‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 31 sur 457 · OL. cxiv, 2J la guerhe aux thermopyles · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2J la guerhe aux thermopyles

Ses ambassadeurs coururent à Athènes et dans les villes du Péloponnèse ; mais ils durent bientôt se convaincre, à Athènes eu particulier, que la rupture était certaine et imminente.

Antipater réunit en toute hâte ce qu'il avait de soldats pour garantir la Macédoine contre des incursions venant des Épirotes, des Illyriens et des Thraces ; il y laissa Sippas à la tête de quelques troupes, avec ordre de les renforcer en faisant le plus d'enrôlements possible. Lui-même partit avec sa petite armée (13,000 fantassins et 600 cavaliers) vers le sud, après avoir donné ordre à la flotte de suivre Texpédition en longeant la côte. Grâce à la promptitude de ces mesures, il put être en Thessalie avant qu'un soulèvement général n'éclatât*. Les quatre provinces thessaliennes lui fournirent leur contingent de cavalerie. En fait de cavalerie du moins, il était supérieur à l'ennemi.

Le détail des opérations militaires qui suivent ne se voit pas nettement dans les auteurs. Si l'armée des Hellènes se tenait aux Thermopyles et se contentait de les défendre, Antipater, avec son infanterie plus faible de moitié, était hors d'état de forcer le passage. Déterminé à attendre l'arrivée des renforts sur lesquels il pouvait compter, et nourrissant, d'autre part, Tespoir fondé qu'à la longue les confédérés ne resteraient pas unis et serrés les uns contre les autres', il se contenta de franchir le Sperchios et d'occuper Iléraclée, où se séparent les routes qui montent vers la Doride et vers les Thermopyles.

Cette lenteur, le nombre évidemment restreint des troupes dont disposait Antipater, enfin le désir d'encourager la bonne volonté des Hellènes par une victoire et de rallier plus d'adhérents à la Ligue, toutes ces raisons pouvaient bien décider Léosthène à franchir les défilés et à provoquer l'ennemi au combat par une série d'escarmouches'. Enfin, il réussit à

savoir s'il s'agissait de la fille aînée d' Antipater, la veuve du Lynceste Alexandre, ou d'une des plus jeunes.

*) C'est ici, ce semble, qu'il faut placer le stratagème raconté par Polyœnos (ÏV, 5, 3).

*) Phocion disait de l'armée des coalisés, qu'elle était xaXwç tcpb; tô oTsiôiov, xb Ôè Ô^Xr/ov toO iiû>i|iou çoêoupLai (Plut., Phocioîi, 23) : d'après les Vies des dix (h'iUeurs (p. 8'iCj, le propos était de Démoslhcne.

^) De là l'expression de Plularque {Phocion, 23) : icciXiv àlXwv àir' «XXot;

50 COMBAT d'héraclée [1, 2

amener Tennemi [sur le] terrain. Avec ses forces supérieures, le succès ne pouvait être douteux, d'autant plus que les cavaliers thessaliens passèrent à l'ennemi ; on ignore si c'est avant ou pendant la bataille. Antipater repoussé se retira dans son camp, et, comme les cavaliers thessaliens barraient le passage du Sperchios, il garda ses troupes sous les tu'mes, j usqu'au moment où ceux-ci se dirigèrent sur Lamia pour s'y loger plus commodément chez les particuliers. Aussitôt qu'il vit le passage libre, il franchit le fleuve, courut à Lamia^ surprit la ville et s'y établit solidement^

Ce combat, qui dut se livrer au milieu de l'été, fut regardé et à juste titre par les Hellènes comme un grand succès ; il enflamma partout l'enthousiasme des patriotes. Seules, les villes qui se sentaient menacées par leur haine ou leur arrogance restèrent fidèles aux Macédoniens. La Thessalie tout entière entra dans le mouvement : la Macédoine n'avait plus pour elle que la Thèbes de Phthiotide, Pélinnaeon, que le roi Philippe avait grandie aux dépens des] villes voisines, et Héraclée au pied de l'Œta, qui avait à craindre une recrudescence de haine chez les Œtéens et les Maliens*. Les^Enianes, lesDolopes, les Acamaniens d'Alyzia abandonnèrent le parti macédonien : les autres Acarnaniens lui restèrent fidèles, par haine contre les Étoliens qui leur avaient arraché Œniadae. Quoique l'Ëubée fût tenue en bride par une forte garnison macédonienne, les Carystiens passèrent aux Hellènes. La forte garnison de la Cadmée empêcha les Thébains de revenir et de reconstruire leur ville, et, parmi les villes de laBéotie, aucune n'embrassa la cause de la liberté, qui signifiait pour elles le

t^ayytkiuiy Ypo^oiiévoav xa\ çepoiiêvcov ànb orpaionéSou; sur quoi PhocioD aurait dit : «6x5 éCpa iiaua6|ie6a vixôvteç ; Tout cela, sans doute, ne prouve pas d'une façon péremptoire que les faits se soient passés comme il est dit ci-dessus ; mais Justin (XIII, 5, 8) écrit : detrectantem pugnam et Heradead urbis tuentem se cingunt. Il confond, il est vrai, le combat et le siège (de Lamia), mais on est pourtant en droit d'en conclure que l'engagement a eu lieu à Héraclée, d'autant plus que Pausanias (1, 1, 3) dit de Léosthène :Maxe66vac Iv te BoiuTotc IxpàTTjae (iax^> ^^'^ a.\i^iç ï^ia Ôep(i07cuXâ>v xa\ P(a<rà(uvoc U Aa(J.iav xatixXciaev x. t. X.

*) POLYXN., IV, 4, 2.

*) Diodore (XVIII, 11) donne la liste des confédérés helléniques, et Ton y^trouve MaXielc nX^^v MaXiécdv (corr. Aaiiiicov),

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