‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 161 sur 457 · OL. cxv, 3] eumène repasse le tigre · texte numérisé non relu

OL. cxv, 3] eumène repasse le tigre

d'être submergée. C'est avec peine^ et non sans avoir perdu des hommes et du matériel, que les troupes gagnèrent les hauteurs des environs. Ils attendirent ainsi jusqu'au lendemain matin; puis le gros de l'armée fut passé sur l'autre rive, sur trois cents canots, sans que la cavalerie e;inemie osât les arrêter. Le plu5 grand danger du moins, celui d'être coupé, était passé. Cependant Eumène ne voulait pas sacrifier les bagages qui se trouvaient encore sur l'autre rive, car cette perte aurait pu mécontenter le corps si riche des argyraspides et changer leurs dispositions. Les habitants du pays se déclarèrent prêts à indiquer une place où l'on pouvait, sans grande dépense de travail, boucher le canal et laisser l'eàu s'écouler. Eumène fit donc retourner les Macédoniens sur la rive opposée, et ce travail s'exécuta rapidement; le pays fut de nouveau libre et praticable; la route de Babylone était ouverte à l'armée. Séleucos pouvait craindre qu'Eumène ne marchât sur la ville pour se venger ; il désirait voir sa satrapie hors de danger^ et l'armée ennemie s'éloigner le plus vite possible. Il fit donc proposer à Eumène un armistice, lui offrant tous les secours possibles pour passer le fleuve. En même temps, il envoyait des courriers à Antigone, qui était en Mésopotamie * avec son armée, pour le prier d'accélérer sa marche, disant que les satrapes des provinces supérieures étaient déjà en route pour se réunir à Eumène, qu'il lui avait été impossible d'arrêter celui-ci dans le pays de Babylone , et qu'il fallait absolument le battre avant qu'il n'eût fait sa jonction avec les satrapes* Cependant Eumène avait passé le fleuve, et, pour faire vivre son armée plus facilement, il marchait sur Suse en trois colonnes. Il avait envoyé aux satrapes des provinces supérieures, qui lui avaient sans doute fait parvenir leur acquiescemen t, l'invitation pressante ' de descendre daqs la Susiane pour se joindre à lui. Ces satrapes étaient encore réunis avec des forces importantes^ Peucestas avait 3,000 hommes d'in-

*) xac pouXijUvoi rîjv tax»<"r4v avxouçèx tti; lô(a; orpatefa; aicoiXXâliai (iDlODOR.^

Page 1