KA COALITION DES TROIS POTENTATS [II
sandre exprimât le désir de tenir tête k Polysperchon en Grèce, où il pouvait compter sur les oligarques alors au pouvoir et sur les garnisons macédoniennes. Antigone offrit de mettre à sa disposition des vaisseaux et des troupes; il alla au-devant de ses vœux en lui proposant de marier son fils Démétrios avec Phila, veuve de Cratère. Le deuil de cette femme, veuve du plus noble des Macédoniens, les exhorterait à venger la mort de son époux sur celui qui en avait la responsabilité *.
Certainement Antigone avait intérêt à ce que le gouverneur général fût assez occupé en Europe pour qu'il ne put rien entreprendre contre FAsie : lui-même y avait encore suffisamment à faire. Eumène, dans son ancienne satrapie de Cappadoce, se préparait aune sérieuse résistance ; Arrhidaeos, dansla Petite-Phrygie, n'était nullement abattu encore. En Cilicie se trouvaient les argjTaspides avec le riche Trésor de Cyinda, et, vu leur attachement à la royauté, on ne pouvait guère s'attendre à ce qu'ils abandonnassent la cause de Polysperchon et de la maison royale. Ptolémée occupait la Syrie depuis trop peu de temps pour qu'on pût de là rien tenter de sérieux contre Eumène et la Cilicie.
On voit combien les combinaisons des alliés étaient encore incertaines et dépendaient des circonstances. Ils s'attendaient encore moins aux mesures hardies par lesquelles Polysperchon ruina leurs plans sur la Grèce, à ce décret qui rendait aux villes helléniques leur liberté etleur autonomie. Le rescrit royal est assez remarquable pour que nous le citions à peu près en entier*.
n'est qut\^tion dans Polyhe (V, 67) des conventions relatives à la Syrie qu'à propos de celles qui furent conclues ensuite entre Ptolémée et Séleucos, et qui datent vraisemblablement de 345.
*) DiODOR., XVIII, 54. XIX, 59. C'est à cette époque que dut avoir lieu le mariage de Démétrios avec Phila, la sœur de Cassandre; on en peut juger par Tûge de leur fds Antigone Gonatas, qui est mort en 239 dans sa quatre-vingtième année (Lucian., Macrob, 11).
*) T|V tï To 5taypati|i« ToioOxov (DiODOR., XVIII, 56). Ce document a dû être copié en entier par Diodore, tel qu'il était dans Hiéronyme, et il n'y a pas de doute à avoir sur son authenticité ; une preuve de plus qu'il est authentique, c'est qu'il est publié seulement au nom du roi Philippe. Des faussaires n'auraient pas manqué de nommer les deux rois. Probablement, à l'époque où le dérrpt fut rendu, Roxane s'était déjà enfuie en Épire arec son enfant.