Oh. Gxv, 2J débats dans le camp
de foi qu'intéressfiuit. Le roi Philippe y est représenté assis sous un baldaquin d'or; le gouverneur général et ses amis Tentourent ; une foule d'étrangers sont venus assister à ce singulier procès, ainsi que beaucoup de soldats macédoniens qui n'ont pas autre chose à faire dans le camp. Les deux parties s'avancent. Tout d*abord, Polysperchon commando d'arrêter le Corinthien Dinarque, de le mettre à la torture et de l'exécuter* : puis la parole est donnée aux Athéniens. Un vacarme épouvantable se produit; les deux parties font assaut de calonmies; chacun cherche à couvrir la voix de l'autre. Agnonide s'écrie: « Mettez-nous dans une souricière* et envoyez-nous à Athènes, pour que nous puissions, là-bas, parler et répondre ». Le roi rit de tout son cœur : les étrangers et les soldats qui font galerie s'amusent de la querelle et désirent que les débats continuent; ils crient aux ambassadeurs d'exposer leurs griefs. Pendant que Phocion répond à leurs accusations, Polysperchon l'interrompt à plusieurs reprises, s'irrite, et, frappant violemment la terre de son bâton de commandement, lui défend de continuer. Les autres oligarques parlent ensuite, et parmi eux Hégémon. Il dit que Polysperchon luimême pouvait témoigner de la bienveillance qu'il avait toujours montrée pour le peuple : à quoi le gouverneur général répond d'un ton rogue qu'il n'entend pas être calomnié plus longtemps en présence du roi. Le roi se lève alors brusquement, se rue sur Hégémon, la lance à la main, et Taurait transpercé si Polysperchon ne l'avait retenu. Celui-ci fait alors voler les « amis», qui prononcent la culpabilité des accusés; puis il adresse aux ambassadeurs des paroles bienveillantes, disant qu'après s'être convaincu du bien-fondé de leurs plaintes, il voulait que l'affaire fût décidée à Athènes. Il fait mettre aux fers Phocion et ses amis, et les remet à Clitos pour les conduire à Athènes, « soi-disant afin que les Athéniens prononçassent le
*) Naturellement, ce n*estpas le célèbre orateur, qui vécut encore longtemps après ; c'est celui dont Suidas dit que « nommé gouverneur du Péloponnèse par Antipater, il périt après la mort de celui-ci, parce que Polysperchon en voulait à sa vie (£i«6ouXcv<ravToç) ». Dinarque paraît avoir été poursuivi non pas comme Corinthien, mais comme fonctionnaire immédiat de l'empire, et la procédure menée en conséquence.
*) Le mot exact dans Plutarque est « piège à belettes » (yaAÊaypa).