‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 136 sur 457 · LE CAMP ROYAL A PHARYO£ [II · texte numérisé non relu

LE CAMP ROYAL A PHARYO£ [II

roccasion de cette démarche*. En tout cas, Alexandre envoya Phocîon et ses amis à son père, avec des lettres de recommandation où il le priait expressément de ne leur faire aucun mal, car ils avaient montré d'excellentes dispositions à son égard et étaient prêts à le soutenir -en toute occasion •. En même temps, le peuple envoyait en Phocidc une ambassade, avec Agnonide à sa tête. Nous savons de bonne source que Polysperchon aurait désiré occuper le Pirée et Munychie, etque dans ce but il avait eu Tintention de protéger Phocion : mais il changea d'avis par la suite, quand ilput se convaincre que cctto occupation, contraire au décret royal qui venait de paraître, lui ferait perdre la confiance des Hellènes*.

Sur la route d'Élatée aux Thermopyles, à un demi-mille au sud de Thronion, dans une gorge boisée de la montagne de Cnémis, dominée par le pic d'Acrourîon, sur l'emplacement de Tarphé, détruite par les tremblements de terre et les inondations, se trouve le bourg de Pharygae, ainsi nommé à caus(» d'une hauteur voisine, surmontée d'un temple de Hèra*. C'est là que campait l'armée macédonienne qui, sous le commandement du gouverneur général, était entrée en Grèce avec le roi Philippe Arrhidée pour faire exécuter le décret de libération, partout où besoin serait. C'est là que se rendirent les ambassadeurs athéniens et Phocion, avec les co-accusés ses amis, auxquels se joignirent, par amitié pour lui. Selon de Platée et Dinarque de Corinthe, personnages qui croyaient avoir quelque influence sur Polysperchon. Plutarque* nous raconte ce qui se passa dans un récit assez chargé d'anecdotes et de détails caractéristiques, mais qui n'est pas aussi digne

*) Il est vrai que Plutarque dit : «pc^êe^av xotTYjyopViaouffav toO ^coxitovo;.

*) C'est Texpression de Diodore (XVIII, 66) : Suw; {krfih TcâOwirjv o\ iccpt ^cDxicova Taxetvou iceçpovYjxÔTeç xa\ vOv eirayycXXi&twvot irdtvxa ffVfiicpâÇeiv.

^) ouax^^^K'E^oc S' EvavTia icparteiv xw vç* eaum YeYpa((A|Jiévci> âiaYpa{i{i9tTa x- T.>.(Diodor., XVIII, 66).

*) Plut., Phocion, 33. Cf. Strab., IX, p. 426.

^) Ce n'est certainement pas d'Hiéronyme que Plutarque a tiré ces détails sur ce qui se passait dans le camp macédonien, au lieu que ce qu'il dit d'Athènes s'accorde, au moins pour le fond, avec Diodore. Les incidents survenus dans le camp sentent tout à fait chez Plutarque la manière de Douris et son antipathie pour les Macédoniens ; il est possible, du reste, que Plutarque y ait m^lé quelques anecdotes épiprrammatiqups tirées d'Idoménée.

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