OL, cxv, 3] le commandement en chef 24S
Les forces militaires réunies au nom de la royauté étaient assez importantes ; mais les satrapes, enorgueillis par la victoire qu'ils venaient de remporter et gâtés par Texercice du pouvoir absolu dans leur province, n'étaient pas disposés à reconnaître Eumène comme le stratège nommé par les rois pour leur commander; ils voulaient être ses alliés, non sos subordonnés. A l'arrivée des troupes alliées, une assemblée générale fut immédiatement convoquée pour décider cette question. On discuta avec beaucoup de vivacité, pour savoir qui aurait le commandement en chef. Peucestas pouvait faire valoir qu'il avait commandé jusqu'à ce moment l'armée de la Ligue et qu'il n'y avait aucun motif de changer cet état de choses ; d'ailleurs, cette place lui appartenait, à cause de sa dignité de garde du corps d'Alexandre et du contingent supérieur en nombre qu'il fournissait. Antigène déclara que la décision de cette question revenait à ses Macédoniens, qui avaient soumis l'Asie avec Alexandre, qui pouvaient se glorifier justement d'être le premier corps de toutes les armées de l'empire, et qui, s'ils n'avaient pas pour eux le nombre, étaient l'élite et la seule force macédonienne de toute l'armée réunie. Lorsque d'autres avis eurent été exprimés, comme la surexcitation des esprits atteignait un point dangereux, Eumène exposa un avis raisonnable, disant qu'il fallait veiller surtout à ce que la discorde ne livrât point la victoire à l'ennemi ; il fallait à tout prix s'entendre, sinon c'en était fait de tous : il proposait donc de ne remettre le commandement en chef à personne en particulier, et conseillait, comme cela s'était déjà fait dans l'armée roy^e qui venait de la c6te, que les satrapes et les chefs de l'armée se réunissent tous les jours en conseil dans la tente royale ; on agirait conformément aux résolutions prises par le conseil de guerre*. Sa proposition recueillit l'approbation de tous. Eumène pouvait espérer qu'il aurait en fait le commandement suprême sous cette forme, qu'il dirige-
le corps de cavalerie. — Amphimachos doit avoir opéré sa jonc- Sumène dès Tarrivée de celui-ci, car plus tard, il n*aurait pas pu
dans tout Uon avec Eumène le rejoindre avec des troupes.
*) Diodore ajoute (XIX, 15), et l'expression floit être de lui : ofiv tivo;