DÉMÉTRIOS A ATHÈNES |III
et qui était encore jusque-là, à ce qu'il semble, aux mains de Cassandre, fut également délivrée '.
En revenant, Démétrios envoya à Athènes un message qui annonçait son retour pour le mois de Munychion (vers avril), et son départ bientôt après pour Texpédition de Macédoine ; mais il désirait auparavant être initié aux mystères d'Eleusis et parcourir rapidement les différents grades. Cette demande du roi était contraire à toutes les lois sacrées, d'après lesquelles on était d'abord initié aux petits Mystères au mois d'Antheslérion (février) et admis seulement deux ans après aux grandes initiations du mois de Boédromion (octobre)'. Un seul des citoyens présents, le dadouque Pythodoros, osa s'y opposer ; mais Stratoclès fit la proposition de donner d'abord au mois de Munychion le nom d'Anthestérion et de célébrer les petits Mystères, puis de changer son nom une seconde fois en celui Je Boédromion, d'antidater Tannée, de célébrer les grands Mystères et d'y initier le roi. Tout cela fut approuvé par le peuple et mis à exécution. Lorsque Démétrios arriva, les Athéniens le reçurent avec une solennité extraordinaire, versant des libations, brûlant de Tencens, consacrant des couronnes, multipliant les processions de toute sorte avec chœurs et chants; des chœurs ithyphalliques dansaient autour de lui, en chantant qu'il était le seul véritable Dieu, le fils de Poséidon et d'Aphrodite, au visage beau et souriant ; ils l'imploraient en levant les bras et l'adoraient*. Quanta lui, il reprit possession du temple de la Vierge, et s'y plongea dans tous les
') Athen., VI, p. 253. D'après les habitudes qu on connaît à Démétrios, on peut tenir pour certain qu'il a proclamé la liberté à Leucade et à Corcyre. Les Acamaniens étaient-ils encore à ce moment-là partisans de Cassandre? on ne trouve pas un mot là-dessus dans les auteurs.
») KrCger (ap. Clinton, p. 188) est d'avis que le fait est advenu au printemps de 301. Les renseignements fournis par Plutarque et autres ne sont pas, comme je l'ai dit autrefois, tirés de Philochore, qui traitait en détail de ces initiations au dixième livre de son Atthide (Harpocrat., s. v. àveiciw- TeuTo;), mais probablement de Douris, comme le conjecture Nitsche (Ueber desKônigsPhilipp Brief, p. 31).
') Demochares ap. Athen., VI, p. 253. Douris de Samos a conservé, dans le XXXni« livre de ses Htfsioires, Tithyphalle qu'on chanta alors. Philochore rapporte qu'entre plusieurs cantates qui furent faites, celle d'Hermippos de Cyzique obtint la préférence. On peut la lire dans Athénée (XV, p. 697)«