‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 221 sur 457 · DÉFECTION DE TÉLESPHOROS [III, I · texte numérisé non relu

DÉFECTION DE TÉLESPHOROS [III, I

comme l'adversaire d'Alcétas, dont le neveu Pyrrhos était auprès de lui, il fit la paix avec Alcétas et lui céda TÉpire. Il marcha ensuite contre Apollonie: les citoyens s'étaient préparés à cette attaque et avaient fait venir des troupes de chez leurs alliés; ils attendirent Tennemi, prêts au combat, sous les murailles de leur ville, et, comme ils avaient la supériorité du nombre, ils battirent les Macédoniens. Après avoir subi des pertes considérables, comme, de plus, Thiver approchait*, Cassandre battit en retraite. Les Lcucadiens, encouragés par sa défaite et par sa retraite, se révoltèrent avec l'appui des Corycrécns, chassèrent la garnison macédonienne et proclamèrent la liberté.

Il n'est pas possible de déterminer dans quelle mesure tous ces mouvements contre les Macédoniens ont été secondés par le stratège Ptolémée : sans aucun doute, s'il avait eu les mains libres, il leur aurait donné son appui assez énergiquement pour contraindre les forces macédoniennes à évacuer entièrement la Grèce. Aussi, dans cette attente, Antigone lui avait-il donné de pleins pouvoirs et le commandement général en Grèce ; mais c'est justement cette précaution qui fut un obstacle aux mouvements en avant du stratège. Le navarque Télesphoros, qui stationnait près de Corinthe, crut voir dans cette mission un passe-droit à son égard ; il se démit de ses fonctions de commandant de la flotte et offrit à ses mercenaires le choix de s'en aller où ils voudraient, après avoir quitté le service d'Antigone, ou bien d'entrer à son service à lui. Il avait le dessein de faire la guerre dans le Péloponnèse pour son propre compte et à son propre bénéfice. C'est dans ces sentiments qu'il marcha contre la ville d'Élis, qui était fidèle à la cause d'Antigone, occupa l'acropole, soumit la ville, pilla le sanctuaire d'Olympie, ramassa près de 50 talents d'argent, et se mit à enrôler des mercenaires tant qu'il put. Le Péloponnèse risquait d'être entièrement perdu pour Antigone - Aussi Ptolémée se hâta-t-il de lever le siège d'Oponte et de marcher vers le Péloponnèse : il arriva à Elis, s'empara en peu de temps de l'acropole, rendit aux Éléens la liberté el au

*) XV os -/£il"?i''V <*>pav Oêcopwv (DioDou., XIX, 89, 3).

3J2: OL. cxvr, 4] ptolémée en syrie 341

temple ses trésors ; bientôt après, il vint à bout de forcer Télesphoros à rendre Cyllène, où il tenait encore : cette localité fut aussi remise aux Éléens'.

Pendant ces événements, la lutte en Orient s'était dénouée d'une manière tout à fait inattendue. L'année précédente, après ses succès à Cyrène et à Cypre, Ptolémée s'était contenté d'une diversion rapide contre les côtes de Cilicic et de Syrie, diversion qui avait suffi pour tenir Démélrios en haleine et protéger la frontière d'Egypte. Mais maintenant, au commenment de Tannée 312, la puissance d'Antigone était devenue si prépondérante en Asie-Mineure, si menaçante dans la mer Hellénique et dans l'Hellade, qu'il semblait être grand temps d'entreprendre quelque chose de décisif contre la Syrie, en partant de l'Egypte. C'était surtout Séleucosqui conseillait au satrape d'Egypte une expédition qui pouvait non seulement abattre Démétrios, mais faire reprendre la Syrie et menacer TAsie-Mineure par le sud. Au printemps 312, les grands préparatifs et les enrôlements de Ptolémée étaient terminés. Ptolémée partit d'Alexandrie avec 18,000 hommes d'infanterie et 4,000 cavaliers, tant macédoniens que mercenaires; il avait en outre une multitude d'tgyptiens, qui étaient en partie armés à la macédonienne, en parti':» occupés aux attelages et aux machines de guerre comme soldats du train et valets d'équipages : il passa parPéluse, traversa le désert qui sépare rÉgypte de la Syrie, et vint camper près de Gaza*.

A la nouvelle des armements de Ptolémée, Démétrios avait aussi rappelé ses troupes des quartiers d'hiver et marché avec elles sur Gaza; le jeune général (il avait l'âge d'Alexandre lorsqu'il commença sa grande campagne d'Orient) brûlait

») DiODOR., XIX, 87. De là Tex-voto des Eléens (Pausan., Vï, 16, 3).

») DiODOB., XIX, 80. C'est avec raison que B. Stark (Gaza, p. 252) fait remarquer que cette Gaza est bien la ville qu'Alexandre a prise, détruite comme cité et peuplée à nouveau; que la Nouvelle-Gaza, située à 1/2 mille de Tancienne, n'a été fondée que par Pompée. Si Diodore fait marcher maintenant les Éf^ptiens «çttiv uaXaiàv TâCav, c'est que, contre son habitude, il a ajouté de son propre fonds quelque chose qu'il n'a pas pu trouver dans son guide. Du texte de Diodore, le terme, de IlaXaîyaÇav a passé dans les Phronogiaphes (Porphyr., fr.A, 4ap. C. Muller. Syncell., p. 266. Eusec. Armen,).

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