CHAPITRE CINQUIÈME
Armements de Déraétrios contre Cassandre. — Coalition contre Antigone.
— Forces de Séleacos. — Plan des alliés. — Lysimaque en Asie-Mineure. — Antigone en Asie-Mineure — Commencement des hostilités. — Quartiers d'hiver. — Ptolémée en Phénicie. — Démétrios contre la Macédoine. — Son expédition en Asie-Mineure. — Séleucos en Asie-Mineure.
— Pyrrhos expulsé. — Marche de Plistarchos sur l'Asie-Mineure. — La bataille d'Ipsos. — Fuite de Démétrios. — Défection d'Athènes. — Partage de l'empire. — Princes indigènes en Asie-Mineure. — Coup d'ceil rétrospectif.
Lorsqu'en 306, après la victoire navale de Salamine, AntigODe prit le litre de roi, sa puissance était montée à un tel point, que les autres chefs de Tempire ne semblaient pouvoir se défendre contre elle d'aucune manière. S'il avait réussi à triompher du satrape d'Egypte, il aurait pu encore une fois réunir le grand empire d'Alexandre sous un même sceptre ; la malheureuse expédition de la fin de Tannée 306 consolida la puissance du Lagide et assura le roi Séleucos en Orient contre toute attaque. La puissance d'Antigone sur terre avait reçu le coup le plus sensible ; aussi Démétrios et lui s'appliquèrentils avec des efforts d'autant plus énergiques à conquérir la domination des mers, pour renouveler l'attaque contre l'Egypte avec une plus grande certitude du succès. Tout dépendait de la soumission de Rhodes ; les progrès menaçants de Cassandre en Europe forcèrent Démétrios à conclure avec Rhodes une pai^ qui lui enlevait la meilleure partie de ses espérances. Les succès de Démétrios en Grèce avaient donné maintenant à toute la situation une tournure nouvelle, qui, on peut le dire, était pleine de promesses ; le côté difficile de la position d'An-
488 DÉMÉTRIOS CONTRE LA MACÉDOINE [lll, 5
ligone avait été jusqu'ici de ne pouvoir aborder le plus puissant de ses adversaires, TÉgyptien, de ne pouvoir se tourner ni contre l'Orient ni contre le Nord sans l'avoir sur ses derrières et sans risquer de lui abandonner ses meilleures provinces, celles de Syrie: maintenant il pouvait, par Démélrios, attaquer du côté de la Grèce le moins puissant de ses adversaires, tandis que lui-même restait pour se défendre du côté de l'Orient et du Midi ; il pouvait, avec la flotte de son fils, barrer le chemin à tous les secours envoyés de l'Egypte en Europe ; il pouvait le laisser soumettre la Macédoine et la Thrace sans que Ptolémée ou Séleucos fussent en état de rien faire de sérieux pour l'empêcher, et, le jour où les potentats du Nord seraient écrasés, il aurait les mains libres pour attaquer l'Egypte par terre et par mer.
C'est avec cette idée que Démétrios entreprit la campagne de Tannée 302. A la tête d'une armée de 1,300 cavaliers, 8,000 Macédoniens, 1S,000 mercenaires, 25,000 hommes de troupes fédérales helléniques, de forces navales considérables auxquelles s'étaient joints des bandes armées à la légère et des pirates au nombre de près de 8,000 *, il voulut se jeter sur la Macédoine, pour écraser Cassandre, dont les forces étaient de beaucoup inférieures aux siennes.
Cassandre voyait venir cette guerre avec de grandes inquiétudes : sa puissance était déjà très affaiblie par la perte de tous les États helléniques et des garnisons qu'il y tenait ; excepté la Thessalie, il ne possédait rien au delà des anciennes limites de la Macédoine ; il était loin de pouvoir se fier aux Macédoniens eux-mêmes, et les Grecs étaient pour lui des ennemis d'autant plus redoutables, qu'ils se souvenaient des excès qu'il avait autrefois commis dans l'Hellade ; il ne pouvait se dissimuler qu'il lui était impossible de résister par ses seules forces à son ennemi, que les secours étrangers viendraient trop tard, bref, que sa situation était désespérée. Il envoya à Antigone des propositions de paix : Antigone répondit qu'il ne connaissait pas d'autre paix que la soumission de Cassan-
xa\ ta; àpicayàç oùx èXâtTOVC tôv o%xaxiQxù.itù^ (DiODOR.. XX, liO.)