OL. cxv, 3J eurydice et cassandke
exemple, Athènes à se livrer à lui. En même temps survint la victoire de Byzance. Polysperchon était obligé de regagner la Macédoine en toute hâte; pour réparer ses échecs, il devait désirer jeter de nouvelles forces dans la balance. Olympias se décida alors à revenir. Si elle rentrait, si Polysperchon rentrait aussi, Eurydice reconnaissait que c*en était fait du pouvoir qu'elle commençait à peine à 'acquérir. Elle se décida à appeler Cassandre pour la protéger et le nomma gouverneur général au nom de son époux. Quant à Polysperchon, elle lui envoya Tordre de remettre l'armée à Cassandre, que le roi avait nommé pour lui succéder au gouvernement général. Elle envoya le même message à Antigone en Asie*.
Ainsi la grande lutte entre les puissants de l'empire prenait sinon une nouvelle forme, du moins de nouveaux noms. Ce n'était plus la royauté qui était enjeu, et la guerre ne se faisait plus pour ou contre elle : la lutte était maintenant entre Olympias et Eurydice, entre le jeune Alexandre et Arrhidéo, entre la race d'Alexandre et celle de Philippe. On mettait en avant des noms de partis, comme on l'avait fait immédiatement après la mort d'Alexandre, à cette différence près qu'autrefois les factions s'étaient formées pour servir les intérêts de la royauté, tandis qu'aujourd'hui, au contraire, la maison royale suivait l'intérêt des partis, et, tout en cherchant à sauver son autorité, allait se perdre, elle et la royauté.
Ici, dans les renseignements qui nous sont parvenus, se trouve une lacune très sensible. Cassandre, une fois débarrassé de Nicanor, passe en Macédoine*. « Beaucoup de ses compatriotes embrassèrent sa cause; les villes grecques montrèrent même une véritable ardeur pour entrer dans son alliance, car Polysperchon semblait traiter les intérêts de l'empire et des alliés avec négligence et d'une façon déraisonnable, au lieu que Cassandre, en se montrant affable pour
*) Cette lettre disait de Cassandre : in qiœm regni administrationem transtulerU (Justin., XIV, 5, 3).
') éxpaTeuot 8è xai eiç MaxsSov^av xa\ ttoXXoÙ; <f<xx6 tûv lyx^?^^"* àçiTrafjilvou; nphç aÙT6v (DiODOR., XVIlï, 75). C'est là la Ttpoxépx epiSoXr, mentionnée par Diodore (XIX, 35).