OL. cxv, 4] la bataille
grosse cavalerie d'Eumëne fond sur lui, puis revient à la charge avec une nouvelle impétuosité, en lançant de nouveau une grêle de flèches. Alors Eumène fait veniï* en toute hâte de Taile d'Eudémos ce qu'il a de plus léger en fait de cavalerie, et fait en même temps descendre toute sa ligne sur la droite; puis il se jette avec ses escadrons volants et les éléphants sur Taile gauche de Tennemi, qui, ne pouvant résister à cet assaut, se sauve en déroute du côté des montagnes. Pendant ce temps, Eumène a fait avancer aussi son centre, pour engager la lutte des phalanges, malgré son adversaire qui avait espéré l'éviter : bientôt les deux centres sont aux prises ; la mêlée est furieuse ; après un long et sanglant carnage, le poids et la fureur des argyraspides, ces vétérans éprouvés, entraine la victoire. Antigène voit son centre rompu en pleine déroute, son aile gauche complètement dispersée. Son entourage lui conseille de ramener également son aile droite, de rallier et de mettre à l'abri sous la protection des hauteurs ses troupes battues, pour couvrir du moins la retraite. Mais son aile droite est encore en état de lutter et complètement intacte. Au même instant, tandis que les phalanges lancées à sa poursuite s'avancent vers les montagnes, il aperçoit dans les lignes ennemies un grand vide entre le centre et Taile gauche, vide qui s'élargit de plus on plus : c'est là qu'il se jette avec une partie de sa cavalerie, en se portant sur les escadrons les plus proches à sa droite. Surpris, les premiers cèdent; il est impossible de former rapidement un nouveau front contre les assaillants; on n'a pas même le temps de faire venir assez vite les éléphants. Antigène dépêche ses cavaliers les mieux montés vers ses troupes battues, pour leur ordonner de se rallier, de se remettre rapidement en ligne et de se tenir prêts pour une nouvelle attaque, car la victoire est pour ainsi dire décidée.
Eumène , de son côté , dès qu'il voit son aile gauche complètement culbutée et l'ennemi près de déborder sur les derrières de ses phalanges, fait sonner la retraite, afin de sauver l'aile gauche, si la chose est encore possible. Au moment du crépuscule, les deux armées sont de nouveau rangées en bataille et pleines d^ardeur pour la lutte. Mais l'heure avancée empêche de recommencer le combat resté indécis.