OL. cxv, 4] les deux armées
de Tarentins'. Il avait aussi 28,000 hommes d'infanterie de ligne contre 17,000; mais surtout, il était seul pour commander, et ses troupes étaient habituées à obéir.
De la hauteur où il se trouvait, il vit les dispositions de bataille de l'ennemi. De la concentration d'une masse de cavaliers d'élite sur l'aile droite, il conclut que le fort de l'attaque serait de ce côté. Son plan était de laisser Eumëne frapper dans le vide et de se jeter lui-même sur l'aile gauche de l'ennemi, pour y porter le coup décisif. Il concentra ses meilleurs escadrons de cavalerie sur l'aile droite, son agéma^ 1,000 hétaeres sous les ordres de son fils Démétrios, qui assistait pour la première fois à une bataille, SOO alliés, oOO mercenaires, 1,000 Thraces, ensemble 3,300 cavaliers, et, comme avant-garde, tout à fait en tète, ses « pages », soit 150 chevaux, avec 100 Tarentins sur les flancs. Le centre comptait 28,000 hommes de grosse infanterie, et parmi eux les 8,000 Macédoniens auxquels Antipater avait fait passer THellespont'. Toute la cavalerie légère fut postée à l'aile gauche. Elle avait pour mission de harceler l'ennemi et de battre en retraite dès qu'on l'attaquerait, puis de faire volte-face, d'attaquer de nouveau et d'entretenir ainsi le combat. A la tète de cette aile se trouvaient 1,000 archers et lanciers mèdes et arméniens, qui s'entendaient particulièrement à combattre ainsi en se dérobant; puis les 2,200 Tarentins qu'il avait amenés de la mer', troupes qui
escadrons, c'est à dire 100 chevaux probablement, et 125 éléphants. Si les i8,000 fantassins qui manquent sont des troupes légères, c'est que Ton met 144 hommes par éléphant; si l'on n'en compte que 100 par éléphant, il en reste 5,500 détachés pour protéger le camp, etc. Peucestas avait en ligne, à lui tout seul, 10,000 archers et frondeurs.
') Toi; 0«b 6aAa<x(TYiv <njvava6e6T)x6Ta; Tapavr^vouc (DiODOR., XIX, 29). Ces Tarentins sont une espèce de cavaliers armés à la légère, qui lancent d'abord leurs traits et attaquent ensuite Tennemi, soit avec la pique qu'ils ont gardée sur toute leur provision, ou encore avec le sabre droit (dniOrj). Cf. Arrian., Tact, 3.
«) Outre ces 8,000 Macédoniens, il y avait 8,000 hommes armés à la macédonienne, 3,000 Lyciens et Pamphyliens (sans doute des hypaspistes;, et 9,000 mercenaires (Diooon., XIX, 29).
') Certainement Nicanor, qui avait reçu, lors du partage de 321, la satrapie de Cappadoce, a reparu dans le pays après qu'Eumène fut sorti de Nora. Peut-être est-ce lui qui a recruté des cavaliers en Cappadoce, un pays de chevaux, les a formés à la mode de Tarente et amenés à Antigène.
2Gi LA BATAILLE EN PARJETACÈNE [U, 2
lui élaionl lW»s dévouées elconnaîssaientparfailemenl leur service ; 1 ,000 cavaliers de la Lydie et de la Phrygie ; les 500 hommes de Pithon, satrape de Médie; les 400 piquiers de Lysanias; enfin, ceux qu'on appelait les voltigeurs *, pris parmi les colons établis dans les provinces supérieures. Quant à ses éléphants, Anligone en plaça 30 en crochet devant son aile droite, un petit nombre devant son aile gauche, et le reste devant rinfanterie, au centre; avec eux se trouvaient les pelotons nécessaires de troupes légères*. Il confia à Pithon le commandement de Taile gauche; lui-même, à la tête de son agéma^ se chargea de conduire laile droite. Il descendit dans la plaine, Taile droite ouvrant la marche, avec Tintention évidente de brusquer l'attaque de ce côté. Vu sa grande supériorité numérique, Pithon dépassait de beaucoup Taile droite de Tennemi, et il était d'autant plus facile de harceler et d'occuper cette aile. Il s'agissait de porter le coup décisif avant que le combat d'infanterie ne fût engagé et que les redoutables argyraspides d'Eumène n'eussent fait sentir leur force irrésistible. La description de cette bataille, telle qu'elle nous est parvenue, parait avoir des lacunes sur beaucoup de points: elle omet notamment les mouvements qu'Eumène a dû faire pour retarder l'attaque de l'ennemi sur son aile gauche, qui, du reste, élait couverte par la force imposante de 40 éléphants, par autant de grosses batteries et par Tinfanterie légère que comportait son effectif. Le récit de la bataille dans Dîodore nous montre au début les deux armées poussant en même temps le cri de guerre; les trompettes sonnent, et les masses de cavaliers chargent avec Pithon. Celui-ci, dont le front dépasse de beaucoup l'aile droite d'Eumène et qui veut aussi éviter la ligne des éléphants, se jette sur le flanc des ennemis, les accable d'une grêle de traits et tourne bride dès que la
*) Je ne sais s*il faut lire âvBtiiTcot ou aitçinicot, et ce que pouvait bien être Tune ou Fautre arme : les premiers, si Ton prend le mot à la lettre, étaient peut-être une espèce de icp6dpoti.oi, et les autres des voltigeurs.
') Diodore (XIX, 27) ne fait pas entrer en ligne de compte ces troupes légères, quand il évalue Tarmée entière d'Antigone à « plus de 28,000 fantassins et 8,500 cavaliers» : en additionnant les effectifs qu*il donne aux divers corps de cavalerie, on trouve 10,400 hommes.