OL. cxvii, 1] DISLOCATION DE l'empire
éclatât sur un point pour devenir bientôt aussi générale que celle qui venait de se terminer. Cette paix semblait remettre tout en question.
Mais, en dehors de ces aliments fournis à un mouvement qui allait se poursuivre, cette paix aboutissait néanmoins à un résultat qui semblait avoir un caractère durable. Les belligérants avaient appris à se connaître comme autant de puissances indépendantes ; les différences naturelles des différents pays devinrent visibles par des effets décisifs ; c'était une première ébauche du développement de ces grands empires dans lesquels devait se transformer la conquête d'Alexandre ; ce fractionnement, qui se rattachait encore à des personnalités éminentes, commençait déjà à prendre le caractère de divisions ethnologiques et géographiques, d'après lesquelles leur politique commençait à se régler.
Le premier empire qui se dessine nettement est un empire égyptien, dont la puissance dépend de la possession de la Syrie, de Cypre et de Cyrène, et qui a déjà un centre rayonnant au loin dans cette Alexemdrie devenue si merveilleusement florissante. La Macédoine semble revenir à son rôle naturel de puissance dominante en Europe : elle se détourne de l'Orient, où s^esquissent déjà les contours fort nets d'une monarchie de l'Asie antérieure. Entre les deux, une puissance intermédiaire sur l'Hellespont, dont le centre passera plus tard de la Thrace à Pergame. A côté, les États helléniques sur les deux rivages de l'Archipel, pour la première fois appelés tous ensemble à la liberté ; c'est le malheureux territoire neutre sur lequel se porteront de tous côtés les mouvements les plus violents, le véritable champ de bataille où les différentes puissances se rencontreront et recruteront leurs armées.
Ce n'est qu'en Orient que les masses ethnologiques forment encore un écheveau inextricable : il se passera bien du temps avant qu'il s'y établisse des divisions déterminées et durables ; là il s'agit même encore de savoir à quelle personnalité se rattachera le développement de nouvelles situations historiques.