artillerie pour sauoer Van-ire. M II était évident qu'en voulant enmener toute Fartillerie on la perdrait toute , parce que les fardeaux étant trop pesans pour des cbevaux mal nourris et accablés de fatigues. Ton devait s'attendre à les voir succomber presque tous en même tems. Je me souviens qu'à cette époque un général d'artillerie , au lieu de faire sauter la moitié de ses caissons, préféra jeter la moitié de ses munitions pour faire croire qu'il n'avait encore été obligé de rien sacrifier. Il savait qu'il prenait une mauvaise mesure, mais il savait aussi que Napoléon défendait de rien abandonner.
(5) Page i36. x
« Les dispositions générales pour Inexécution de ce mou- (femént furent écrites, o Ces dispositions offrant beaucoup d^intérét , je vais les citer ; elles devaient être adressées par le major-général aux commandans de corps dWmées , et étaient conçues eH ces termes :
«r La volonté de Tetnpereur est, si Tinfanterie enne- » mie suit Tannée dans son mouvement , de marcher à » sa rencontre, de Fattaquer, de la culbuter et de la » faire en partie prisonnière. A cet effet, l'empereur a >» £aiit .choix d'une position intermédiaire entre le poste » de Slawkowo et Dorogobuj. L'empereur sera à cette » position demain, à la pointe du jour, avec sa garde. Sa » majesté désignera l'emplacement des troupes qui doi- » vent se masser et se cacher de manière à être cou- » vertes par l'arrière-garde , commandée par le duc d'El >» chingen , et être en mesure de déboucher sur l'ennemi » avec toute l'artillerie, lorsque celui-ci croira n'avoir » à faire qu'à Tarrière-garde et aller à sa rencontre.
» MM. les maréchaux prendront les mesures pour que » les soldats absens rejoignent les drapeaux, que chaque » division ait son artillerie, que les bagages filent sur » Dorogobuj et Smolensk ; des gendarmes de la ligne et » d'élite seront placés à Dorogobuj , pour faire rejoindre » les hommes isolés , excepté les malades. Le duc d'A- » brantès (a) se tiendra prêt à partir avec son corps , in- »» fanterie, cavalerie et artillerie, au premier ordre, et » enverra à cet effet un officier de cavalerie près du ma- » j or-général.
(a) Il était déjà arriré à Dorogobuj.
» Tous les hommes de troupe à cheval qui sont à pied » et qui forment des régimeiis, aux ordres du général » Charrier , seront réunis et reformés à Dorogobiq , de i* manière à ce «pc ces régîmens soient prêts à avoir » Thon n eu r (Je niarclitr avtrc les grenadiers , furntant " une i>rigade particulière, sons les ordres du générai » Charrier. Les parcs d^ artillerie et du giiiiie , et notant^ » ment celui de la garde , aux ordres du général Sorbier^ >» se tiendront en mesure de pouvoir se porter sur la » position désignée ci-dessus* Les eommandans d'ai iille- » rie et du génie s'y trouveront , ainsi que Je général Eblé. » S'y trouveront éf>aU'ment les sapeurs^ marins et pon- » tonniers. I..CS généraux tieodrant la niaîu à ce que les " armes soient en bon éiat, et ii ce que les soldais aient » leurs cartouches. Sa majesté le roi de N api es se reniï dra demain de bonne heure sur la position, pour Téw ludier et recevoir les ordres de Tempereur-
" Le duc d'KIchiugen faisant T arriére-garde manœu-- j» vrera diaprés les dîspositians ci- dessus, de manière « que r i n fan teri e ennemie puisse élre attirée après deiua in » matin sur la position, ci que nous puissions la âur^ j^ prendre par une attaque générale faite à finiproviste* " Le secrétaire d'état, comte Ua ru, feia les fonctions >* d' in lendaut général de Tannée . en Ta bsencc du général « comteDuniaSi malade, il fera les dispositions et prendra >t toutes les mesures nécessaires pour pourvoir au serï* vice de saiïté et d'ambulance, et que tuut soit rendu » et préparé sur la position ; en conséquence du préseuT " ordre du jom*, chacun , sans autre ordre j fera louteî^ ^> les dispos i lions eu ce qui peut h* conrerner*
(f L'empereur aUend le rapport de ce qui s'est pa^"^»-
NOTES DU LIVRE III. îSg
» h΀r poar fiier son opinion : comment le corps en- » nemi qui s'est hasardé à vonloir cooper la commnni- » cation entre les divisions françaises n'd-t-il pas été » pris?
» Le prince de Neufchâfel, major-général ^ « Signé ALEXANDRE.
» Sbwkowo, le 4 novembre f8ia.. »
P. S* « Les maréchaux et généraux des armes auront » soin d^ envoyer demain à midi un officier près du ma- » j or— général , avec la situation des corps d'armée. »
(6) Page ilfi.
« Tous tenaient de Napoléon des grades^ des décorations. >» Napoléon était le chef de Tarmée et de Fadmînistration ; la nation française n'était entre ses mains qu^un instrument dont il se servait pour l'accomplissement de ses desseins. Les intérêts de l'armée étaient en opposition avec ceux des citoyens , puisque la guerre lui était nécessaire , et que la fertuiié de la plupart de sts chefs consistait en dotations dans les pays conquis.
{7) Pags i59«
<c Vite partie de ce tim avait ééé prescrit ne put être exécuté , ainsi ipiùn Va tm et qiion devait s j attendre. » On aurait dft ne dy>nner k des générâtut qui commandaient des corps d*atmées fort éloignés fès uns des autres, et pins éloignés encore de l'armée principale , que des instructions générales faisant seulement connatire le résultat aui|n(4 o» voûtait parvenir, et l'on aurait, du Icuf abandonner entièrement la ditectixm des opérations de deuil.
24o NOTES DU LIVRE III.
Je ferai observer , à ce sujet , qu^un grand nombre de revers et de non succès résultent de ce que les généraux ont été obligés de suivre des ordres donnés par des personnes éloignées du théâtre des opérations. Lorsque cet ordres arrivent. Il s'est quelquefois opéré'de grands changemens dans Tétat des choses ; on ne devrait donc adresser aux généraux commandant en chef que des instructions très-générales , et leur abandonner entièrement la conduite des opérations de détail, qu'ils ne peuvent bien diriger qu^en ayant égard , à chaque instant , aux événemens et aux circonstances. Dans les petites armées , le général en chef peut souvent tout embrasser d^un coup d^œll , et donner des ordres en tems utile ; mais dans les grandes armées de nos jours, il faut qu'après avoir reçu des ordres généraux , chacun agisse , sur le point où il se trouve , dans Tlntérét général , ne se contentant pas des ordres de ses chefs , mais exécutant , comme s'il en avait reçu Tordre , ce que la nécessité exige , et même quelquefois ce qui est évidemment nécessaire à la réussite de ce que Ton a entrepris. Les généraux français ont presque toujours eu cette latitude pendant les dernières guerres , tandis que leurs adversaires étaient liés. Par analogie ou par les raisons que je viens de développer , ils ont laissé aussi beaucoup de latitude à une partie de leurs subordonnés. Ainsi , dans Tarmée française ,. lorsqu'une circonstance Impérieuse commande une prompte résolution, on agit et l'on rend compte , et l'on ne perd point l'occasion , qui est tout à la guerre. Un général de division attaquera avant que d'en avoir reçu l'ordre, pour secourir une division voisine qui est accablée ; une brigade secourera une brigade , un bataillon un autre bataillon ^
et un commandant de batterie prendra sur-le-champ , et sans en attendre l'ordre , la position la plus favorable pour nuire à Fennemi. C'est à cette marche que les Français doivent ui^e partie de leurs succès dans les dernières guerres : leiârs adversaires, au contraire, doivent attri-r bner une partie de leurs revers à ce qu'ils ont souvent suivi une marche entièrement opposée. Ainsi , dans un grand nombre de circonstances , particulièrement dansles batailles, on a vu une partie de leurs troupes rester^ £aiute d'ordres > dans l'inaction, ne contribuer en rien au succès des. opérations , et contraintes de se retirer avant que d'avoir rendu aucun service ; tandis que si les généraux avaient été autorisés à prendre des ordres de la nécessité, ces troiq»€s se seraient trouvées utilisées de la manière la plus avantageuse.
. : :(8) Page 180.
« Les distributions pour la garde commencèrent aussitôt qu'elle fut arriçée. » Pendant ces distributions, les mal-* heureux qui bivouaquaient autour de Smolensk dévoraient plus de trois cents chevaux en bon état, appartenant.à des équipages militaires qui étaient dans Smolensk lorsque l'armée y arrï va.
U y avait àiSmolensk da vin de Bordeaux destiné à la bouche de Napoléon,; ses domestiques vendirent, à raison de vingt francs la bouteille , ce qu'on n'emporta pas : je le sais pour en avoir acheté , non sans peine , car il y avait foule à l'entrée de la cave où on le vendait.
^1 NOTES DU LIVRÉ Ht.
(g) Page 196*
M Un grand nomb^ de détachement de Koséquts placés sur son flanc gauche né bti laissaient aucun repos. » L'armée de Kutiifiof ne comptait pas moins de yingt-cinq niUe KosAfoes ; si leur audace avait égalé leur ayidité et leur activité , ils se seraient bientôt emparés de ce qui restait d^artiUerie, parce que cette jfftillerîe , i&é pouvant iliarcher réunie , était rarement escortée ; heureusement il suffisait de quelques coups de fusil pour les chasser.
Les Kosaques sont d'une vigilance extrême, mais ils ne font point consîsier leur gloire k h rave r le danger ; ib n^attaquent qu'avec une grande supériorité de forces , et se retirent à TiDslantsi Ton fait bonne contenance; ils craignent beaucoup le feu , et ne s'y exposent jamais voîoiitairement : leur principal but étant de faire du butin , et les bagages de l'armée en contenant de très-précieux ^ ils redoublaient d'activité.
(10] Page 20g.
«f Une partie de Vétat major les sui^nûi à pied* » Un dc^ généraux de la suite de Napoléon lui ayant représenté le danger auquel il s^ exposait persomiellement à cause de la disproportion qui exîsctait entre ses forces et celles de son adversaire : : « J^ai asse^ fait l'empereur ^ répoiidit*-il , il » est tems de faire le. général. »
i^UlTE DES LETTRES DE KAPOLÉOK ET DE BE11THIE& qu€ )*aî cru devoir citer.
Napoléon au major^général.
Troitzkoe, le ao octobre 18 1 a.
Mon cousin V, donnez ordre au dnc de Trévise de faire partir demain à la pointe du jour les hommes fatigués et éclop^s du corps du prince d'Eckmulh et du yice-roi , de la cavalerie à pied et de la jeune garde, et de diriger le tout sur Mojaïsk.
Le 22 ou le 28, à deux heures du matin , il fera mettre le feu au magasin d'eau-de-vie , aux casernes et aux éta^ blissemens publics , hormis la maison des Enfans-Trouyés. Il fera mettre le feu au palais du Kremlin. Il aura soin que les fusils soient tous brisés en morceaux, et qu'il soit placé des poudres sous les tours du Kremlin ; que tous les affûts soient brisés ainsi que les roues des caissons.
Quand ces expéditions seront faites , que le feu sera en plusieurs endroits du Kremlin , le dac de Trévise quit-* tera le Kremlin et s^ portera sur la route de Mojaïsk. A une heure , Tofficier d'artillerie chargé de cette besogne fera sauter le Kremlin , comme Tartillerie en a reçu Tor* dre. Sur la route il brddera toutes les voitures qui se-^ raient restées en arrière , fera ^ autant que possible , enterrer tons les cadavres, briser tous les fusils qu'il pourfa^ rencontrer. Arrivé au palais Gallitzin, il y prendra les Espagnols et les Batarois qui s'y trouvent, fera mettre le Cea aux caissons et à tout ce qui ne pourra pas
être transporté. Il ramassera tous les commandans de poste et reploiera les garnisons. Il arrivera à Mojaïsli: le 25 ou le 26; il recevra là des ordres ultérieurs pour se mettre en communication avec Tannée. Il laissera comme de raison une forte arrière-garde de cavalerie sur la route de Mojaïsk. Il aura soin de rester à Moskou jusqu^à ce qu^il ait vu lui-même le Kremlin sauter. Il aura soin de faire mettre le feu aux deux maisons de l'ancien gouverneur et à celle de Razaùmowski.
Sur ce , etc.
Signé NAPOLÉON.
Napoléon au major-général,
Ki"ïisno-Pachra , le ai octobre 1812.
Mon coui^in /faites connaître au duc de Trévise qu'aussitôt que son opération de Moskou sera finie , c'est-à-dire le 23 à trois heures du matin , il se mettra en marché et arrivera le 24 à Kuhinskoe ; que , de ce point , au lieu de se rendre à Mojaïsk, il ail à se diriger sur Wéréia, où il arrivera le 25. Il servira ainsi d'intermédiaire entre Mojaïsk , où est le duc d'Abrantès , et Borowsk , où sera l'armée. Il sera convenable qu'il envoie des officiers sur Fominskoe , pour nous instruire de sa marche. Il mènera avec lui l'adjudant commandant Bourmont, les Bavarois et les Espagnols qui sont à la maison de Gallitzin , tous les Westphaliens de la première poste et de la deuxième, et tout ce qu'il trouvera de Westphaliens, il les rénnhra et les dirigera sur Mojaïsk. S'ils n'étaient pas en nombre suffisant , il ferait protéger leur passage par de la cavale-
fie. Le duc de.Trévise iiuitniira le'dac d'Âbrantès de tout ce qui sera relatif à F évacuation de Moskou. Il est nécessaire qu'il nous écrive demain aa , non plus par la route de Desna , mais par celle de Szarapoviro et Fominskoe. Le 23 il nous écrira par la routé de Mojaïsk. Son officier quittera la route à Kubinskoe , pour venir sur Fominskoe , le quartier général devant être probablement le 23 V à Borov^rsk ou à Fominskoe. Soit que le duc de Trévise fasse son opération demain 22 ik trois heures du matin ^ soit qu'il la fasse le 23 i la même heure , comme je le lui ai fait dire depuis , il doit prendre ces mêmes dispositions; Par ce moyen le duc de Trévise pourra être considéré comme Tarrière-garde de Tarmée. Je ne saurai$ trop lui recommander de changer sur les voitures de la jeune garde , sur celles de la cavalerie à pied et sur toutes celles ' qu'on trouvera , les hommes qui restent encore aux hôpitaux ; que les Romains donnaient des couronnes civiques à ceux qui sauvaient des citoyens : le duc de Trévise en méritera autant qu'il sauvera de soldats ; qu*il faut qu'il les fasse monter sur ses chevaux et sur ceux de tout son monde ; que c'est ainsi, que l'empereur a fait à Saint- JeaQ- d'Acre; qu'il doit d'autant plus prendre cette mesure , qu'à peine ce convoi aura rejoint l'armée, on trouvera à lui donner les chevaux et les voitures que la consommation aura rendue inutiles ; que l'empereur espère qu'il aura sa satisfaction à témoigner au duc de Trévise pour lui avoir sauvé cinq cents hommes ; qu'il doit, comme de raison , commencer par les officiers , ensuitç par les sous-olGciers, et préférer les Français ; qu'il assemble tous les généraux et officiers sous ses ordres., pour leur faire sentir l'importance de cett^ ipe^ujce, et con»-
bien ils mériteront de Fempereur d^yoir sauvé cîtiq cents komines.
Sur ce, etc*
Signe NAPOLÉON.
Le prince de Neufrhâiet et àe Wagram au duc d-Abruntès*
Ptïmiiiskoe, Te a5 octobre iSia ^ *V cinq heures du matins
Le prince Ponialowski , monsieur le duc , vous aura déjà cxpcflié un officier pour vous faire connaître les intentions de Tempereur^
S- M, a jugé à propos de vous expédier un officier d'état major pour vous porter des ordres positifs de moi.
Birîgfiz .sur A?Véréîa les régîmens et bataillons de marche, soit d'infanterie, soit de cavalerie, que vous auriez réunis à MojaïsL Dirigez également les malles de i'armée et les estafettes qui vous seraient arrivés sur Wéréîa. Dirigez aussi sur cette ville les batteries d'artillerie qui serareut arrivés, appartenant soit à la garde, soit aux dîfféreus corps d'armée. Faites-nous connaître l'état des évacuations de Mojaïsk et de rAbbaye.
Moskou a dû être évacué ce matin 33- Le duc de Trévise, avec douze ou quinze mille hommes, sera demain ou après-demain à Kubinskrn; il n'aura à sa suite que quelques renlalnes de Kosaques : car Farmée ennemie est encore tout entière sur la route de Kaluga* Le quar-rtier général sera aujourd'hui à Borowsk^ où sera aussi aujourd'hui le corps du fice-roi.
Faites hrAJer et briser tous les fusils qui sont à Mo*jàïsk et h FAbbaye, et 1out.es les munitions de guerre que vous ne pourriez emporter. Tenez -vous prtlt ii partir au
premier moment en emmenant avec vous tout ce qui resterait de blessés.
Faites connaître à Ojat l'évacuation de Moskou et le mouvement de Tannée sur Kaluga. Faites~le connaître aussi au commandant de Wiazma ; il faut que le commandant de Gjat envoie à Wiasma tout ce qu'il a à évacuer; Fintention de l'empereur étant qu^ aussitôt que vous en recevrez l'ordre , vous vous portiez sur Wiazma^ en reployant toins les poftes et toutes les estafettes , et en communiquant avec S. M. par Wiazma et lukknow. •
Donnez l'ordre à cet effet à Wiazma pour qu'un des généraux de brigade qui s'y trouvent parte avec quatre à cinq mille hommes d'infsmterie et de cavalerie pour ouvrir la communication avec l'armée par lukhnow. Il sera nécessaire que le général ou commandant établisse à chaque poste de Wiaznaa à lukhnow eent hommes retranchés avec les courriers d'estafettes. La communication avec Smolensk se fera par Wiazma, après iqu' on aura abandonna celle de Mojaîsk*
La ville de Moskou étant toute brûlée , l'empereur a |ugé convenable de l'évacuer après avoir fait sauter le Kremlin , afin d'être mafire de 9(es mouvemens , ce cadavre de ville exigeant quinze à vingt mille hommes pour maintenir la pélice dans ses déeicmibres.
Si Farmée ennemie prétend couvrir Kaluga, l'empereur veut lui livrer bataille.
Tous me renverrez promptement l'officier d'état major que je vous expédie. Nous n^avons pas d'estafettes depuis cdie «arrivée le tg; il nous manque celles des ao, 21 et 22 ; il paraîtrait quMI y a quelque chose sur nos derrières. ^/^e» ALEXANDRE.
Napoléon au major-généraL
Borowsk, le a4 octobre iSia»
Mnn coufiîn , écrivez au Jar de Belbne, en chiffres , puisqu'il ne recevra pas cette lettre avant le 36 , et qu'alors il aura vu le général ISausouly» Faites lui connaître qu'éUnt toujours sans estafettes , je ne sais pas le dernier élal des choses de son rôle; que j'ignore si les (événement Tont force à quelque mouvement , maïs que dans !e cas où il n'en aurait fait aucun ^ el que la division Girard serait eocore disponibJe, ainsi que la brigade de cavalerie légère, je désirerais qu'îl se mît sur-le-champ en marche , avec ces troupes , pour venir A ïelnia, et de là pousser sur la route de Kaluga , pour se rencontrer avec Tarmée, afin de faire notre jonction.
S'il peut se mettre en marche le 26 , il pourrait être le 3o h. cinq marches de Kaluga ; que j'établis ma ligne d'opérations , d* abord par Wlaz-ma , lukbnow et Znamensîcoe, jusqu'à ce que notre jonction soit faîte avec lui ; qu'alors je rétablirai par Smolensk et Iclniaî qu'en parcourant ainsi une quarantaine de Kcues ^ il faut qu'il ait soin d'organiser celte partie de la route en plaçant à chaque poste un commandant d'armes , un dé lâchement de cent hommes el un relai pour estafette ; que ceci ne doit pourtant pas influer en rien sur le parti qu'il aurait à prendre s'il survenait quelque chOvse d'extraordinaire.
Ajoutez au duc de Eellune, en clair, que Tanttée est réunie à Borowslc ; que Moskou a été évacué après avoir fait sauter Je Kremlin , et que Tarmée se dirige sur Kaluga ; que la province de Kaluga est une des plus abon^
NOTES DU LIVRE III. a49
dantes de la Russie, et qa'en effet nous sommes ici dans une grande abondance de tout.
Sur ce j etc.
Signé NAPOLÉON.
Napoléon au major-général.
Borowsk, le a6 octobre 1812.
Mon cousin , expédiez sur-le^-champ un officier au prince Poniatowski , avec ordre de faire filer promptement les bagages sur Moja'ùk , et de là sur Wiaâna, et d'aller prendre arec son corps une bonne position ai trois ou quatre lieues de Wéréia, &aT la route de Wérëîa à legoricwskoi , en tenant son arant-^arde à ce dernier endroit , qui est à rembranchement de la route de Mëdyn h Mojàïsk ; quand il sera tems de partir de ce point pour se rendre à Mojaïsk , je désire qu'il puisse effectuer ce mouvement en un jour. Il comprendra que la position qu'il va prendre a pour objet de couvrir la marche de r armée ; il laissera sous les ordres dii duc de Trévisc tous les régtméns de marche français qu'il aurait.
Ecrivez an duc d'Abrantès pour lui faire connaître que Farmée russe s'était portée sur Malojaroslawetz ; que son avint-garde y arrivait sur une rive , en même tems que notre avant-garde y arrivait sur l'autre ; que la viUe est située sur la rive de l'ennemi , et dans une position trèsélevée , ce qui a donné lieu à un combat qui a duré toute la:)oumée du ^4; que, pendant que notre avant-garde ^tmr* tenait ce combat , toute l'armée russe est arrivée ; que, de notre côté , des troupes du prince d'Ekmulh sont arrivées au secours du vice-roi ; que nous sommes restés
2So NOTES DU LIVRE III.
maîtres du champ de Lalaille , et que Fennemi a perdu sept à huit mille hommes. Notre perle est de deux mille tu^s et Liesses. Le gênerai Bekons a été tué, Nous arons trouvé les cadavres de deux généraux russes: deux cent cinquante à trois cents pnsonnîers sont restés entre nos maîns ; que le 2 5 Farmée a pris position* L'^armée russe était vîs-3-vis , â une Heiie en arrière dcMalojaroslawelz; c|UG nous marcluons le 26 pour l^attaquer, maïs qu'elle était en retraite ; que le prince d'Ekmulh s'est porté â sa suite j maïs que îe froid et la nécessité de nous débarrasser de ce tas de blessés qui sont avec. Tarmée , ont décidé l'empereur à se porter sur ftJojaïsk^ et de là sur ^WiazHia; qu'il est donc nécessaire qu'il écrive sur-lechamp au commandant de Wîazma pour que le détachement qu'on auraii envoyé sur luthnow soit rap-pelé; que Tinfanterie ennemie , depuis la bataille de la Moskwa, est eitr^memenl diminuée; qu'elle ne se conir pose pas de quinze mille viens soldats, mais qu'ails ont recruté leurs Knsaques , et que cette cavalerie peu dan^ gereuse en réalité fatij^e beaucoup. Keconimandezau duc d^Abrantès d'avoir soin qu'il ne parte pas de voitures sans prendre des blessés ou des malades; de se préparer à un mouvement qui , aussitôt qu il sera remplacé, le portera sur Wiazma; prévenez-le que le duc d'Elchingen a pris une route de traverse pour se porter d'ici également sur Wiazma(a}; enfin qu'il fasse tout ce qui lui sera possible, et qu'il écrive au commandant de Wiazma pour que la route soit bien gardée et que Ton puisse facilement com-
(s) Nev rrçilt cDoti i^-tïrdrc ; il iuivil le rrsttî àt^ Taimée , ainsi ilVtja J'iï vu.
NOTES DU LIVRE III. 25i
muniqcier. Ecriyez au dac de Bellune k peu près la méme> chose sur le combat, et en chiffres : que rintientibn de l'empereur est de se porter sur Wîazma ; que le mouvement sur lelnîa , s'îl a été fait , aura été utile , et quMl faut envoyer à notre rencontre , sur Wiazma , le plus de vivres qu'on pourra , et faire venir, d'Ielnia sur Dorogobuj , ce qui aurait été réuni et dirigé sur lelnia*
Sur ce, etc.
*Si^ NAPOLÉON.
Le prince de Neufchàtel et ^ Wagram au général Charpentier,
Wiazma» le i**" ppv^mhrç i8ia.
L'empereur ordonne , monsieur le général , que vous envoyiez un officier de votre état major au maréchal Saint-Cyr et au duc de Bellune pour leur faire connaître que l'armée qui est aujourd'hui , i*' novembre, à Wiazma, sera le 3 à Dorogobuj; que nous attendons avec impatience de leurs nouvelles; que sa majesté suppose que le duc de Bellune aura déjà pris TofTensive , et aura chassé l'ennemi de Polotzk. Vous enverrez également un officier au gouverneur de Mohilow pour lui faire connaître le mouvement de l'armée ; vous ajouterez que ce mouvement de l'armée est volontaire; que c'est un mouvement de manœuvre pour être i Cent lieues plus, rapproché des armées qui forment nos ailes; que, depuis que tkiïns avons quitté les environs de Moscou, nous^ n'avons plus de nouvelles de l'ennemi que p^r quelques^-. Kosaques. Donnez-lui l'ordre , de ma part , de faire diriger le plus de vivres qu'il pourra sur Smolensk,^
Faites connaître aussi les.monvemens de Taiviée et Us motifs au commandant de Witepsk; prescrivez-lai de faire £ad>riqaer beaucoup de pain , parce qu^qne partie de Tannée doit s^approyisionner de cette place. Faites connaître au gâiéral Baraguay-d'Hilliers le mouvemoat de Tannée, etc. Je vous ai déjà fait connaître qpac ce général ne devait pas se comproniettre : renouvelez-lui de ma part cette disposition.
Faites connaître au gouverneur de Minsk que Farmée manœuvre pour se rapprocher de cent lieues plus près de ses ailes, afin de se rapprocher de la PlEilogne et d'un pays ami. Envoyez-moi , pour démain au soir, ou le 3 au matin , à Borogobuj , Fétat de tous les magasins de subsistance, grains, farines , etc., artillerie attelée et non attelée, des munitions de toute espèce qui peuvent se trouver à SmolensL Faites-moi connaître , à fur et, a mesure, toutes les nouvelles directes ou indirectes que vous pourriez avoir ^ur les mouvemens du duc de B^llune, du général Saînt-Cyr et du prince de Schv^^artzenberg.