‹ Histoire de l'expédition des Français à Saint-DomingueChapitre 26 sur 29 · NN PPS DR JE. TS · texte numérisé non relu

NN PPS DR JE. TS

suivante il se rendit maître du Mirebalais et de la personne du marquis d'Espinville , envers lequel il se montra grand et généreux. L'Espagne ayant fait la paix avec la France, Toussaint- Louverture contribua puissamment par ses conseils à faire reconnaître Vautorité du général Lavaux , à la Grande-Rivière , au Grand-Boucan, à Valière, à Sainte-Suzanne et à Sans-Soucy.Tant de succès obtenus dans la plaine de lArtibonite par sa valeur et son habileté, donnèrent à Toussaint-Louverture la faculté d’aller attaquer Saint-Marc. Il ÿempara de la majeure partie de cette ville , mais une troupe de travailleurs qu’il avait menés avec lui ayant mis le feu à quelques maisons , et s'étant répandus cà-et-là pour piller , ainsi que plusieurs soldats, Toussaint-Louverture manqua la ville de Saint-Marc et fut repoussé. Il marcha une seconde fois contre Saint-Marc, qu’il assiégea et qui était protégé par le feu de bâtimens de guerre Auglais. IL sempara du Fort- Belair et établit une batterie au Morne-Diamant. En aidant les travailleurs à monter au Diamant une pièce de seize , il eut cinq doigts écrasés sous la roue de la pièce. Cet accident n’empécha point qu'il ne continuät le siège. Les Anglais ayant forcé ses autres postes, l’attaquèrent au Diamant. Toussaint-Louverture Le bras en écharpe , soutint le choc des Anglais et chargea à la téte de la compagnie de grenadiers du capitaine d’Antron du 6° régiment. Contraint de lever le siège et de battre en retraite, il dut la vie au capitaine d’Antron, qu’il nomma chef de bataillon en présence de son armée. — Peu de temps après, les Anglais comptant sur les renforts qu’ils avaient recus d'Europe , voulurent s'emparer de toute l’Artibonite et des Gonaïves et ouvrir la campagne par la prise des Verettes où commandait le colonel Valeureux. Toussaint- Louverture marcha à l'ennemi à la tête du 4° régiment commandé par Dessalines, du 6° par Clervaux , du 7° par Desrouleaux , du 8° par Christophe-Mornay. Il reprit les Verettes de vive force et remporta une victoire complète sur les Anglais, quiperdirent leurs drapeaux, leurs canons et leurs bagages. On

leur fit beaucoup de prisonniers ; leurs meilleurs régimens et l&

légion Dessource furent détruits. Le colonel Desrouleaux en les prenant par derrière acheva leur défaite. Saint-Marc fut en deuil, l’Artibonite et les Gonaïves s’en réjouirent. Toussaint-Louverture se signala dans cette affaire ainsi que les colonels qui étaient sous ses ordres. IL recut plusieurs contusions et fut frappé d’une balle à la plaque de son baudrier. Le 4° et le 6° rentrèrent aux Gonaïves au milieu des acclamations du peuple , ayant des lauriers au bout de leurs fusils.

, Environ six mois après le combat des Verettes, arrivèrent de France, en l'an 3, les commissaires Santhonax , Giraud, Raymond et Leblanc. Ce fut à cette époque que Toussaint-Louverture fut

nommé général de division.

Le général Lavaux lorsqu'il commandait en chef l’armée de Saint-Domingue, ne parlait qu'avec éloge , dans ses rapports au gouvernement francais, du quartier général de Toussaint-Louverture établi aux Gonaïves. C'était l'asile d’un grand nombre d’émigrés, de propriétaires blancs, de dames francaises et de blanches de Saint-Domingue. Tous étaient secourus , quelques-uns avaient des magasins dans lesquels ils vendaient des marchandises fournies par l'administration et desquelles ils retiraient des bénéfices. C'était à ce quartier général des Gonaïves , que les noiws indépendans du Doco, chez qui la renommée de Toussaint-Louverture était parvenue , envoyèrent des députés au nombre desquels était un de leurs chefs nommé Mademoiselle, pour se soumettre à Jui, et annoncer qu'ils feraient la guerre aux Anglais. Ces députés avaient passé par le Mirebalais , la Petite-Montagne , et le grand Cahos. Toussaint-Louverture leur fit beaucoup d'accueil ; il leur donna des habits , de la poudre et des armes , et les chargea de présens pour leur chef Madame. Comme

il ÿ avait parmi eux des Africains de la nation des Arradas,

Toussaint- Louverture leur parla en cette langue ; ils furent frappés d’étonnement ; ils pleurèrent d’attendrissement et se jetèrent à ses genoux en lui baisant les mains. Toussamt-Louverture,

après l'évacuation des Anglais, nomma Maitemoiselle colonel.

Toussaint-Louverture avait pour maxime , qu'un général ne devait jamais paraître déguisé dans les combats , à la téte de son armée. Aussi portait-il constamment le petit uniforme et le chapeau de général. Au siège de Saint-Marc il alla faire une reconnaissance devant cette ville, en grand uniforme, malgré les boulets et les bombes qui tombaient autour de lui. Le colonel Malenfant se trompe en disant, que Toussaint-Louverture était entré au Port-au-Prince sans épaulettes ; Guibre son secrétaire et d’autres ofliciers qui étaient présens, ont assuré Le contraire, El est vrai qu'il refusa les honneurs qu’on avait voulu lui décerner , mais il connaissait trop bien les convenances pour ne pas paraître

en costume,

Un blanc nommé Frémont , qui était oflicier dans l'état-major de Toussaint-Louverture , ayant passé aux Anglais et ayant pris du service dans les hulans de Dusquesne, fut fait prisonnier à V'Artibonite avec quelques-uns de ces hulans, et reparut avec un air embarrassé devant Toussaint-Louverture, qui lui dit en riant, ah! c'est vous Frémont, vous.le voyez, la fortune ne veut pas que vous soyez séparé de moi. Cet oflicier reprit du service dans la

suite et se conduisit en homme d'honneur.

Le fameux colonel de cavalerie Dessalines , lun des plus beaux militaires qu'on ait vus à Saint-Domingue, ayant eu une jambe

ee

ie

emportée par un boulet de canon et étant sur le point de rendre le dernier soupir, Toussaint-Louverture qui avait la plus grande amitié pour lui, alla le voir et lui dit : mon cher colonel, que puis-je faire pour vous à cette heure? Général, lui répondit-il, jai une mère et deux tantes qui sont aux Etats-Unis d'Amérique, je vous les recommande, Eh ! bien je chérirai en elles le brave militaire et l'ami que je perds. Ce fait a été raconté à Bor-

deaux par madame Morel , tante de ce colonel.

Les habitans des montagnes du Port-de-Paix s'étant insurgés , ayant à leur tête un blanc nomméMagnot et un noir nommé Étienne, Toussaint marcha contre ces insurgés. Îl avait deux partis à prendre : les attaquer et les poursuivre à travers les montagnes sans pouvoir les vaincre en masse, ou exposer sa vie pour les soumettre en se présentant à eux. Il choisit ce dernier parti. Suivi de deux aides-de-camp et de quatre guides , il monta à leur camp , il appela Magnot et les autres chefs de l’insurrection ; il tira son sabre et leur ordonna , en présence de la multitude saisie d’étonnement et de respect, de descendre sous l’escorte de ses guides. Ensuite il fit rentrer les insurgés dans le devoir et leur donna des fêtes. Il agit avec la même présence d'esprit et le même courage envers ceux du Moustic, à la tête desquels se trouvait un blanc

nommé Levasseur.

À la prise du Mirebalais , Toussaint-Louverture poursuivit tout seul dans l’espace d’un quart de lieue, le général Espagnol don Palomar qui courut ventre à terre. Il ramena en retournant au

milieu des siens , deux prisonniers Espagnols.

Après le départ du marquis d'Espinville , qui fut fait prisonnier

au Mirebalais, pour la Havane, Toussaint-Louverture employa

es

moto nineomaintpncatenes

Sé.:2

aient restées aux Gonaïves. Il prit pour aide-de-camp Benjamin-Vander,

ul était dans l’état-major du marquis: Le Prétre ancien secré— q 1 2

toutes les personnes qui étaient attachées à ce général et qui ét

taire de M. d’Espinville, qui fut tour-à-tour précepteur des enfans de Toussaint-Louverture , adjudant de place au Port-au-Prince ;

après l'évacuation des Anglais, puis à Santo-Domingo sous les ordres du général Paul-Louverture.

Page 1