oL. cxv, IJ antigone a éphèse
de la cité *. Il y trouva dans le port une escadre de quatre vaisseaux, commandée par le Rhodien Eschyle, qui venait de Cilicie et devait conduire en Macédoine le premier envoi du Trésor de Cvinda, s'élevant à la somme de six cents talents. n les saisit, cette fois encore, paraît-il, en vertu de ses pouvoirs de stratège, et se fit livrer Targenl, sous prétextequ'il en avait besoin pour engager des mercenaires. Après s'être assuré du littoral et avoir fermé ainsi les ports à un débarquement éventuel de troupes venant d'Europe, il gagna les villes de l'intérieur et les occupa, les unes de vive force, les autres par capitulation.
C'est alors que le chiliai'que fugitif, Cassandre, après avoir passé THellespont, arriva au camp d'Antigone. Il n'était accompagné que de quelques fidèles et n'avait pour le moment aucune puissance; mais son parti en Grèce, ses relations dans Tannée, les amis qu'il avait en Macédoine même, et surtout les prétentions qu'il élevait sur la dignité de gouverneur général, lui donnaient une importance qui devait être d'un grand poids au premier succès. Il avait déjà négocié avec Ptolémée et Antigone : des traités avaient été ou furent conclus à ce moment entre eux, traités par lesquels on s'engageait à ne pas reconnaître la nomination de Polysperchon au gouvernement général, mais à faire rentrer à tout prix Cassandre en possession de cette charge qui lui appartenait et de la Macédoine, à garantir à Antigone la stratégie de l'Asie avec pleins pouvoirs, à confirmer à Ptolémée la possession de la Syrie et à lui faciliter la conquête de Cypre*. Il était dans la nature des choses que Cas-
*) De quel parti s'agit-il? Quelque temps avant la mort d'Alexandre, rhyparque Philoxénos avait rais une garnison dans la ville, parce que les citoyens avaient refusé de livrer les trois frères Anaxagoras, Codros et Diodoros, coupables d'avoir assassiné le « tyran » Hégésias; il avait emmené les trois individus en question dans la forteresse de Sardes ; mais ils avaient trouvé moyen de s*enfuir et de se réfugier à Athènes. Diodoros seul avait été pris et conduit à Babylone. Après la mort d'Alexandre, Perdiccas avait renvoyé le prisonnier à Éphèse, pour qu'il y fût jugé; mais- les deux autres, apprenant la mort du roi, étaient revenus au pays et avaient sauvé leur frère (Poly^en., VI, 49). Il est probable que Clitos avait aussi mis garnison à Éphèse, malgré l'autonomie [de la cité, et que le parti autonomiste s'est soulevé en faveur d'Antigone.
*) Dans les .extraits d'Hiéronyme que donne Diodore, extraits par trop sommaires, il n'est pas fait mention expresse do traités semblables, et il