‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 158 sur 457 · OL. cxv, 2] elmèthe en phémoe · texte numérisé non relu

OL. cxv, 2] elmèthe en phémoe

il courut en toute hâte à Babylone, chez Séleucos, pour lui demander son assistance, lui promettant en cas de succès de partager avec lui. Séleucos s'allia au stratège dans un intérêt commun.

En Orient aussi,' deux partis puissants se trouvaient maintenant en présence : ils avaient cela de commun qu'ils visaient tous les deux à conquérir une indépendance* aussi complète que possible, les uns, avides d'étendre leur domination sur ceux même qui avaient des droits égaux aux leurs, adversaires du pouvoir royal et en rébellion ouverte contre lui, les autres, alliés pour conseorer leurs satrapies, n'étant pas plus attachés que les premiersàla royautéau nom de laquelle ilsavaient été institués^ mais forcés par les circonstances à la défendre et à la représenter. La seule différence à noter entre la lutte qui surgit en Orient et le conflit engagé en Occident, c'est qu'à l'Est, pour le moment, le parti royal a un avantage marqué, tandis qu'à l'Ouest il est près de succomber.

A ce moment, Ëumène n'était plus en Cilicie. Il avait su y gagner le corps des argyraspides à sa cause et fait des enrôlements considérables en puisant dans le trésor de Cyinda. Néanmoins, ses forces n'étaient pas encore assez importantes pour qu'il pût se mesurer avec Antigone. Celui-ci devait avoir l'intention de passer en Europe pour y frapper un coup décisif. Eumène, pour l'en empêcher, avait besoin d'une flotte considérable ; il lui fallait s'ouvrir des communications directes avec la Macédoine et la Grèce, et en tirer assez de troupes pour tenir tête à Antigone, même sur le continent. La conduite de Ptolémée qui, au mépris du gouvernement royal et en vertu de son pouvoir discrétionnaire, avaitusurpé la Syrie, ofl'rait aux représentants de l'autorité royale un motif légitime d'intervention armée. Eumène entra en Phénicie au printemps de 318, à peu près à l'époque où Polysperchon se rendait en Grèce*. Il semble n'y avoir rencontré aucune résistance. Ck>mme Ptolémée tenait la mer avec les vaisseaux des villes, Eumène ordonna d'en construire au plus vite de nouveaux, de

*) Diaprés Appien {Syr, 53), qui peut-être puisait encore directement dans Hiéronyme, Ptolémée possédait aussi la Haute-Syrie, et non pas seulement la Cœlé-Syfie et la Phénicie.

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les équiper et de les tenir prêts à partii*. 11 espérait pouvoir entrer dans les eaux de la Grèce avant le commencement de rhivcr, faire sa jonction avec la flotte macédonienne, et assurer en peu de temps le triomphe de la cause royale*. A la fin de Tété, il avait réuni devant le promontoire de Rossos une flotte importante, composée de vaisseaux phéniciens sur lesquels il avait fait transporter les trésors, et le navarque Sosigèiie n'attendait plus qu^un temps favorable pour partir. Alors on vit paraître une flotte voguant à pleines voiles, couverte de guirlandes, de trophées et des éperons enlevés aux trirèmes capturées : c'était la flotte d'Antigone, qui avait reçiporté tout récemment la victoire en Propontide^ Les équipages des vaisseaux phéniciens, apprenant ce qui s'était passé, tombèrent sur les trésors, les pillèrent, et passèrent sur les vaisseaux ennemis qui les emmenèrent au plus vite avec leur butin'.

Antigone avait renoncé à passer en Europe, juste au moment où la victoire de Byzance semblait lui en avoir ouvert le chemin ; il tenait avant tout à rester maître de la mer. Les mouvements d'Eumène, peut-être aussi Tidée que plus d'une province de TAsie-Mineure n'attendait qu'une occasion pour se révolter, les périls que Plolémée pouvait redouter du côté de la Cœlé-Syrie, lui fournirent un prétexte pour difl'érer. d'envoyer à Cassandreles secours que celui-ci attendait. Sa flotte entra dans les eaux de la Cilicie, ayant soin de se montrer avec son appareil triomphal dans le plus grand nombre possible de ports, pour que les villes dont on se dé liait perdissent toute idée de révolte, et sa seule présence suffit à anéantir les projets maritimes d'Eumène. Antigone en personne, après avoir, paraitil, remis le commandement de TAsie-Mineure au satrape de Carie, Asandros, partit des bords de l'Hellespont, emmenant 20,000 fantassins et 4,000 cavaliers, l'élite de son armée, pour marcher ii la rencontre d'Eumène, le battre et l'écraser avant qu'il n'eût eu le temps d'augmenter ses forces et d'étendre ses conquêtes *. Ceci se passait vers la fin de l'automne 318.

«) DiODOR., XVllI, 63.

-) Voy. ci-dessus, p. 216.

') DiODOR., XVI [1,73.

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