LES PARTISANS DE PITHON [II
Médie, el le Mède Hippostratos stratège avec 3,800 hommes de troupes d'infanterie étrangères sous ses ordres. Lui-même, avec son armée, commença par aller à Ecbatane; il prit dans le Trésor qui y était déposé 8,000 talents d'argent en barres, et s'avança jusqu'en Perse à vingt jours de marche plus loin. II le pouvait, attendu que Tarmée enrôlée et gagnée par Pithon eu vue de sa révolte n'existait plus. Comment a-t-elle été dissoute et disffersée, c'est ce que les auteurs ne disent pas. Sans doute, lorsqu'Antigone eut dépassé les frontières de la Médie, quelques compagnons et amis de Pithon, et dans le nombre Méléagre et Ménœtas surtout, essayèrent de rallier les partisans en-ants du supplicié. Il y eut même bon nombre des fidèles d'Eumène qui vinrent les rejoindre. Bientôt ils eurent réuni 800 cavaliers, avec lesquels ils parcouraient la Médie en appelant à la révolte et pillant les contrées qui refusaient de leur obéir. Enmoins de rien, la terreur et la révolte bouleversèrent la satrapie. Hippostratos et Orontobatès marchèrent contre cette bande ; pendant la nuit, leur camp fut surpris par les rebelles, et, bien que ceux-ci ne fussent pas en nombre pour risquer un grand coup, un grand nombre de déserteurs cependant se joignirent à eux, dévastant et pillant, remplissant tout d'effroi et de désordre, mais fuyant toujours devant la force armée. Enfin, le stratège réussit à les acculer dans une vallée étroite entourée de précipices et à les y cerner; après une résistance désespérée, où périrent Méléagre, Ocranèsle Mède et d'autres chefs, ils furent écrasés et faits prisonniers.
Cependant Antigène était arrivé à Persépolis*. Les habitants le reçurent avec les plus grands honneurs; on eût dit que le grand roi faisait son entrée. C'est bien ainsi que l'entendait
(DiODOR., XIX, U2) xai T&v aXXwv daTpauei&v (XIX, 100), sans qu'il soit fait mention de la mort d' Hippostratos.
') Diodore (XIX, 46, 6) fait partir Antigone — après des quartiers d'hiver qui, vu les fatigues antérieures, ont pu durer jusqu'à la fin de mars — pour Persépolis, qu'il atteignit après 21 jours de marche. Les nombreuses et sérieuses affaires qui l'occupèrent dans celte ville font supposer un séjour prolongé : vient ensuite, d'après Diodore (XIX, 48, 6), la marche («ope:») vers Suse, marche qui a certainement été plus longue encore que le Irajol de la Médie à Persépolis ; puis, après un séjour prolongé à Suse, la marche sur Babylune (Diodou., (XIX, 55}, accomplie en 22 jours.
3i6 : OL. cxv, 4] distribution di:s satkapies 289
Anligone ; c'est de cette capitale du vieil empire perse qu'il voulait dater les ordres qui allaient décider du sort des satrapies et de leurs maîtres. Il convoqua Je conseil, et^ d'après ses décisions, pourvut aux nouvelles nominations. Tlépolémos de Carmanie, qui avait combattu pour Eumène, Stasanor, qui lui avait au moins envoyé des troupes, restèrent dans leurs satrapies; le satrape de TArie, Stasandros de Cypre, fut remplacé par Euitos, et, comme celui-ci mourut bientôt après, par Évagoras*. Oxyartès, dans le pays des Paropamisades, conserva également sa satrapie, bien qu'il fut venu au secours d'Eumène. Sibyrtios d'Arachosie, qui, à cause de sa trahison déclarée, avait été accusé par Eumène et qui s'était dérobé au jugement, se rendit à Persépolis sur Tinvitation d'Antigone. Comme récompense, non seulement il recouvra sa satrapie, mais le tiers du corps des argyraspides fut mis à sa disposition, soi-disant pourune expédition militaire. Enfin Peucestas, en raison de sa situation antérieure auprès du roi Alexandre, d'une part, d'autre part en considération des services qu'il avait rendus à la bonne cause au cours de la dernière guerre, semblait mériter une position plus iuQuente que la satrapie de Perse. Le stratège, disait-on, le garderait pour le moment dans son entourage, afin de lui créer une sphère d'action plus digne de lui. Asclépiodore reçut donc la Perse*.
Telles furent les dispositions prises à Persépolis. A vrai dire, Anligone n'avait pas l'intention de les exécuter à la lettre. Changer les situations dans la Bactriane, la Carmanie et le pays du Paropamisos, il le pouvait à la rigueur; mais cela lui eût pris trop de temps et surtout l'aurait plus éloigné des contrées occidentales que sesplans ultérieurs nelepermettaienl. Il n'aurait pu, avec de simples décrets, évincer Oxyartès, Tlépolémos, Stasanor, qui administraient admirablement leurs provinces et qui pouvaient compter sur l'aide de leurs sujets en état de porter les. armes et de leurs voisins'. Il préféra les
*) Diodore (XIX, -48, 2) l'appelle ôîvopa xat àvopsîav xa\ auveaiv 6au(i.aî;6|JLSvov : le nom indique qu'il était de la famille dos princes de Cypre.
*) D'après Diodore (XIX, 48, 5), Antigène le nomma trjç Ilepatâo; dicap- -/ov .
3) Diodore (XIX, 48) rend à Tlépolémos et à Stasanor de Cypre ce tén 19