‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 319 sur 457 · OL. cxix, 2] débiétrios â âthènes · texte numérisé non relu

OL. cxix, 2] débiétrios â âthènes

excès de la volupté avec sa joueuse de flûte Lamia, avec Lésena et d'autres filles de joie et avec l'armée de flatteurs qui l'entourait: les Athéniens consacrèrent un temple à Lamia Aphrodite, et aux favoris du roi des autels, des libations et des sacrifices comme ceux qu'on off're aux héros *. Il fut luimême saisi de dégoût ; ces hommes dont il eût été fier autrefois de mériter l'approbation par les plus nobles efforts, il les voyait tombés dans un profond avilissement, et il s'amusa à les humilier. « Démétrios, dit le rude Démocharès, vit avec mécontentement ce qu'on faisait pour lui ; il trouva cette conduite basse et honteuse ; on allait beaucoup plus loin qu'il le désirait ; stupéfait de tout ce qu'il voyait, il disait : il n'y a plus un seul Athénien qui ait de la grandeur d'âme et un esprit généreux». Il exigea que la ville lui fournît 250 talents ; lorsqu'on les lui eut apportés, il les donna, en présence des délégués, àLamia, en disant : « achète toi du fard avec cela* ». Cette femme, qui n'était plus jeune, mais qui était spirituelle et aimable, savait sinon se l'attacher exclusivement, du moins se rendre toujours attrayante et nécessaire ; elle extorqua et dépensa follement, de son chef, des sommes énormes: n'étant pas jalouse, elle était une amie d'autant plus commode pour le roi '. Les épouses

*) Plut., Demetr, 27. Demochar., loc, cit, Clem. Alex., Protrept. c. 4, § 54.

') Plut.. Demetr, 27. D'autres disent, ajoutent Plutarque, que ceci se passa en Thessalie.

3) Plutarque, Athénée et Alciphron sont amplement pourvus d'anecdotes sur cette Lamia. Elle était Athénienne de naissance (Athen,, XIII, p. 577). Un jour que Démétrios demandait à une autre courtisane Démo : « Comment trouves-tu Lamia? » celle-ci répondit : « Elle me fait Teffet d'une vieille femme ». Comme Lamia lui envoyait une fois de la pâtisserie pour le dessert et qu'il disait à Démo : « Vois donc quelles jolies choses m'envoie ma bonne Lamia! » l'autre répliqua : « Ma mère t'en enverrait de plus belles encore, si tu voulais coucher avec elle ! » Des envoyés de Démétrios allèrent un jour chez Lysimaque, et, comme ils parlaient du temps passé, le roi leur montra sur ses bras et ses jambes des cicatrices qu'il portait depuis le jour où il avait été enfermé avec un lion par ordre d'Alexandre. Les envoyés lui répondirent : « Noire roi aussi porte les marques d'une bête féroce : il en a même au cou ; c'est là que Lamia l'a mordu ». Démétrios disait que la cour de Lysimaque était une scène comique, car on n'y voyait paraître que des noms à deux syllabes (il faisait allusion à Bithys et Paris, les favoris du roi), au lieu que chez lui il y avait des noms sonores, Peucestas, Ménélas, Oxythémis (on a encore un décret en l'honneur d'Oxythémis,

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