‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 231 sur 457 · ANÏIGONE EX SYRIE [III · texte numérisé non relu

ANÏIGONE EX SYRIE [III

il le priait d'accepter tout cela comme un témoignage de sa recomiaissance et de son estime. Comme il craignait que Ptolémée ne marchât immédiatement contre lui avec toute son armée, il concentra la sienne dans une position qui était couverte par des marais et des étangs : il envoya des exprès à son père pour lui annoncer sa victoire et le prier d'envoyer le plus vite possible une armée en Syrie; le mieux serait qu'il pût venir lui-même avec toutes ses forces; il était possible maintenant de regagner tout ce qu'on avait perdu en Syrie *.

Antigone était en Phrygie avec son armée: c'est sans doute à cause de la guerre de Syrie qu'il avait renoncé au projet de passer en Europe, comme il y avait songé l'hiver précédent; du moins, à la nouvelle do la bataille de Gaza, il eut pour un instant le dessein de marcher vers la Syrie, afin de montrer au satrape d'Egypte « qu'autre chose était de vaincre des enfants, autre chose de lutter avec des hommes » ; les prières de son fils, qui le supplia, de lui laisser le commandement, lavaient décidé jusqu'alors à rester, il itait à Célaenae quand il reçut la nouvelle de la victoire de son fils: sa joie fut extraordinaire ; « l'enfant est digne d'un royaume » , dit-il aux amis. Il eut bien vite concentré son armée, et, en peu de jours, elle était en marche pour franchir le Taurus; bientôt le père fut dans le camp de son fils et les deux armées réunies en mie seule, ce qui constituait une force extrêmement importante.

Informé-deces événements, Ptolémée convoqua en conseil de guerre les commandants et les amis ; il leur annonça que l'ennemi avait pénétré en Syrie avec 'des forces supérieures; la question était de savoir s'il valait mieux l'attendre et assurer en Syrie même la possession de cette province par une bataille décisive, ou s'il fallait retourner en Egypte et attendre l'ennemi sur le Nil, comme du temps de Perdiccas. L'avis général fut que c'était trop tenter le hasard que de combattre, dans un pays nouvellement conquis, une armée supérieure en nombre, com-

i Cette surprise prend un tout autre aspect dans Pausanias (I, 6, 5) : xaî Tiva; Tûv AlyunTioïv Xoxr,<ja; StéçOetpsv o*j tcoXXo-j;. Malheureusement, Justin passe ce combat sous silence : sans cela, on s'apercevrait peut-être que Pausanias a suivi ici Douris, dont Tantipathie contre les Antigonides éclate partout.

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