‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 164 sur 457 · DERNIÈRE TENTATIVE DES PERDICCANIÈNS [II · texte numérisé non relu

DERNIÈRE TENTATIVE DES PERDICCANIÈNS [II

rait avec son habileté ordinaire les votes du conseil, et que ses talents éprouvés de général lui assureraient la direction des opérations militaires. De plus, en vertu des lettres royales qu'il put exhiber, les trésoriers de Suse lui ouvrirent à lui seul les trésors de cette ville, ce qui le mit en état de payer d'avance aux Macédoniens la solde de six mois et de donner à Eudémos de l'Inde un présent de 200 talents, soi-disant pour l'entretien des 125 éléphants. Tandis que chacun des autres chefs ne disposait que de ses propres troupes, Eumène espérait s'assurer, avec les Macédoniens et les éléphants d'Eudémos, une force qui, au cas où Ton tenterait de revenir sur les résolutions prises, lui donnerait une supériorité marquée.

Pendant que ceci se passait dans le camp des alliés, Antigone, sur l'invitation pressante de Séleucos, avait quitté ses quartiers d'hiver en Mésopotamie, dans l'espoir de pouvoir encore atteindre Eumène avant qu'il n'eût opéré sa jonction avec les satrapes. En apprenant que déjà tous ses ennemis étaient réunis, il avait suspendu sa marche pour reposer son armée, qui pouvait être épuisée en eflet par des marches continuées sans interruption depuis l'Asie-Mineure, et pour enrôler de nouvelles troupes.

Une diversion dangereuse faillit être faite à ce moment contre lui en Asie-Mineure. Les partisans de Perdiccas, Attale, Docimos, Polémon, Philotas, Ahtipater et quelques autres, vaincus en 320 et retenus prisonniers depuis lors dans une forteresse de Phrygie, avaient trouvé l'occasion de rompre leurs fers, de s'emparer de la place et d'y faire venir des troupes. Ils pensaient déjà à sortir, à appeler aux armes leurs anciens partisans et à se frayer un chemin vers la Susiane ; mais ils furent cernés trop rapidement par les garnisons les plus voisines. Cependant Docimos réussit à s'échapper, au cours des négociations qu'il avait engagées avec Stratonîce, épouse d'Antigone; mais il fut bientôt repris. Les autres, retranchés dans la forteresse, se défendaient vaillamment contre le nombre des assiégeants : ils finirent cependant par succomber, après un siège de quatre mois*,

<) DiODOR., XIX, 16.

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