oL. cxv, 2) les satrapies obientalks
ceux-ci et de leurs Macédoniens, que des Barbares vaincus, un peuple conquis : leur dépendance était au moins aussi complète qu'aux plus mauvais jours du gouvernement des satrapes perses. Us n'avaient aucune pai*t, aucun droit, dans le règlement de ces grandes questions pour lesquelles les stratèges et les satrapes luttaient les uns contre les autres avec leurs armées, détruisant de leurs propres mains ce que leur grand roi avait fondé, ruinant dans cette lutte et les formes et les forces qui leur auraient permis d'arriver au but de leurs prétentions et de les asseoir sur des bases solides. Il importait peu à ces gens, méprisés et exclus des affaires, que leurs maîtres s'appelassent satrapes, stratèges, rois, gouverneurs généraux ou autre chose. Si la puissance gréco-macédonienne continuait à s'user ainsi dans des luttes sans cesse renaissantes, il faudrait bien qu'un jour cette caste seigneuriale, si fière encore, revînt s'appuyer, en fin de compte, sur ceux mêmes qu'elle méprisait alors comme des vaincus et des Barbares. Pour le moment, les sombres nuages qui passaient bien haut au-dessus de leurs tètes éclataient en tempêtes et en ouragans incessants, mais ces convulsions hâtaient d'autant le morcellement et la transformation de l'empire, que le grand roi n'avait pas entendu fonder exclusivement pour ceux qui se croyaient autorisés à le posséder comme un butin ou à le partager.
Il était dans l'ordre des choses que ce mouvement se prononçât en premier lieu dans les satrapies orientales. Les satrapes de ces régions n'avaient pris pour ainsi dire aucune part aux luttes qui, durant les premières années après la mort d'Alexandre, ébranlèrent tout l'Occident. Puis la nomination de Pithon comme stratège, nomination qui, comme nous pouvons le supposer, n'était pas faite encore au partage de Triparadisos, amena un changement sensible. Certainement, Tambition de Pithon n'était pas satisfaite de ce que, malgré le rôle qu'il avait joué lors de la chute de Perdiccas, ses possessions antérieures n'eussent pas été agrandies dans ce partage. Peut-être la stratégie des satrapies supérieures éfait-elle le prix que lui offrait la coalition contre le nouveau gouverneur général, afin de l'empêcher de prendre parti pour lui et pour
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Ëumène. Dans les provinces supérieures, il pouvait paraître absolument nécessaire de mettre le commandement des forces militaires dans une seule main, afin que les satrapes de ces provinces ne prissent pas prétexte de la cause royale pour se déclarer contre la coalition et ne songeassent pas à acquérir un pouvoir indépendant, comme Cassandre, Ptolémée et Antigone. C'était bien de ce côté que se dirigeaient les pensées de Pithon, et on en avait vu la preuve dans les mesures prises par lui à l'égard des garnisons des colonies orientales qui retournaient au pays* ; maintenant, la puissance royale et le gouvernement général, qui avait à ce moment-là entravé ses projets, allaient déclinant, et il était moins que jamais conforme à son orgueil et son intérêt de prendre parti pour le Gardien et le fantôme de majesté royale qu'il représentait. Comme, en sa qualité de stratège, Pithon disposait du commandement militaire dans les provinces supérieures, il pouvait espérer y jouer le même rôle qu'Antigone dans les provinces inférieures.
Au printemps de 318, au moment où Antigène venait d'expulser les satrapes de Phygie et de Lydie, où Eumène occupait la Cilicie, Pithon envahit subitement la Parthie, fit prisonnier le satrape du pays» Philippe, le livra au supplice et mit à sa place son propre frère, Eudamos*. La nouvelle de cet acte de violence produisit une grande consternation chez les satrapes des provinces supérieures ; ils devinèrent Tintention du stratège; ils savaient qu'il entendait agir comme ceux qui étaient déjà presque victorieux en Occident, et qu'aucun secours ne pouvait leur venir de ce côté pour le moment. Ils se coalisèrent donc pour résister de concert. Ainsi, Eudémos lui-même, qui avait assassiné le vieux roi Porus et mis Ja main sur son royaume, partit en campagne contre Pithon, dans Tautomne de 318. Les coalisés réussii*ent à vaincre le stratège dans une grande bataille rangée. Il abandonna la partie en prenant la fuite, et chercha à se mettre en sûreté dans sa satrapie. Mais bientôt il ne se crut plus en sécurité en Médie ;
*) Voy. ci-dessus, p. 40.
") Diodore (XIX, 14) dit î nOôwv... orpaTtjyoc àï tôv otvw aaTpaic6(fi>v àica<râ>v, Yivei IloipOvaroc» ô« ^iXcitov jùv tov TtpouTcapxovta fffpatYjybv àlcéxteive. J^adopte la correction de Wessçllng : àiradôv Yev6|ievo( *iXi7mov jiiv tov x. t. X.