‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 243 sur 457 · OL. CXVII, 2] ANTIfiONE CONTRE SÉLEFCOS · texte numérisé non relu

OL. CXVII, 2] ANTIfiONE CONTRE SÉLEFCOS

de demander des comptes à celui à qui Tenfant royal était confié, mais encore d'inviter ceux avec qui il avait traité de la paix à s'unir à lui pour une action commune contre le coupable.

On ne nous parle fas de démarches de ce genre, de négociations diplomatiques à l'occasion de ce meurtre, ni de la part d'Antigone, ni de celle des autres chefs. Antigone était-il peut-être satisfait, lui aussi, de ce qui s'était passé? S'il ne Tétait pas ni ne pouvait Têtre, pourquoi ne prit-il pas l'initiative de démarches communes ? Pourquoi ne tira-t-il pas parti de ce crime pour procéder contre le criminel ? Pourquoi ne se mitil pas aussitôt en marche pour la Macédoine, où il pouvait espérer trouver en ce moment un parti plus considérable que jamais? L'a-t-il fait peut-être, et ne Tignorons-nous que parce qu'aucun renseignement ne nous est parvenu à ce sujet?

Cette dernière hypothèse paraît la moins probable. Si l'on considère la situation dans laquelle Antigone se trouvait depuis la paix vis-à-vis de Séleucos, on est amené à une autre conjecture. L'auteur qui est notre principale source pour cette époque ne fait pas la moindre mention de la manière dont cette situation a pris fin ; et néanmoins Diodore, lorsqu'il parle de nouveau de Séleucos*, nous le montre comme le maître de Babylone et des provinces supérieures : aucun autre auteur ne nous parle non plus d'une guerre au sujet de Babylone, et cependant, depuis l'hiver de 312/1, le pays était reconquis par Démétrios et gardé par une garnison considérable^ et Antigone lui-même, comme nous avons dû le supposer, conclut la paix dans l'intention de faire la guerre à Séleucos, qui s'était emparé des provinces supérieures. Cette guerre semble avoir été faîte pendant l'année 311 et une partie de Tannée suivante : elle doit avoir empêché Antigone de prendre une part plus immédiate aux affaires de l'Occident. Séleucos^ à la nouvelle de la prise de Babylone, revint sans doute des satrapies supérieures : les Babyloniens détestaient le régime d'An-

*) DiODOR., XX, 106. Ce qui manque ici aurait dû se trouver, suivant le système adopté par Diodore, à XIX, 105 ; c'est pour raconter les événements de Sicile que Diodore résume aussi superficiellement Tannée 311 dans cet unique chapitre.

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iigone, dont le fils avait si crucUemeat maltraité [leur pays ; ils ont dû se rallier aussitôt à leur ancien maître. Pendant qu'on faisait la paix pour TOccident, Babylone a dû être l'objet d'une guerre, à laquelle seule peuvent se rapporter quelques indications qui, autrement, n'auraient aucune signification. Arrien dit : « Les gens envoyés par le Lagide Ptolémée à Séleucos Nicator à Babylone, après avoir franchi un isthme dans l'espace de huit jours, traversèrent en toute hâte sur des chameaux un pays désert et sans eau ; ils ne voyageaient que de nuit, avec des chameaux portant de l'eau* ». Ptoléméo avait, il est vrai, dans le traité de paix, abandonné la cause de Séleucos, qu'il croyait perdu ; mais, le voyant revenir avec des forces considérables, il est très naturel qu'il lui ait envoyé des secours, car il voyait comme lui dans Antigone son adversaire le plus dangereux. Antigone lui-même semble être parti alors en campagne contre Séleucos. « Séleucos^ raconte Polyœnos, rangea son armée en bataille devant Antigone, et l'action s'engagea ; le soir survint avant qu'elle fût décidée ; il semblait qu'elle dût s'engager de nouveau le lendemain. Antigone fil camper son armée pour lui donner quelque repos après les fatigues de la journée, mais Séleucos ordonna aux siens de garder leur ordre de bataille et de se reposer sans quitter leurs armes : le lendemain matin, il était prêt à combattre ; il surprit l'ennemi au moment où il s'apprêtait à entrer en ligne, et remporta facilement la victoire' ». Si étrange que soit ce stratagème, il montre néanmoins qu'il y eut une bataille et que Séleucos fut vainqueur'. On dut signer là-dessus un traité de paix qui abandonna à Séleucos Babylone et les provinces de la Haute- Asie; cet arrangement ne peut être intervenu, au plus tôt, qu'en 310.

Si, dans un traité formel, Antigone abandonna tout l'Orient, il ne le fit certainement pas sans une nécessité pressante :

*) Arrian., Ind. 43, 4é

*) POLY^., lY, 9, i.

') Appien (B. Syr, 57) cite les villes qu*a fondées Séleucos : xa\ iià taî; avToO vîxaiç i<jx\ N t x r, ç 6 p 1 6 v te èv t^ MsaoïroTxtu'a xa\ N t x 6 ic o X t ç êv *Aplieviot TT, ày^oTfltTw (lâXiora KanTca^oxia;. Si cette (lerniAre localité marque, comme c'est probable, Tendroit où il a vaincu Démèlrios en 302, Nicéphorion sur l'Euphrate pourrait bien désifrner le lieu où il a battu Antigone.

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