‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 233 sur 457 · OL. r.xvii, 4] athénjios sirpois · texte numérisé non relu

OL. r.xvii, 4] athénjios sirpois

AlbénflBOs marcha en toute hâte dans cette direction: parlant de ridumée, il y arriva en trois jours et trois nuits*, au milieu de la nuit, s*empara de cette région rocheuse, fit prisonniers une partie des gens qu'il y trouva, massacra les autres ou les laissa blessés sur le sol^ prit des monceaux d'encens et do myrrhe et près de 300 talents d'argent; peu d'heures après, pour ne pas attendre le retouf des Arabes, il so hâta de revenir et établit son camp à cinq milles plus loin.

Cependant les Nabatéens absents avaient appris cette incursion, et, quittant aussitôt le marché, ils étaient retournés dans leurs montagnes. Ayant appris des blessés ce qui s'était passé, ils s'étaient mis en toute h&te à la poursuite d'Athénaeos ; ils virent bientôt venir à eux quelques-uns des leurs qui, faits prisonniers, s'étaient enfuis du camp ; ils rapportèrent que tous étaient plongés dans un profond sommeil et que,, se croyant en sûreté, ils avaient presque entièrement négligé de garder le camp. A la troisième veille, les Nabatéens, forts d'environ 8,000^hommes, atteignirent le camp, y pénétrèrent sans peine, égorgèrent beaucoup de soldats dans les tentes, réduisirent en peu de temps les autres qui, s'armant à la hâte, avaient essayé de résister; les Arabes massacraient avec l'acharnement do la vengeance, et l'on dit qu'il n'échappa que 50 cavaliers, la plupart blessés. Les Nabatéens rentrèrent chez eux avec leurs biens, ceux des leurs qui avaient été pris et un riche butin. De là ils envoyèrent un message à Antigone, dans lequel ils lui écrivaient qu'ils n'étaient pas responsables de l'événement; qu'attaqués par un corps de troupes, ils avaient été dépouillés de leurs biens ; qu'ils n'avaient fait que reconquérir ce qui était à eux, et que la mort de leurs pères, de leurs frères et de leurs enfants, les avait forcés à remplir le devoir de la vengeance. Antigone leur répondit qu'ils n'avaient fait qu'user de leur droit; qu'Athénaeos avait entrepris son acte do brigandage de son propre mouvement et sans qu'il y eut part lui-même; qu'il désirait voir rétablir et se maintenir la bonne entente qui avait régné entre eux et lui. Il espérait, par

*) Diodore ajoute : « on parcourant 2,200 stades ». Il paraît bien invraisemblable que i'Idumée se soit étendue si loin au nord de P<Hra : le temps, du reste, n'aurait pas suffi pour une marche aussi longrue.

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CCS assurances, rassurer les Arabes de manière à pouvoir les vaincre plus facilement; mais eux, de leur côté, défiants et circonspects comme le sont ces tribus, tout en feignant la confiance, ils ne négligèrent aucune mesure de prudence afin d'être prêts à répondre à une nouvelle attaque*.

Antigone laissa s'écouler im certain temps, jusqu'au moment où il put croire que les Nabatéens étaient tout à fait rassurés; il choisit alors dans son armée 4,000 hommes d'infanterie légère, exercés à une marche rapide, et un peu plus de 4,000 cavaliers ; il leur ordonna de se munir pour plusieurs jours de vivres qu'on pouvait apprêter sans l'aide du feu et confia le commandement de l'expédition à son fils Démétrios, avec la mission de punir les Arabes de toutes les manières possibles. Démétrios traversa le désert trois jours durant, espérant que les Barbares ignoraient son approche; mais les Arabes avaient placé sur les parties élevées du désert des sentinelles qui, dès qu'elles s'aperçurent de l'arrivée des ennemis, informèrent les tribus par des feux. Les Nabatéens, persuadés que l'ennemi allait paraître avec des forces supérieures, se hâtèrent d'aller déposer leurs biens à Pétra, où une certaine place, assise sur un rocher entouré d'obstacles invincibles et accessible d'un seul côté, par une montée artificielle que défendait une garnison suffisante, leur semblait être tout à fait sûre; les autres se dispersèrent de différents côtés dans le désert, avec les hommes, les chevaux et le butin qu'ils avaient pris en dernier lieu et partagé entre eux. Démétrios arriva à Pétra; il tenta aussitôt une attaque contre le rocher, mais les Arabes le défendirent avec une bravoure héroïque : les pentes abruptes ne purent être escaladées, malgré plusieurs tentatives qui se renouvelèrent jusqu'au soir. Lorsque l'attaque fut reprise, le lendemain, les défenseurs du rocher ouvrirent des négociations ; ils ne? demandaient qu'à vivre libres et en sécurité dans le désert, cl étaient prêts à faire à l'ennemi de riches cadeaux, s'il voulait arrêter les hostilités. Là-dessus Démétrios se retira en effet de Pétra, avec quelques-uns des anciens de la tribu, afin de délibérer ; il accepta environ 700 chameaux, qui pouvaient

<) DionoR., XIX, 96.

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