‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 114 sur 457 · OL. CXV, 1] FUITE DE CASSANDRE · texte numérisé non relu

OL. CXV, 1] FUITE DE CASSANDRE

pendant cette grande chasse, Cassandre s'était échappé, était arrivé dans la Ghersonëse, y avait rallié ses amis et avait passé en Asie pour se joindre à Ântigone : bientôt après,' on sut qu'Antigène avait effectivement accueilli le chiliarque et que Ptolémée avait conclu une alliance avec lui ; que Nicanor, le partissm le plus dévoué de Cassandre, avait su s'emparer de Munychie. Le gouverneur général ne pouvait plus douter de ce qui se préparait. Tout dépendait donc de la rapidité avec laquelle on prendrait des mesures pour prévenir un danger si menaçant ou pour y faire face.

Il convoqua donc les chefs de Tarmée et les notables du pays; il délibéra avec eux sur ce qu'il fallait faire. On devait supposer que Cassandre se dirigerait sur la Grèce : c'est là que se trouvaient les garnisons macédoniennes et les commandants nommés soit par son père^ soit par lui-même au nom de son père. Les oligarchies dans les différents États se composaient d'amis et de partisans d'Antipater et se mettraient certainement à la disposition de son fils. L'alliance de celui-ci avec le satrape d'Egypte, déjà trop puissant, avec l'ambitieux stratège Antigone, qui tous deux avaient à leur disposition de fortes sommes d'argent et des ressources considérables pour la guerre, qui étaient les maîtres des pays les plus riches de Tempire, faisait prévoir une lutte qu'on n'espérait pouvoir soutenir que si l'on savait, par des mesures énergiques et radicales, attirer à soi et déchaîner sur eux des forces auxquelles ils ne seraient plus de taille à résister.

On prit des résolutions dans ce sens. Tout était perdu si on laissait Tennemi gagner la Grèce, où Cassandre était déjà maître des points stratégiques les plus importants ; un seul moyen s'offrait, c'était de restaurer la liberté hellénique. Il est vrai qu'ainsi la pierre angulaire de la politique macédonienne, telle que Philippe et Alexandre l'avaient fondée, était abandonnée. Mais c'était aussi le seul moyen qui restât encore de brouiller le jeu de l'ennemi et d'opposer à la puissance des alliés la puissance plus forte encore de l'opinion publique et l'approbation de ceux dans lesquels Tesprit hellénique voyait ses chefs. On convoqua donc les ambassadeurs des États helléniques présents à la cour; on leur remit

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