IFFÂIRKS d'ei3rope [LU
troupes en quartiers d'hiver dans le sud de' la Syrie. C'est ainsi que se termina Tannée 313.
La position respective des puissances en lutte avait pris un caractère définitif, et le problème simplifié ne comportait plus qu'une grande alternative ; on allait savoir qui aurait le dessus en Grèce, qui en Syrie. La nouvelle année, la quatrième de la guerre, devait amener la solution. Tout de suite après le départ de Cassandre, le stratège Ptolémée s'était jeté sur Chalcis, avait chassé la garnison, déclaré la ville libre, et, malgré son importance stratégique, avait décidé qu'elle pc recevrait pas de garnison à l'avenir. Ensuite il attaqua Oropos, s'einpara de la garnison qui l'occupait et rendit la ville aux Béotiens . Après s'être emparé encore d'Érétrie ' et de Carystos en Eubée , il marcha contre le territoire de l'Attique. Là un parti anti-macédonien avait déjà noué secrètement des relations avec Antigone'; à l'approche de Ptolémée, ce parti contraignit le directeur de la ville, Démétrios, à conclure avec lui un armistice et à envoyer Antigone pour traiter d'une alliance formelle. Sans s'arrêter plus longtemps dans la région, le stratège se dirigea vers la Béotie, prit la Cadmée, chassa la garnison de Cassandre et délivra Thèbes. Il remonta ensuite vers la Phocide, chassant toutes les garnisons des acropoles et rendant aux villes leur liberté ; il allajusqu'enLocride, investit étroitement la ville d'Oponte, qui restait fidèle à Cassandre, et l'attaqua de la manière la plus vive.
Pendant que la cause d' Antigone, favorisée par l'appel à la liberté et par le mouvement populaire toujours croissant, f«dsait ces heureux progrès dans la Grèce centrale, les ennemis de la Macédoine avaient également lutté avec succès dans l'Ouest. L'État des Corcyréens, qui pouvait se croire lui-même mis en danger par les empiétements de Cassandre, lequel venait de prendre possession de Leucade, et par ses succès réitérés sur les Épirotes, avait prêté son assistance auxApolloniates et aux Épidamniens en révolte contre Cassandre, chassé la garnison
*) Peut-être est-ce à cette entrée de Ptolémée dans Érétrie que fait allusion Diogène Laërce (II, § 140) et l'inscription du C. l Gr.ec. (I, 2144J.
') DioDOH., XIX, 78. On peut regarder comme certain que Déaaocharès en particulier était de ce parti.
31 2 : OL. cxvi, 4] coâibats en épire 339
des deux villes, proclamé la liberté d'Apollonie, abandonné Épidamne à Glaucias^ prince des Taulantins, dans le but, sans doute, de pousser ce prince à une levée de boucliers, malgré son traité avec Cassandre. En Épire, d'autre part, après la mort du roi iEacide, son frère aîné Alcélas avait été appelé au gouvernement : son père avait exclu du trône et exilé ce prince connu pour son caractère violent et farouche ; maintenant la haine générale contre Cassandre, haine qu*il partageait, le fit accepter d'autant plus volontiers que ses droits au trône étaient hors de contestation, et que Pyrrhos, le fils d'^acide, était encore un enfant. Le stratège d'Arcananie, Lyciscos, le même qui avait géré la stratégie d'Épire, s'avança d'Acarnanie en Lpire, dans Tespérance de renverser aisément le nouveau régime, qui ne devait pas être encore suffisamment consolidé, n se dirigea vers le nord et campa dans les environs de Cassopia. Pendant ce temps, Alcétas avait envoyé ses fils Alexandre et Teucros dans les villes, avec ordre d'appeler sous les armes autant d'hommes que possible; lui-même, avec les troupes qu'il, avait déjà, était allé au-devant de l'ennemi et avait établi son camp en face de lui, attendant Tarrivée de ses fils. Lyciscos avait la supériorité du nombre ; il pressa tellement Alcétas que les Epirotes désespérèrent de vaincre et se rendirent. Alcétas s'enfuit dans la ville épirote d'Euryménaî'. Lyciscos l'y suivit et l'assiégea ; en ce moment, Alexandre, le fils du roi, s'approcha avec une armée considérable, attaqua les Macédoniens et les battit dans un combat sanglant. Mais Lyciscos reçut des renforts, et, dans un deuxième combat, les Epirotes succombèrent. Alexandre et Teucros se réfugièrent avec leur mère dans une place forte ; Euryménae fut prise d'assaut, pillée et rasée.
Cassandre, aussitôt qu'il eut appris le premier combat près d'Euryména;, s'était mis en route pourl'Épire; il trouva la lutte heureusement terminée. Comme il tenait avant tout à la possession d'ApoUonie, et que Glaucias, l'allié des Corcyréens et dos ApoUoniates, pouvait être considéré en même temps
') DiODOR., XIX, 88. Wesseling distingue cette localité de l'Eurymènelie Tliessalie ; od u'a pas d'autres renseignements sur elle.