‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 237 sur 457 · SITUATION DES COALISÉS [III · texte numérisé non relu

SITUATION DES COALISÉS [III

mais une concession importante lui était faite dans ces stipulations : avec la reconnaissance renouvelée du jeune Alexandre en qualité de roi, il avait sauvé le principe de l'unité de Tempire et gardé un droit considérable, celui de s'opposer aux progrès de l'indépendance territoriale, non pas en vertu de sa satrapie de l'Asie, mais en vertu de la cession de Polysperchon, qui avait fait passer entre ses mains les droits du gouverneur général de l'empire; et ces droits lui restaient, même sans une stipulation formelle du traité de paix (nous n'en connaissons pas de cette nature), aussi longtemps que le principe de l'unité de l'empire subsistait par la reconnaissance du droit de l'enfant royal.

Les trois chefs qui avaient conclu la paix avec lui n'en étaient pas moins dans une situation que nous appellerons paradoxale, si l'on nous passe cette expression. Ils avaient lutté de toutes leurs forces pour se défendre contre le principe dont Antigone se prévalait et contre les droits qu'il s'arrogeait d'après lui, mais ils n'avaient pu briser sa puissance ; par cette paix, qui avait été à l'origine, semble-t-il, une paix séparée de Ptolémée avec l'ennemi commun, ils avaient aliéné le meilleur de leur force, la garantie mutuelle qui résultait de leur coalition, en abandonnant Séleucos à sa destinée. De plus, Ptolémée, en sacrifiant la côte de Syrie, avait perdu la plus grande partie de sa puissance maritime; Cassandre, en accordant la liberté des États helléniques, avait perdu une possession qui n'était pas sans dangers, sans doute, mais pour trouver à la place un voisinage encore plus dangereux ; et Lysimaque n'avait pas pu prendre paisiblement possession des districts du Nord, à qui la guerre commençante avait donné le signal de la défection. Tous les trois, alors qu'ils avaient pu se croire tout près de s'assurer la complète indépendance de leurs possessions, étaient forcés de reconnaître à nouveau la royauté, et Antigone, puissant comme il l'était, trouverait dans le devoir de faire pleinement respecter l'autorité royale un excellent prétexte pour susciter de nouvelles luttes. Il était évident que cette paix renfermait les germes de nouvelles guerres. Bien plus, la paix elle-même avait été faite, au moins d'un côté, en vue d'une guerre nouvelle : il suffisait qu'elle

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