‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 242 sur 457 · CASSÂNDRE ET SES ALLIÉS . [III · texte numérisé non relu

CASSÂNDRE ET SES ALLIÉS . [III

dre tomba sous le poignard avec sa mère, la belle Roxane'. Nous ne savons rien sur la manière dont ce crime fut accueilli par les Macédoniens. Si la nouvelle certaine s'en était répandue tout de suite, elle aurait peut-être produit une explosion; mais Tévénement fut tenu secret d'abord, il fut connu peu à peu, puis mis en doute; quand on le crut, il n'excita qu'une stérile commisération. Comment les autres chefs accueillirent-ils le fait? 11 est douteux qu'ils l'aient approuvé, plus douteux encore que Gassandre ait donné cet ordre avec leur approbation ou conformément à une clause secrète du traité de paix. Sans doute, le meurti*e étaitdans l'intérêt de Ptolémée, de Séleucos et de Lysimaque ; après la mort du dernier héritier légitime d'Alexandre, Antigone n*avait pas plus de droit à posséder l'empire entier que chacun des coalisés n'en avait conti*e lui et pour sa part personnelle. Sous quel prétexte aurait-il pu maintenant réclamer l'obéissance qu'il n'avait pas été assez fort jusqu'ici pour leur imposer? Mais comment Antigone avait-il pu laisser cette jeune existence, dont la conservation avait tant d'intérêt pour lui, entre les mains d'un homme qu'il devait connaître assez pour le croire capable de tout? Peut-être espérait-il, en lui laissant ce gage, y trouver un moyen de plus de le tenir en bride et de le mener. Du moment que le royal enfant était, par les solennelles stipulations du traité, confirmé, pour ainsi dire, à nouveau dans ses droits souverains, il devait se former autour de lui un parti qui, tourné au fond contre Gassandre, devait assurer au vicaire de l'empire, sur lequel il ne pouvait manquer de s'appuyer, une influence croissante ; il y a eu certainement une entente de celte nature entre les intérêts dAnligone et les menées d'hommes considérables en faveur du jeune prince, menées qui ne servirent qu'à hâter sa mort. Ge meurtre faisait crouler les principales bases de la paix de 311 : le vicaire de l'empire aurait été en droit maintenant non seulement

') C'est ainsi que le fait est raconté par Diodore {XIX, 105) cl Justin (XV, 3). Suivant Pausanias (XI, 7, 2), on a eu recours au poison. Il n'est plus possible de déterminer la date de ce meurtre, à moins qu'on ne veuille conclure de lère clialdéenne mentionnée ci-dessus qu'il s'est accompli avant l'aulomnedeSll.

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