OL. cxiv^ 2] le maziiifeste athénien
divins. On bannit et Callimédon surnommé le « crabe », et le jeune Pythéas. Arislote lui-même, qui enseignait au Lycée, dut expier le crime d'avoir été Tami du grand roi. A Tinstigalion de Thiérophante Eurymédon, il fut accusé par Démophilos, fils de rhistorien Éphore, d'avoir divinisé Tcunuquc Hermias, qui avait été d*abord esclave, puis tyran. Arislote fut naturellement condamné et mourut bientôt après à Chalcis en Eubée, où il s'était réfugié.
Léosthëne était déjà en pleine activité. En nouant des rapports avec les Éloliens, il s'était ménagé la possibilité de pénétrer rapidement dans le nord de la Grèce, d'occuper les Thermopyles, par exemple, sans être forcé de se frayer par les armes un chemiu à travers la Béotie et de passer devant la Cadmée. Il fit voile avec ses mercenaires vers l'Etolie, et, avec les 7,000 hommes de renfort qu'il y trouva, il se dirigea vers les Thermopyles. Cependant la déclaration de guerre avait été votée à Athènes. « Le peuple d'Athènes, disait le décret, voulait défendre la liberté commune des Hellènes, délivrer les villes de leurs garnisons. A cette fin. Ton armerait une flotte de quarante quadrirèmes etde deux cents trirèmes: touslesAthéniens, jusqu'à Tâge de quarante ans, prendraient les armes; les milices de trois tribus garderaient le pays; les sept autres se tiendraient prêtes à partir pour la guerre : en outre, des ambassadeurs seraient envoyés aux différents États de l'Hellade pour leur annoncer que le peuple d'Athènes, qui autrefois déjà, regardant THellade comme la patrie une et commune de tous les Hellènes, avait repoussé en combattant sur mer le joug des Barbares, aujourd'hui encore, pour le salut commun de THellade, croyait devoir combattre sur terre et sur mer, avec son or et son sang*.
Ce manifeste belliqueux dut faire sur les Hellènes une impression extraordinaire. Les gens raisonnables ^pensaient bien qu'Athènes entreprenait une chose glorieuse, mais oubliait l'utile; qu'elle parlait en guerre avant l'heure; qu'à vouloir
*) Diodore (XVIII, 10) cite ce décret, en conservant assez bien la langue ofOcielie.
*) o( {ùv oDvcaei dia^épovTs; (D:ODOH., /6<(/.).
46 l'armée athénienne fl, 2
risquer la lulle contre les troupes invincibles de la Macédoine, elle s'exposait au sort de Thèbes. Mais cette attitude hardie d'Athènes était précisément de nature à réveiller même chez les indécis le vieil amour de la liberté, et à faire éclater la haine de l'étranger. La Macédoine était dégarnie de troupes pour rinstant, et la situation de l'empire était telle, que tout pouvait être bouleversé au moindre choc venant de l'extérieur. C'était maintenant ou jamais qu'Athènes pouvait espérer remporter la victoire. Qu'un coup décisif réussît avant que Cratère eût passé THellespont avec ses vétérans, et tout semblait gagné.
Pendant que Léosthène marchait de l'Etolie pour aller occuper les Thermopyles, les ambassadeurs athéniens couraient de tous côtés pour inviter les Hellènes à une alliance contre les Macédoniens. L'accueil qu'on leur fit dépendait de la haine qu'on éprouvait pour les Macédoniens, et surtout des inimitiés entre voisins, dont Tardeur venait de se rallumer. Les Locriens et les Phocidiens* s'armèrent pour s'unir à Léosthène; les Béotiens n'en tinrent que plus fortement pour la Macédoine. Douze ans auparavant, ils avaient voté et exécuté la destruction de Thèbes et s'étaient partagé son territoire : ils pouvaient prévoir que, si les confédérés avaient la victoire, Thèbes serait restaurée et se vengerait sur eux de ce qu'elle avait soufTerl *.'La Macédoine était leur seul appui.
Déjà Léosthène avait atteint les Thermopyles avec son armée. L'armée athénienne, composée de 5,000 citoyens pesamment armés, 300 cavaliers et2,000mercenaires, s'avança par la route de Béotie pour rejoindre Léosthène. Afin d'empêcher la jonction, les Béotiens, réunis aux Macédoniens de la ('admée et des villes d'Euhée^ avaient établi un camp devant
*) Un rnigmeiiL d'inscription (C. 1. Attic, 11, n® 182} permet encore dr constater que, le 18 Pyanepsion de Tarchontat de Céphisodoros, c'est-à-dire vers le 27 octobn\ on délibéra au sujet d'une ambassade envoyée aux Phocidiens; mais les débris de l'inscription ne peuvent plus nous apprendre si c'est alors seulement qu'on s'occupa de conclure une alliance.
*) DiODOR., XVIII, 11. Pausax., I, 25, 4. Alexandre avait fait fortifier Platée « par reconnaissance envers la cité, pour la part qu'elle avait prise i\ la guerre des Athéniens contre les Perses » (Hlit*, AHstid, il).
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