‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 234 sur 457 · OL. cxvii, IJ PAIX avec Les nabatéens ;^S · texte numérisé non relu

OL. cxvii, IJ PAIX avec Les nabatéens ;^S

être considérés comme mie sorte de tribut, et leur accorda la paix*, à condition qu'ils lui céderaient à Tavenir l'exploitation de l'asphalte de la mer Morte, que les Egyptiens ne pouvaient se procurer que par cette voie pour l'embaumement de leurs momies; après cela, il reçut leurs otages, conduisit ses soldats en une seule marche de presque huitmillesjusqu'à la mer Morte, et de là rejoignit le gros de l'armée.

Antigone ne fut pas satisfait de la paix conclue par son fils : selon lui, les Barbares, voyant qu'ils s'en étaient tirés à si bon compte, n'en deviendraient que plus audacieux, et ils regar-deraient comme une faiblesse l'indulgence du vainqueur. Il approuva pourtant sans réserve la stipulation concernant l'exploitation de la mer Morte et remercia son fils d'avoir ainsi procuré à l'empire des ressources nouvelles : il décida aussi qu'Hiéronyme de Cardia dirigerait la récolte de l'asphalte et prendrait les mesures nécessaires pour l'exploitation du lac. L'affaire n'eut cependant pas de suites heureuses ; dès que les premières barques parurent sur le lac pour la pêche de l'asphalte, les Bédouins, forts de près de 6,000 hommes, accoururent et massacrèrent les pêcheurs. Antigone aurait bien voulu châtier cette violation de la paix, mais des affaires nouvelles et plus graves absorbèrent toute son attention. Le véritable but de la campagne contre les Nabatéens était manqué*.

On pouvait être vers la fin de l'année 312 lorsqu arriva de la Haute-Asie un message du stratège Nicanor, annonçant que Séleucos était arrivé à Babylone avec quelques troupes ; que la population de la ville et du pays s'était déclarée pour lui ; qu'il avait chassé sans grand'peine les fonctionnaires et les garnisons laissés dans le pays par Antigone ; que ses progrès étaient rapides; que, même dans les pays de l'Asie supérieure, l'opinion était hostile à Antigone et que sa puissance en Orient était en danger : il ajoutait que lui-même avait déjà réuni une armée, qu'il s'apprêtait à la conduire sur le Tigre, et que, s'il était possible de menacer Séleucos du côté de Touest, il ne doutait pas que Babylone ne pût être reconquise au plus tôt.

^) Il semble que Piuiarque (Demetr, 7) n'assigne pas à cette affaire une issue aussi pacifique : il parle d*un grand butin que Démétrios aurait fait. *) DioDOR., XIX, 100. On renonça aussitôt après à exploiter la mer Morte.

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Le danger était grand en eiïet; depuis quatre ans, Antigone luttait contre les potentats d'Occident sans avoir obtenu de grands succès ; maintenant surgissait sur ses derrières un ennemi actif, qui devait être plus dangereux pour lui que Cassandre, Lysimaque et Ptolémée ensemble, s'il ne réussissait pas à Técraser complètement et à ramener les affaires de rOrient dans leur état normal. Antigone donna l'oindre à son fils Démétrios de partir sans retard pour Babylone avec 5,000 Macédoniens, 10,000 mercenaires et 4,000 cavaliers; de ramener au plus tôt à Tobéissance le pays et la ville, pendant que Nicanor occuperait Séleucos du côté de FOrient ; de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une possession aussi importante; enfin de revenir à la côte dans un délai déterminé. Démétrios se mit aussitôt en route, en partant de Damas.

Cependant, comme il a été dit, Séteucos avait déjà attaqué et complètement battu Nicanor; après avoir donné à Patroclès le commandement dans Babylone, il s'était mis en marche, avec son armée toujours grandissante, vers les provinces supérieures; il avait pris possession de la Susiane, de laMédie et de la Perse; il se préparait à marcher [contre les satrapies encore plus éloignées et à les soumettre. Tout cela ne fit que hâter la marche de Démétrios, et il se croyait d'autant plus sûr d'un rapide succès lorsqu'il franchit l'Euphrate. Quand Patroclès fut informé de son approche, sachant que ces forces n'étaient pas suffisantes pour résister à une telle attaque, il ordonna à tous les partisans de Séleucos de quitter la ville et de se réfugier ou bien au delà de l'Euphrate, dans les déserts de l'Arabie, ou bien de l'autre côté du Tigre, dans laSusiane, ou sur la mer Pereique; lui-même resta avec les troupes donl il disposait, s'établit fortement dans le centre de la satrapie, contrée sillonnée par des fossés, des canaux et des bras des fleuves, espérant par des surprises arrêter l'élan de l'ennemi et attendre du secours de Séleucos, vers lequel il avait aussitôt envoyé des émissaires en Médie. Démétrios, en arrivant, trouva la ville de Babylone abandonnée et les deux citadelles occupées seules par les troupes de Séleucos. Il réussit à prendre d'assaut l'une d'elles, qu'il abandonna à ses troupes pour la

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piller; Taulre résista à ses assauts répétés. Comme le temps pressait, il laissa à Archélaos, Tun des amis, 5,000 hommes d'infanterie et 1,000 cavaliers, pour occuper la citadelle conquise et pour continuer le siège de l'autre : quant à lui, il parcourut le pays avec le restant de ses forces, le pillant et le. dévastant; puis il revint à marches forcées en Syrie*.

Sur les événements qui vont suivre, les renseignements dont nous disposons offrent de grandes lacunes. Diodore seul nous donne quelques détails très insuffisants. Il dit : « L'année suivante (314), Cassandre, Ptolémée et Lysimaque firent la paix avec Antigone; le traité portait que Cassandre serait stratège en Europe jusqu'à la majorité du fils de Roxane; que Lysimaque serait maître de la Thrace; que Ptolémée posséderait rÉgypte avec les villes voisines de la Libye et de l'Arabie ; qu' Antigone régnerait sur toute l'Asie; enfin que les États grecs seraient autonomes* ». Ces quelques mots sont tout ce qui nous a été transmis sur la fin de complications si grandes et si importantes : quant à la manière dont le résultat a été obtenu, dont tel ou tel détail a été réglé à la satisfaction de tous, quant à l'état réciproque de force ou d'épuisement des belligérants à la fin de la lutte, toutes ces questions et d'autres encore restent sans réponse; c'est à peine si par voie d'hypothèse on peut résoudre quelques-unes des difficultés.

On est en peine de savoir d'abord qui avait demandé cette paix et quiTavait accordée. Aussi bien Antigone que les alliés avaient plus perdu que gagné dans cette guerre de quatre

*) Plut., Bemetr, 7. — aÙTo; 8à xoO xp^vou oyvrpéxovxoç, Iv J> ayvTetaYH-^ov v avTÛ TT^v Gt9o8ov icotctvOat . . . xatafioc^tv eicotelxo (DiODOR., XIX, 100,7). C'est le dernier événement de cette année de guerre (01. CXVII, 1) que rapporte Diodore. La marche de Damas à Babylone doit avoir pris au moins deux mois, et le retour autant ; si Ton considère que la bataille de Gaza s*est li\Tée au printemps de 3J2, que l'armée a été ensuite réorganisée en Cilicie et qu*elle s'était avancée en livrant de nouveaux combats de TOronte à Pétra, il n'est pas douteux que Démétrios n'a pu revenir en Syrie que dans le printemps de 31 1 y au plus tôt.

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