LIVRE III
sultant alors que son désespoir , Ney ordonne la charge et se précipite sur ces feux ennemis pour se frayer un passage. Quel fut son étonnement de les trouver déserts. L'on n'aperçut que quelques Kosaques qui s'enfuyaient. Ce fut ainsi que l'intrépidité du général français déjoua un stratagème que Platof avait imaginé pour faire croire à la présence d'un corps d'infanterie.
Cependant Ney continuait sa marche sur Orsza, ignorant encore si cette ville n'était point déjà au pouvoir des Russes; le pays était couvert, et les Kosaques n'inquiétaient que son arrière-garde ; il atteignit ainsi la grande route de Witepsk à Orsza le 21 novembre , à minuit, à environ trois lieues de cette dernière ville, et y trouva enfin des vedettes françaises du quatrième corps , et bientôt après il opéra sa jonction avec Eugène, qui avait été envoyé au devant de lui (a).
Ainsi se termina cette retraite mémorable : Ney semblait être arrivé au port; mais des maux , sans cesse renaissans , attendaient ses
(a) Les officiers envoyés pai' Ney à Orsza y étaient arrivés heureusement, et Eugène était parti sur-le-champ pour se porter à la rencontre du troisième corps.
infortunés goeniers , et presqu^aucun d^eux ne devait revoir sa patrie.
J'ai raconté les opérations du troisième corps, depuis son départ de Smolensk , avec plus de détails que ne semblait le comporter leur importance, autant à cause de ce qu'elles offrent d'extraordinaire , qu'entraîné par l'intérêt qu'elles insj^rent.
FIN DV THqiSIfiMfi LIVRE.
NOTES